Économie

Économie (discipline)

L’économie (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d’un foyer ») est une discipline qui étudie l’économie en tant qu’activité humaine, qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et de services.

À partir du XVIIe siècle l’économie, la richesse économique, devient un élément de plus en plus important de la vie des États et des personnes. Aussi on va considérer qu’on ne peut plus s’en tenir à l’économie familiale, mais qu’il convient de s’intéresser au vaste champ qui s’étend au-delà qui va être appelé dans un premier temps économie politique. Toutefois le terme économie politique posant des problèmes du fait des rapports qu’il induit entre la politique et l’économique, la profession à la suite d’Alfred Marshall préfère opter pour le mot anglais economics. La traduction française économique n’aura pas de succès et la France comme les pays latins désignera longtemps la discipline économique, science économique pour bien insister sur le caractère scientifique. Ce terme, du fait de son insistance même, donne lieu à de multiples controverses.

Si l’économie (discipline) est le concept étudié par les sciences économiques, celles-ci prenant appui sur des théories économiques, et sur la gestion, son spectre est plus large et s’étend de la philosophie économique aux réflexions et études sur les politiques économiques. Elle commence à s’imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d’Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels, et la macroéconomie qui émerge dans l’entre-deux-guerres, avec l’ouvrage majeur de John Maynard Keynes, intitulé Théoriegénérale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Au cours de la seconde moitié du

XXe siècle, ce corpus a été étendu à l’analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives, etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.

Histoire de la pensée économique

Pour une histoire du développement de l’activité économique des hommes voir les articles, Chronologie des faits économiques, Histoire de