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Tour sur l’économie ou presque

Heu?reka

Téléchargeable en bas de la page!!!

Préambule

Ceux qui me connaissent déjà savent que j’ai une prédilection pour
les schémas, graphiques et autres infographies pour faire
comprendre les processus parfois complexes à l’œuvre en économie.
Je vais donc commencer par vous présenter les « personnages
récurrents » de ces schémas, ceux qui reviendront tout le temps dans
les représentations graphiques et ne seront pas nécessairement
légendés. Voici donc ces « incontournables » de l’économie et leurs
« avatars » :
→ Les agents économiques : ils sont au nombre de trois :

→ Les banques : à nouveau, trois catégories principales :

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L’origine du monde (2021)

Une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent

Marc-Aandré SELOSSE

Le sol est l’origine du monde, car il le porte, le nourrit et le protège.
Il est construit par sa biodiversité, qui représente 25 % des espèces connues. Il fourmille d’animaux et de microbes qui vivent et se nourrissent de façons incroyablement variées : cette diversité assure tout simplement… le fonctionnement des écosystèmes terrestres. Le sol fait aussi la fertilité des océans, régule le cours des rivières et modifie le climat. C’est une puissante et étonnante construction du monde vivant.
Hélas ! Méconnaissant le sol, qui nous paraît opaque et sale, nous l’avons endommagé depuis des millénaires. Urbanisation, agricultures inadaptées, salinisation, pollution… l’empêchent d’assurer ses services inestimables et il disparaît sous nos yeux par érosion.
Marc-André Selosse nous invite à un magnifique périple souterrain, accessible à tous, entre les composants du sol et sa vie débordante. Il nous fait découvrir la partie souterraine et méconnue des plantes. Enfin, il conclut avec optimisme sur les gestes grâce auxquels nous transmettrons des sols intacts aux générations futures. Car ceux-ci peuvent devenir des outils de développement durable.
Avec sa faconde habituelle et un brin d’humour dans l’illustration, l’auteur nous raconte simplement le sol et éclaire de nombreuses observations banales. En comprenant ce sol que nous piétinons, nous retisserons notre lien perdu au monde naturel.

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Drones to Go A Crash Course for Scientists and Makers

Julio Alberto Mendoza-Mendoza

Victor Javier Gonzalez-Villela

Carlos Fernando Aguilar-Ibañez

Leonardo Fonseca-Ruiz

Ce livre peut être considéré comme l’un des cours les plus complets sur les drones et plus particulièrement sur les multicoptères avec une attention particulière et un focus sur les quadricoptères. Il s’adresse à un public allant des fabricants aux scientifiques. Il contient les éléments nécessaires de conception, de modélisation, de contrôle, de simulation et de programmation, expliqués de manière concise mais étendue, en particulier sur des points que de nombreux textes ignorent. De plus, il fusionne les connaissances du fabricant et les détails techniques avec les connaissances scientifiques et les détails de conception dans un seul livre.

Ce livre est le résultat de plusieurs années de recherche dans le domaine. Il a une conception pédagogique décalée, de sorte que le nouveau venu dans le monde des drones ou le déjà embarqué puisse obtenir une base solide pour apprendre plus de connaissances.

Des déductions détaillées étape par étape non disponibles dans d’autres travaux sont incluses, telles que la preuve approfondie des contrôleurs et de leurs simulations.

Il est clairement indiqué et avec suffisamment de références comment étendre les connaissances développées ici à une grande variété d’avions ou de systèmes aériens.

Enfin, une annexe propose une bibliographie très complète pour ceux qui aiment approfondir leurs connaissances sur le sujet.

Le texte suppose que les lecteurs ont au moins un diplôme d’études secondaires ou un baccalauréat technique et comprennent des concepts tels que les dérivées, les intégrales, les équations différentielles ordinaires de base et les notions d’algorithmes et de programmation.

Avec ce livre, vous apprendrez

• Une introduction aux cinq compétences souhaitables pour devenir un développeur multicoptère : conception, modélisation, contrôle, simulation et programmation

• Un modèle étendu sur les mathématiques d’un multicoptère, non présent dans aucun travail antérieur et avec un développement visuel et pédagogique, répondant à bon nombre des doutes qui restent en l’air au moment de telles explications

• Une nouvelle façon de visualiser les contrôleurs d’un multicoptère, qui est entièrement compatible avec l’état de l’art existant

• Une description détaillée des contrôleurs et de leur simulation, qui n’est pas largement diffusée dans des articles ou d’autres livres et est généralement réservée aux salles de classe

• Vous pouvez utiliser ce livre comme base pour un apprentissage futur dans une petite présentation très visuelle et facile à comprendre.

• Le but de ce livre est d’unifier le monde des constructeurs avec le monde scientifique à travers ce type d’avion, y compris les conseils de conception omis dans les livres scientifiques et les conseils scientifiques omis dans les livres de conception.

• Vous pouvez étendre les connaissances acquises à la conception et à l’analyse d’autres types de véhicules avec un effort modéré mais systématique.

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Learb Robotics Programming

Second Edition.

Build and Control AI-enabled autonomous robots using the Raspberry Pi and Python

Apprendre la programmation robotique consiste à construire et programmer un robot avec un comportement intelligent. Il couvre les compétences requises pour fabriquer et construire un gadget à partir de pièces, y compris comment les choisir. Ces pièces comprennent des capteurs, des moteurs, des caméras, des microphones, des haut-parleurs, des lumières et un Raspberry Pi.

Ce livre continue avec la façon d’écrire du code pour que ces parties fassent quelque chose d’intéressant.

Le livre utilise Python, avec un peu de HTML/CSS et JavaScript.

La technologie utilisée est destinée à inclure des éléments disponibles et abordables et le code est présenté pour démontrer des concepts, afin qu’ils puissent être utilisés et combinés pour créer un code et des robots encore plus intéressants.

Les sujets combinent les aspects d’être un programmeur avec des aspects d’être un fabricant de robots, avec un certain nombre de sujets spécialisés tels que la vision par ordinateur et les assistants vocaux.

A qui s’adresse ce livre?

Ce livre est destiné à une personne ayant une petite expérience en programmation, ou à une personne plus expérimentée mais cherchant à appliquer ses compétences à un projet matériel. Vous n’avez pas besoin d’être un programmeur de niveau expert, mais vous devez avoir écrit quelques lignes de code et être à l’aise avec les boucles, les conditions et les fonctions. La connaissance de la programmation orientée objet (classe et objet) n’est pas nécessaire mais est introduite dans le livre.

Le livre ne nécessite pas d’atelier spécialisé, bien qu’il y aura un peu de soudure et de boulonnage ensemble. Cela sera présenté plus tard dans le livre.

Vous n’avez pas besoin d’avoir aucune expérience avec l’électronique ou la fabrication d’objets, mais j’espère que vous aurez un intérêt sain à en apprendre davantage, car certains concepts très basiques sont introduits tout au long du livre. Être désireux de construire un robot, de le faire faire des choses et de savoir quoi en faire ensuite est probablement l’aspect le plus important du livre.

Le chapitre 1, Introduction à la robotique, présente ce que sont les robots et trouve des exemples dans la maison et l’industrie, ainsi que les types de robots que les débutants construisent.

Le chapitre 2, Exploration des blocs de construction du robot – Code et électronique, examine les composants d’un robot. Nous allons commencer à faire des choix sur les pièces du robot et voir des schémas fonctionnels pour les systèmes et le code.

Le chapitre 3, Exploration du Raspberry Pi, présente le Raspberry Pi et ses connexions et le système d’exploitation Raspbian Linux que nous utiliserons dessus, et couvre également la préparation d’une carte SD à utiliser dans un robot.

Le chapitre 4, Préparation d’un Raspberry Pi sans tête pour un robot, vous montre comment configurer un Raspberry Pi non connecté et communiquer avec lui sans fil.

http://www.elmoukrie.com

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Biomimétique

Biomimétique des écosystèmes

Cette approche est axée non sur l’utilisation des ressources naturelles, ou la copie d’éléments naturels, mais plus profondément sur ce que l’on peut apprendre du fonctionnement de la biosphère, de ses réseaux trophiques et de l’évolution et de l’adaptation des espèces et des écosystèmes. L’approche est plus holistique. Elle implique une nouvelle approche dans la façon de voir, et suscite de nouveaux modes d’estimation de la « valeur » de la nature, de la valeur de la biodiversité et des services qu’elle fournit.

La biologiste Janine Benyus, au début des années 1990, propose cette nouvelle approche dans son ouvrage Biomimicry: Innovation Inspired by Nature. Selon elle les leçons que nous donne la nature sont notamment qu’elle:

  • utilise une source d’énergie principale : l’énergie solaire ;
  • n’utilise que la quantité d’énergie dont elle a besoin ;
  • adapte la forme à la fonction ;
  • recycle tout ;
  • récompense la coopération (dont la symbiose et les interactions durables) ;
  • parie sur la biodiversité ;
  • exige une expertise locale (ex : Pharmacognosie chez l’Homme, et Zoopharmacognosie chez les chimpanzés, perroquets, moutons, etc. capables de trouver leurs médicaments dans leur environnement, et les consommer quand ils en ont besoin) ;
  • limite les excès de l’intérieur ;
  • utilise les contraintes comme source de créativité.

Janine Benyus insiste sur la capacité de la nature à biosynthétiser et structurer la matière organique ou minérale (ex : coquille) via des processus d’autoassemblage moléculaire auxquels le vivant intègre de l’information

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Permaculture

La permaculture est un concept systémique et global qui vise à créer des écosystèmes respectant la biodiversité. L’inspiration vient de la nature et de son fonctionnement (qui se nomme aussi biomimétisme ou écomimétisme). C’est une méthode appliquée de conception de cultures, de lieux de vie, et de systèmes agricoles humains utilisant des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

À l’origine c’est un concept agricole inspiré par le modèle d’agriculture naturelle de l’agriculteur japonais Masanobu Fukuoka (1913-2008). Ce concept a été théorisé dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste). Le terme « permaculture » signifiait initialement « culture permanente » (de l’anglais « permanent agriculture ») ; puis avec le temps il a été étendu pour signifier « culture de ce qui est permanent dans le sens (sociologique) de pérenne ou viable ». En effet, les aspects sociaux font partie intégrante d’un système véritablement durable. Cette dernière signification est toutefois sujette à polémique.

Avec ce sens étendu, la permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu’à un ensemble de principes. L’objectif étant de permettre à ces individus de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, en s’inspirant des fonctionnements naturels locaux. L’idée est d’atteindre une société moins dépendante des systèmes industriels de production et de distribution (identifiés par Bill Mollison comme le fondement de la destruction systématique des écosystèmes).

La permaculture utilise entre autres des notions d’écologie, de paysage, d’agriculture biologique, d’agroécologie, de biomimétisme, d’éthique, de philosophie et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain de façon harmonieuse.

Histoire

Origine du mot

Le terme « permaculture » est un mot-valise. Il est issu de l’expression américaine « permanent agriculture » qu’utilisa l’agronome américain Cyril George Hopkins dans son livre de 1910 Soil Fertility and Permanent Agriculture6. Franklin Hiram King  la reprit dans son livre de référence de 1911 Farmers of Forty centuries : Or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan. L’expression « permanent agriculture » sous-entend des méthodes culturales qui permettent aux terres de maintenir leur fertilité naturelle. En 1929, Joseph Russell Smith a résumé sa longue expérience de cultures pour l’alimentation humaine et animale avec des fruits et des noix dans le livre Tree Crops : A Permanent Agriculture.

Le terme « permaculture » lui-même a été utilisé pour la première fois par Bill Mollison et David Holmgren dans leur livre Permaculture One paru en 1978.

Influences

L’Australien Percival Alfred Yeomans introduisit dans les années 1950 la méthode des contours (« Keyline Design ») comme méthode d’approvisionnement et de distribution en eau d’un site. Cette approche de l’aménagement influença fortement les fondateurs de la permaculture.

Jusqu’à ce que Bill Mollison rencontre Masanobu Fukuoka en 1973 et lise son livre, La révolution d’un seul brin de paille (1975, traduit en anglais en 1978), il se demandait comment intégrer de manière satisfaisante les céréales et les légumineuses dans la permaculture. Les travaux du Japonais en agriculture naturelle le mirent sur la voie. Il avait réussi notamment la culture du riz et de l’orge sans travail du sol (sous une couverture permanente de trèfle blanc), sans désherbage mécanique, sans engrais préparé et sans pesticide, tout cela avec des rendements égaux et parfois supérieurs à ceux de l’agriculture chimique. Bill Mollison, dans son second livre Perma-Culture 2, fait doublement référence à Fukuoka : il s’appuie sur ses travaux agricoles, mais le cite aussi en introduction comme celui ayant le mieux énoncé la philosophie de la permaculture.

Le travail de Howard T. Odum fut aussi une influence importante, surtout pour David Holmgren. Le travail d’Odum s’est surtout axé sur l’écologie des systèmes, en particulier le principe de puissance maximum, duquel découle l’idée cardinale que les écosystèmes tendent à optimiser l’utilisation de l’énergie.

Une autre influence précoce furent les expériences et ouvrages de Ruth Stout aux États-Unis et d’Esther Deans en Australie, pionnières des méthodes de culture sans creusement du sol.

Mais l’idée est beaucoup plus ancienne comme Christophe Gatineau le décrit dans son ouvrage Aux sources de l’agriculture, la permaculture : illusion et réalité. Il explique qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, des ouvrages tels que L’agronome mentionnent déjà l’existence de précurseurs de la permaculture. Ainsi, le dictionnaire portatif du cultivateur de Pons Augustin Alletz mentionne dès 1760 que :

:

« C’est une chimère que de prétendre donner une méthode d’Agriculture générale : il en faudrait une différente pour chaque province ou chaque canton ; car chaque province ne doit travailler à perfectionner que ce qu’elle possède, et ne faire d’essais que sur les productions analogues à son terroir. »

Il explique également : « … C’est donc une nécessité pour le progrès de l’Agriculture de ne suivre que des exemples tirés d’un terrain, qu’on sait être semblable à celui qu’on veut fertiliser. ». Chaque province ne doit travailler à perfectionner que ce qu’elle possède. Cette diversité s’oppose à l’uniformité et à la mondialisation des pratiques et des savoir-faire agricoles ajoute l’auteur de cet essai. À cette époque l’agriculture n’était pas un ensemble de techniques mais un « art » à part entière (une méthode globale cohérente).

Mollison et Holmgren : cofondateurs de la permaculture

Au milieu des années 1970, les australiens Bill Mollison et David Holmgren commencèrent à développer des idées pouvant être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables. Ce travail résultait de leur perception d’une utilisation toujours plus importante de méthodes agro-industrielles destructrices qui polluaient l’eau et la terre, réduisant la biodiversité et érodaient des millions de tonnes de terres auparavant fertiles. Une approche appelée « permaculture » fut leur réponse et fut rendue publique pour la première fois avec la publication en 1978 du livre Perma-Culture 1, une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles.

Le terme permaculture signifiait initialement « agriculture permanente » mais fut, plus tard, étendu à « culture permanente » pour intégrer les aspects psychosociaux et pédagogiques nécessaires à la durabilité d’un système.

Après la publication de Permaculture One, Mollison et Holmgren affinèrent et développèrent leurs idées par l’application de leur méthode. Selon Holmgren, ils mirent en œuvre « la conception consciente de paysages qui miment les modèles et les relations observés dans la nature, visant à obtenir une production abondante de nourriture, de fibres textiles et d’énergie pour satisfaire les besoins locaux. ». Cette information est structurée dans des livres plus détaillés, à commencer par Permaculture. Mollison enseigna dans plus de 80 pays et son cours certifié de 72 heures fut suivi par des centaines d’étudiants. La permaculture vise à ce que le plus grand nombre d’individus se l’approprie, c’est pour cela que les principes de conception en permaculture sont le prolongement de la position qui veut que « la seule décision éthique est de prendre la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants ».

À partir du début des années 1980, le concept avait évolué et était passé d’un système de conception de systèmes agricoles à un processus de conception plus holistique de création de sociétés humaines jugées durables. La permaculture se développe rapidement dans le monde avec la création d’instituts, de revues et de projets d’aide au développement avec Declan Kennedy en Allemagne, Robyn Francis en Australie et Rosemary Morrow dans de nombreuses contrées.

En 1991, un documentaire en quatre parties d’ABC production appelé The global gardener montrait la permaculture appliquée à différentes situations à travers toute la planète, portant le concept à l’attention d’un public plus large.

Le formateur anglais en permaculture Patrick Whitefield, suggère qu’il y a deux mouvements de permaculture : la permaculture originelle et la permaculture de design.

  • La permaculture originelle (agriculture permanente) est la conception consciencieuse et la gestion de systèmes agricoles productifs qui possèdent les caractéristiques de diversité, de stabilité et de résilience des écosystèmes naturels. C’est l’intégration harmonieuse de l’homme dans son environnement pour qu’il puisse en retirer ce qui lui est nécessaire, la nourriture, l’énergie, le logement, ou plus généralement tout ce dont il a besoin de matériel ou non pour vivre de manière soutenable.
  • La permaculture de design (conception de systèmes naturels) considère les connexions dans un écosystème ainsi que son fonctionnement, et en dérive des principes d’efficacité énergétique applicables à tous les types de systèmes humains (transport, société, agriculture…). À travers une observation minutieuse des énergies naturelles, des systèmes de design efficaces peuvent être développés.

Éthique

La permaculture s’appuie sur une éthique. C’est un ensemble de valeurs fondamentales qui gouvernent la réflexion et l’action.

L’éthique de la permaculture peut être résumée ainsi :

  • Prendre soin de la nature (les sols, les forêts, l’eau et l’air)
  • Prendre soin de l’humain (soi-même, la communauté et les générations futures)
  • Partager équitablement, limiter la consommation et la reproduction et partager le surplus.

Principes

La permaculture repose sur observation minutieuse de l’efficacité des écosystèmes naturels pour en tirer des principes directeurs universels. Chaque pratiquant de la permaculture, ou permaculteur, peut ajouter de nouveaux principes qui enrichissent ceux des origines (en particulier ceux de Bill Mollison et de David Holmgren).

Parmi ces principes, tirés de l’observation de systèmes naturels résilients, on peut citer:

  • favoriser la diversité
  • valoriser les bordures
  • observer et interagir
  • capter et stocker l’énergie
  • obtenir une production
  • appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction
  • favoriser les ressources renouvelables
  • les déchets des uns sont les ressources des autres
  • intégrer plutôt que séparer
  • travailler avec la nature
  • le problème est la solution
  • chaque élément remplit plusieurs fonctions
  • chaque fonction est remplie par plusieurs éléments
  • prendre la responsabilité de sa propre vie

La permaculture est une manière d’appréhender un écosystème dans sa globalité, d’observer les interactions de ses composants, et de chercher à y intégrer les activités humaines dans le respect des processus naturels. Elle suppose un respect de la nature, par exemple par la réduction des déchets et le remplacement des biocides par des moyens de contrôle naturels. Elle s’applique aussi bien au ré-aménagement d’une vaste zone industrielle que d’une ferme individuelle.

La permaculture constitue un mode de pensée et une vision du monde qui pour certains va au-delà des seules pratiques de production agricole.

« La permaculture, c’est aider les gens à faire des choix de re-design : fixer de nouveaux buts et apporter un changement dans la manière de penser qui affectent non seulement leurs actions chez eux, mais également leurs actions sur leur lieu de travail, leurs emprunts et leurs investissements » (A Sampson-Kelly et Michel Fanton, 1991). Des exemples incluent l’emploi de solutions complexes de transport, une utilisation optimale des ressources naturelles comme l’énergie solaire (Mollison et Slay, 1991).

Aménagement de l’espace

L’aménagement de l’espace, ou zonage, est fondamental pour la permaculture. Certains auteurs font écho à cette approche en architecture par exemple. Il suppose l’observation et la compréhension de zonages existants dans la nature.

Le concept de zonage en permaculture a une source prestigieuse avec l’économiste Allemand Johann Heinrich von Thünen qui théorisa l’aménagement de l’espace en cercles concentriques où la mise en valeur d’un espace est fonction de sa distance avec le centre. Plus la zone est éloignée de ce centre, et plus la viabilité économique de certaines productions diminuera. Si ce centre pour Von Thünen est la ville, c’est souvent la maison en permaculture. Il convient de noter qu’en permaculture, ce n’est pas tant la viabilité économique que la moindre utilisation de l’énergie qui conduit à l’organisation de l’espace.

Schéma du zonage en cercle.

Ainsi, les zones de permaculture sont définies selon leur fréquence d’utilisation, c’est-à-dire la fréquence des déplacements nécessaires pour y accéder. Il est traditionnellement fait référence à 5 ou 6 zones, selon que l’on décrive la maison comme une zone en soi ou non. Les zones moins fréquemment récoltées ou visitées étant situées plus loin. Les 6 zones sont :

  • Zone 0 : la maison elle-même.
  • Zone 1 : le jardin et les éléments nécessitant une attention quotidienne et soutenue.
  • Zone 2 : le verger et la basse-cour.
  • Zone 3 : les pâturages et les céréales. Cette production tend à être plus orientée vers la vente.
  • Zone 4 : les pâtis et les bois. Cette zone est souvent laissée aux plantes indigènes.
  • Zone 5 : espace sauvage. L’intervention humaine se limite à la récolte de plantes utiles spontanées.

Une méthode concrète

OBREDIM (acronyme anglais pour Observation, Boundary, Resource, Evaluation, Design, Implementation et Maintenance) est une méthode d’ingénierie permettant de démarrer un projet concret de permaculture.

  • L’observation permet de récolter des informations qui serviront à comprendre le fonctionnement naturel de l’écosystème local. L’observation d’un site sur une année entière permet de considérer de multiples facteurs : la topographie, les cycles biologiques de la faune, de la flore et du sol, les vents et leurs caractéristiques, l’écoulement des pluies et leur densité, l’ensoleillement et les ombres, le débit des cours d’eau, etc.
  • Les limites (Boundaries) sont aussi bien matérielles (limites géographiques ou financières), qu’immatérielles (compétence, législation, etc.).
  • Les ressources incluent les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.
  • L’évaluation de ces trois premières étapes vous permet de préparer les trois suivantes. C’est une phase ou l’on prend en considération toutes les choses à portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou que l’on souhaite avoir, et où l’on regarde en détail leurs besoins spécifiques, afin d’identifier ses propres besoins en termes d’information.
  • La conception (Design) est toujours un processus créatif et intense et l’on doit utiliser au maximum ses capacités à voir et à créer des relations synergiques entre tous les éléments identifiés dans la phase ressources.
  • La mise en œuvre (Implementation) est littéralement la première pierre posée à l’édifice, quand on aménage soigneusement le site en fonction de l’agenda décidé.
  • La maintenance est nécessaire pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des ajustements si nécessaire.

Une bonne conception évitera le besoin de recourir à des ajustements majeurs. L’observation doit se poursuivre tout au long du projet permaculturel.

Applications de la permaculture

Agriculture

L’agriculture est chronologiquement le premier objet de la permaculture et donc le plus étudié. Il existe une grande diversité d’approches différentes pour l’agriculture en utilisant la permaculture du simple fait qu’il existe une très grande variété de territoires et de climats. Toutefois, ce qui unit ces différentes pratiques est la recherche de la soutenabilité énergétique. C’est bien l’efficacité énergétique qui est toujours recherchée, que cela soit en évitant un travail inutile, faire d’un déchet une ressource, valoriser les services gratuits rendus par les écosystèmes, ou encore réduire les consommations et les déplacements.

Les praticiens agricoles de la permaculture pratiquent de fait une agriculture biologique et n’utilisent pas d’intrants chimiques issus pour la plupart de l’industrie pétrochimique. En permaculture, on pratique presque systématiquement le non labour afin de ne pas détruire la pédofaune et de ne pas oxyder le complexe argilo-humique, garant d’une bonne fertilité du sol. Cette simplification permet également de réduire la pénibilité du travail et l’investissement que représente un labour. La permaculture centre son approche sur l’arbre et la forêt. Ceci se traduit, par exemple, par la revalorisation des haies en bordure des cultures et des bocages comme garant de la biodiversité et de la limitation de l’érosion éolienne.

L’écologue Robert Harding Whittaker a montré qu’un écosystème naturel mature est largement plus productif que n’importe quel système humain de production de nourriture. La productivité primaire nette d’une forêt tempérée caduque est deux fois celle d’une terre cultivée moyenne (1 200 g/m2/an (gramme de matière sèche par mètre carré et par an) contre 650 g/m2/an), du fait d’une utilisation de l’énergie, de l’eau et des nutriments beaucoup plus efficace que celle de l’agriculture dite conventionnelle). La permaculture s’est donc orientée vers la recherche de la mise en place d’agroécosystèmes productifs s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels. L’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka ou les travaux sur la sélection de céréales pérennes du land institute de Wes Jackson en sont de bons exemples. La ferme du Bec-Hellouin a poussé cette intensification à son maximum avec sa méthode nommée écoculture.

Les frères de la Communauté Saint-Jean, religieux catholiques, pratiquent la permaculture à la suite de l’appel du pape dans l’encyclique Laudato si’. Afin de prendre soin de la nature et de l’humanité, ils ont mis en place une Académie pour une écologie intégrale.

La forêt, une source d’inspiration majeure

La recherche d’autosuffisance dans un petit espace passe par l’utilisation de plusieurs strates, ici à l’imitation des strates forestières dans un jardin-forêt.

Du fait que les écosystèmes naturels sont supposément plus productifs que les systèmes de production humains, la permaculture s’attache à utiliser les modèles d’écosystèmes naturels et à s’en rapprocher autant que possible. Un des modèles fondamentaux est celui de la forêt, composé de sept strates :

  1. la canopée
  2. la couche des arbres intermédiaires (fruitiers nains)
  3. les arbustes
  4. les herbes annuelles
  5. les plantes de couverture
  6. la rhizosphère
  7. la strate verticale (lianes, vignes)
  8. la mycosphère

L’efficacité productive supposée des systèmes forestiers pousse certains pratiquants de la permaculture à recréer des forêts en y introduisant des plantes utiles. On parle de jardin-forêt et aussi d’agroforesterie. A Mouscron en Belgique, Gilbert Cardon a réalisé en ville un jardin forêt avec plus de 2000 arbres sur 1800 mètres carrés. Martin Crawford a conçu une forêt-jardin de 2 acres (environ 8500 mètres carrées) à Dartington en Angleterre.

Cette pratique ancienne serait particulièrement adaptée au milieu tropical. Elle connait notamment une revalorisation importante depuis que la communauté scientifique s’y est intéressée à partir des années 1970.

D’autres approches de la permaculture se focalisent sur la pédologie forestière. Dans ce cas, l’accent est mis sur la création d’humus (ou humification) et à la couverture permanente du sol par paillage (parfois aussi appelé mulch) comme dans les écosystèmes naturels forestiers, où feuilles, branchages et autres déchets forment une litière permanente. Dans ce cas, la présence formelle d’arbres n’est pas nécessaire, comme dans les pratiques du jardin autofertile (autrement appelé synergétique) d’Emilia Hazelip, ou dans les pratiques agricoles à base de BRF (Bois Raméal Fragmenté) développées notamment par Gilles Lemieux au Québec.

Le modèle forestier est aussi particulièrement valorisé en permaculture pour sa résilience écologique et son efficacité à lutter contre les problèmes d’érosion du fait d’une couverture végétale et d’un développement racinaire permanent retenant ainsi le sol.

Biodiversité

La permaculture cherche à stimuler la diversité dans ses aménagements agricoles. L’agriculture est donc au minimum sur le principe de la polyculture. Bien plus, elle en recherche constamment les meilleures associations culturales et les compagnonnages de plantes. En cela, la permaculture s’oppose à l’approche intensive de l’agriculture tournée vers les monocultures.

Par exemple, la permaculture valorise les associations culturales traditionnelles qui ont montré leur efficacité comme la culture de la courge avec le maïs et le haricot (Milpa). Pratiquée encore couramment, en Amérique centrale notamment, elle est efficace car sur une surface réduite le haricot permet de fertiliser le sol en fixant l’azote de l’air par les rhizobiums de ses racines, le maïs quant à lui fournit un tuteur pour le haricot, et les feuilles de la courge couvrent le sol et en conservent l’humidité.

De même, les synergies entre différentes plantes sont fortement utilisées. De nombreux compagnonnages sont possibles : poireau avec fraisier, pomme de terre et ail, navet et laitue… Ces associations variétales permettent de bénéficier de plusieurs effets positifs : fertilisation par fixation d’azote, protection contre des nuisibles, utilisation de l’espace optimal tant aérien que racinaire, etc.

Agriculture de conservation, agroforesterie

C’est l’agriculture du carbone et du sol vivant, qui vise à terme au non travail du sol et au semis direct, et à nourrir le sol (et non la plante) en accumulant sur le sol une litière qui fait office de mulch et de nourriture pour le sol, et en sous-sol du carbone par les racines des plantes pérennes (agroforesterie) ou annuelles (intercultures en agriculture de conservation) qui meurent selon des cycles réguliers (racines fines). Le sol étant vivant car constamment nourri par des apports de matières organiques réguliers, le travail du sol n’est plus nécessaire, il se fait par le travail de la vie du sol. Le plus délicat dans ce genre d’agriculture est la transition entre les deux phases, dans lesquelles la compaction et le salissement des parcelles sont des problèmes dont les solutions sont à planifier sur plusieurs années pour les éradiquer.

Effet de bordure

Avec l’émergence de l’écologie scientifique, ont été analysés de plus en plus finement les effets de frontière écologique. La zone de transition entre deux écosystèmes s’appelle un écotone. Pour un permaculteur, cette bordure entre deux écosystèmes est un lieu privilégié, plus riche en biodiversité et en interactions. En cela, c’est un lieu dont le potentiel productif est particulièrement notable. L’implantation de haies (bocagères ou non) qui font l’interface entre la forêt et la parcelle cultivée, de plans d’eau qui disposent d’une interface entre l’eau et le sol sont particulièrement recherchés dans les projets de permaculture. Afin de stimuler ces effets de bordure entre écosystèmes, les permaculteurs cherchent régulièrement à maximiser ces zones d’échanges en leur donnant des formes ondulantes ou arrondies.

Plantes vivaces

Les plantes vivaces sont souvent utilisées dans les conceptions permaculturelles. Puisqu’elles n’ont pas

besoin d’être replantées chaque année, elles ont généralement besoin de moins de maintenance et de fertilisants. Elles sont importantes surtout dans les zones extérieures et dans les systèmes à étages.

Animaux / Polyculture/élevage

Un principe stratégique de la permaculture est de favoriser les relations de synergie entre humains et animaux, les canards et les oies, s’ils ne sont pas trop nombreux, ont ici une fonction d’aide au jardinage.

Beaucoup de projets de permaculture utilisent aussi certains animaux (y compris domestiques) pour la gestion, la gestion restauratoire et/ou l’équilibre des milieux de polycultures. Tout écosystème durable a une composante animale. La science a montré que sans la contribution des animaux, l’intégrité écologique diminue ou disparait.

Le vers de terre est très connu pour fabriquer, entretenir et aérer les sols (tant que ce dernier n’est pas trop acide, trop chaud ou trop froid).

Des animaux consommateurs d’insectes et/ou de limaces et escargots (de la coccinelle, à la grive en passant par le perce-oreille, la musaraigne, les reptiles et amphibiens, le hérisson, la poule, l’oie, le canards, la dinde, etc.) limitent la prolifération de ces invertébrés déprédateurs.

Des animaux omnivores ou détritivores peuvent nettoyer voire totalement désherber une parcelle à ensemencer (les poules en particulier grattent vigoureusement le sol).

Des herbivores tels que lapin, mouton, bovins « tondent » les herbacées ; les chèvres peuvent débroussailler un sous bois, élaguer les basses branches ou manger des plantes très invasives telles que la renouée du Japon. Les herbivores valorisent des végétaux autrement non-utilisés. Ils peuvent en saison sèche limiter l’évapotranspiration sur les zones non-cultivées (allées…).

Tous apportent des excréments riches en fibre et/ou en oligoéléments très assimilables, favorisant les plantes et les champignons du sol.

De la même manière, sous l’eau, les poissons sont complémentaires de cultures aquatiques.

Certains animaux sont des source possibles de fumier ou d’excréments (bouses, crottins, etc.) mais aussi de viande, laine, plumes, fourrure, etc.

L’intérêt de la présence animale dans le système permacole est lié à leurs modes d’alimentation, qui permettent d’une part un bon recyclage des nutriments, mais aussi une bioturbation, une aération naturelle et un bon drainage du sol, le défrichage et/ou entretien des « mauvaises herbes », la consommation des fruits tombés (avec germination/dispersion des graines parfois), la limitation des ravageurs. Les nutriments sont recyclés par les animaux, transformés de leur forme moins digestible (comme l’herbe ou les brindilles) en fumier plus dense en nutriments.

Des nichoirs ou lieux assimilés peuvent favoriser la faunes sauvage près de la culture et dans les arbres. Le lieu (zonage) et le moment d’action de l’animal domestique doivent par contre être contrôlés (grillage ou poulailler mobile, clôture électrique mobile…). Les animaux nécessitent en outre de l’eau, et plus d’attention quotidienne que les plantes.

Énergie

Maison autonome des énergies fossiles (type géonef), construite avec les matériaux récupérés et recyclés à Zwolle, Pays-Bas.

Appliquer les valeurs de la permaculture signifie utiliser moins de sources d’énergie non renouvelable, en particulier les formes dérivées du pétrole. Brûler des combustibles fossiles contribue à l’effet de serre et au réchauffement climatique. La permaculture appliquée à l’agriculture a pour vocation de créer un système renouvelable qui ne dépend que d’une quantité minimale d’énergie. L’agriculture traditionnelle pré-industrielle était intensive en termes de travail, et l’agriculture industrielle est intensive en termes d’énergies fossiles. La permaculture agricole est elle intensive en matière grise ; elle est une manière de travailler plus en phase avec la nature. L’énergie utilisée doit de préférence provenir de ressources renouvelables comme le vent, le solaire passif, ou les biocarburants.

Un bon exemple est la serre poulailler. En accolant le poulailler à une serre solaire, on réduit le besoin de chauffer la serre avec des énergies fossiles, car la serre est réchauffée par le métabolisme des poulets. On utilise également leurs déchets (plumes, déjections, chaleur, grattage du sol) pour diminuer le travail : les déjections fertilisent, les plumes forment l’équivalent d’un paillis, la chaleur diminue la quantité d’énergie à apporter pour garder une température voulue, le grattage permet de se débarrasser des mauvaises herbes et des insectes. Dans une production en batterie, tous ces sous-produits sont considérés comme des déchets, toute l’énergie étant concentrée sur la production d’œufs.

Villes

Le mouvement des villes en transition a été initié par le permaculteur Rob Hopkins, tout d’abord en 2005 en Irlande, avec les étudiants de l’université de Kinsale, puis en 2006 dans la ville anglaise de Totnes. L’initiative des villes en transition vise à créer des communautés résilientes face à la triple menace du pic pétrolier, du dérèglement climatique et d’une crise économique mondiale.

Économie

Un principe de base est d’ajouter de la valeur à une production existante. On cherche donc à fournir un large éventail de solutions incluant ses éthiques de base comme partie intégrante du design final qui a ajouté de la valeur au système considéré. Il pose la question économique de savoir comment faire, soit de l’argent en vendant la production, soit de l’échanger contre du travail ou des services comme dans un système d’échange local (SEL). Chaque design final doit donc inclure des considérations économiques ainsi que donner un poids égal pour maintenir l’équilibre écologique, en s’assurant que les besoins des gens travaillant sur le projet sont satisfaits et que personne n’est exploité.

L’économie de la communauté nécessite un équilibre entre les trois aspects que comprend une communauté : la justice, l’environnement et l’économie, aussi appelée le triple facteur décisif, ou triple E (écologique – économique – éthiques). Un marché coopératif de paysans serait un bon exemple d’une telle structure. Les agriculteurs sont les travailleurs et les propriétaires. De plus, toute l’économie est pondérée par son écologie. Aucun système économique ne peut exister indépendamment de son écosystème ; par conséquent tous les coûts externes doivent être pris en compte quand on parle d’économie.

Droits d’auteur et marque déposée

Pendant longtemps Bill Mollison a prétendu avoir les droits d’auteur du mot permaculture, et ses livres affirmaient sur la page de copyright « Le contenu de ce livre et le mot permaculture sont protégés par copyright ». Ces déclarations ont été acceptées au pied de la lettre au sein de la communauté permaculturelle. Toutefois, le droit d’auteur ne protège pas les noms, les idées, les concepts, les systèmes ou les méthodes de faire quelque chose, il ne protège que l’expression ou la description d’une idée, et non l’idée elle-même. Finalement Mollison a reconnu qu’il s’était trompé et qu’il n’existe pas de protection du droit d’auteur sur le mot permaculture.

En 2000 l’institut de permaculture de Mollison basé aux États-Unis a cherché une marque déposée pour le mot permaculture lorsqu’il est utilisé dans les services éducatifs tels que des cours, séminaires ou ateliers. La marque déposée aurait permis à Mollison et à ses deux instituts de permaculture (un aux États-Unis et un en Australie) de définir des lignes directrices exécutoires sur la façon dont la permaculture pourrait être enseignée et qui pourrait l’enseigner, en particulier pour le Cours Certifié de Permaculture. La marque déposée a échoué et a été abandonnée en 2001. Toujours en 2001 Mollison demanda en Australie une marque déposée pour les termes « Cours Certifié de Permaculture » et « Conception permaculturelle ». Ces demandes ont été retirées toutes les deux en 2003. En 2009, il a cherché une marque déposée pour ses deux livres Permaculture – A Designer’s Manual et Introduction to Permaculture. Ces demandes ont été retirées en 2011. Il n’y a jamais eu de marque déposée du mot permaculture en Australie. En 2013, Olivier Barbié a demandé à déposer la marque permaculture à l’INPI (France) et cette demande a été publiée.

Limites à son développement

Connaissant un engouement en France depuis les années 2000, de nombreux projets de maraîchage biologique émergent avec la permaculture comme système fondamental. Cependant, il convient d’en mesurer l’échelle économique. En effet, le maraîchage biologique est basé sur une part importante de charges de main d’œuvre, entre 40 et 60 % dans la plupart des fermes, or la permaculture induit régulièrement le recours à des techniques évitant les méthodes mécanisées (paillage évitant les binages avec tracteur, l’usage de planteuse, de machines de récoltes).

Ces pratiques ont pourtant été validées, notamment par le réseau Maraîchage sur sol vivant, où certains maraîchers ne travaillent plus leur sol depuis des années et utilisent du paillage. Les rendements obtenus sont parfois supérieurs aux rendements moyens observés en agriculture conventionnelle

Le modèle forestier souvent mis en avant pour la structure naturellement préservée de ses sols, est mis à mal dans les micro-fermes en permaculture ou agro-écologiques par l’apport fréquent et massif de matières organiques provenant d’autres exploitations céréalières, de centres équestres.

La permaculture rassemble des conceptions d’aménagement, une philosophie, des méthodes de travail du sol, tout à fait nouvelles dans le milieu agricole. Dans un cadre professionnel, où les critères économiques sont centraux, le suivi de méthodes approuvées par l’ensemble de la communauté professionnelle apporte des garanties de réussite : la permaculture étant encore en phase de recherche sous les climats et dans les terroirs français, il convient de mesurer avec précision l’impact de chacune de ces méthodes, or les données technico-économiques et comparatives sont presque absentes.

Critiques

Linda Chalker-Scott, professeure associée d’horticulture et d’architecture du paysage à l’université d’État de Washington, reproche un manque de rigueur scientifique à la permaculture et soulève le problème de l’utilisation d’espèces envahissantes.

Nick Romanowki critique les méthodes et rendements en aquaculture proposés par Bill Mollison dans ses livres Sustainable Freshwater Aquaculture et Farming in ponds and dams.

Peter Harper, du Centre for Alternative Technology (Pays de Galles), met en garde contre le mouvement idéologique, qui se développe à côté d’une permaculture qui tente de résoudre les problèmes liés à l’agriculture de manière scientifique, sans dogmatisme et sans idéalisme excessif.

Christophe Gatineau, permaculteur, auteur de livres sur l’agriculture, met également en évidence dans ses études un point qui éloigne la permaculture de ses fondements, à savoir un développement durable qui s’appuie sur l’agriculture à la place de l’économie et qui prend en compte les générations futures et la biosphère.

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A HANDBOOK OF CHEMICAL ENGINEERING

ILLUSTRATED WITH WORKING EXAMPLES AND NUMEROUS DRAWINGS FROM ACTUAL INSTALLATIONS

By GEORGE E. DAVIS Chemical engineer

« 

En Angleterre, au cours de la même période, Davis a procédé à la publication de son Handbook of Chemical Engineering (1901), qui a été révisé et publié dans une deuxième édition de plus de 1000 pages en 1904. Le manuel de Davis (télécharger en commentaire) était particulièrement important car il a introduit la notion d’ «opérations unitaires», bien que le terme lui-même ne soit inventé qu’en 1915 par Arthur D. Little au MIT. Développées par les deux hommes, les « opérations unitaires » renvoyaient à l’idée que tous les processus chimiques peuvent être analysés en les divisant en opérations distinctes, telles que la distillation, l’extraction, la filtration et la cristallisation, qui sont toutes régies par certains principes. Plus que tout, Davis était responsable de l’invention du terme génie chimique pour décrire ce nouveau domaine d’ingénierie qui abordait les problèmes de l’industrie chimique.

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L’AGRICULTURE NATURELLE. Art du non faire.

Théories et Pratiques pour une philosophie verte

Traduit de l’anglais par Thierry Piélat.

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La Désobéissance civile

Henry David Thoreau (téléchargeable en bas)

Sur Wikipédia:

La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique. Le terme fut créé par l’Américain Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. Si la désobéissance civile est une forme de révolte ou de résistance, elle se distingue pourtant de la révolte au sens classique. La révolte classique tend à opposer la violence à la violence. La désobéissance civile, plus subtile, refuse d’être complice d’un pouvoir jugé illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération. Le principe même du pouvoir politique pourrait rendre possible l’efficacité de cette action.
L’idée de la résistance à une loi injuste a existé bien avant le XIXe siècle. On peut la faire remonter à la jus resistendi (« droit de résistance ») du droit romain et, dès les XVIe et XVIIe siècles, à l’œuvre de philosophes comme Francisco Suárez ou Étienne de La Boétie. Ce dernier montre dans le Discours de la servitude volontaire que le pouvoir d’un État repose entièrement sur la coopération de la population. Ainsi, dès l’instant où la population refuse d’obéir, l’État n’a plus de pouvoir. Un peuple peut donc résister sans violence par la désobéissance et provoquer l’effondrement d’un État illégitime, car, disait-il, le pouvoir le plus féroce tire toute sa puissance de son peuple. Encore faut-il une prise de conscience générale et le courage des premiers militants pour que ce principe puisse être efficace. C’est principalement Gandhi en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, Mandela en Afrique du Sud, les Grands-Mères de la Place de Mai en Argentine et la contestation du pouvoir soviétique dans les années 1980 qui en ont montré l’efficacité.
Le principe est utilisé aujourd’hui au sein des démocraties pour lutter contre certaines lois lorsque les militants estiment que la légalité, qui dépend de la majorité et / ou d’une certaine inertie, ne parviendra pas à modifier ces lois. La désobéissance est illégale par définition, mais est en principe non violente. Cependant, certaines actions en France ont revendiqué la dégradation de biens privés (par exemple les faucheurs volontaires). Certains ne voient dans ces actions que la dégradation de biens ou la résistance d’individus ou de groupes isolés, mais d’autres y voient un acte salutaire d’action directe de désobéissance civile visant à faire modifier la politique des autorités.
Principes supérieurs
La désobéissance civile fait appel à des « principes supérieurs » à l’acte contesté. C’est sans doute le trait le plus important de la désobéissance civile puisque c’est lui qui lui donne une certaine légitimité.

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L’identité de la France (Les hommes et des choses)

Fernand Braudel

Téléchargeable en bas en deux parties

Extrait:

C’est donc face à une France des campagnes qui, jusque-là, bougeait peu, qu’ont surgi hier, avec vigueur, les secteurs modernes de l’industrie, des services urbains, des transports, et les mille formes nouvelles de la vie nationale… Nouveautés d’un côté, conservatisme de l’autre. Depuis longtemps, la France moderne s’employait à mépriser et à dénigrer l’autre, à dénoncer son poids, son inertie. Au XVIIIe siècle déjà, en Provence, pour l’homme des villes, « le paysan est un animal méchant, rusé, une bête féroce à demi civilisée ». Le florilège de ces aménités traverse le XIXe siècle et s’y épanouit. N’est-ce pas la preuve qu’une économie paysanne sous-jacente a continué de vivre, de contredire les désirs, d’offusquer les efforts d’une autre France qui souhaite entrer, à part entière, dans le concert du monde industriel ? Jacques Laffitte (1767-1844), banquier, homme politique, ne se plaint-il pas que l’ingénieuse France du XIXe siècle trouve encore, pour consommer ses produits, la France indigente du XIVe siècle ? Dualité à ses yeux évidente: « On voit, en effet, écrit-il en 1824, quelques places de commerce et quelques provinces qui ont participé au mouvement industriel de notre époque, et où les capitaux abondent et se donnent au prix le plus modique; mais tout le reste du sol, livré à l’ignorance, à la routine, à l’indigence, est dévoré par l’usure, et se trouve fort en arrière de la France qu’on peut appeler civilisée.»
Ainsi survit une France pauvre, misérable, laborieuse, innocente, gênante cependant, acharnée – ou obligée – à lésiner ; à économiser le sel aussi bien que les longues et épaisses allumettes de contrebande; à recouvrir le feu, chaque soir, sous la cendre pour le retrouver en place le lendemain matin; à cuire son pain au plus tous les huit jours, et encore; à se contenter – hommes et femmes – d’un costume du dimanche pour toute une existence; à tout produire si possible (la nourriture, la maison, le mobilier, le vêtement), tels ces paysans de Corrèze qui, encore en 1806, « s’habillent de gros draps faits avec la laine de leurs brebis qu’ils préparent eux-mêmes »; à dormir au voisinage, réchauffant l’hiver, de leurs bêtes; à n’avoir aucune des commodités que l’hygiène commande et vulgarise aujourd’hui et, pour économiser la chandelle, « à suivre le soleil pas à pas », voire à le précéder :« Le gros de la population se [levant] au premier jour, partout les premières messes se [disent] en hiver dans l’ombre ténue de l’aurore. »
Oui, tant que sera resté en place, dur, actif, tranquille, cet univers paysan que les hommes de mon âge ont encore connu et aimé, avec ses couleurs, ses habitudes, sa connaissance intime du terroir, ses besoins réduits, sa modération profonde, l’histoire de France, la vie française auront eu une autre assise, une autre résonance.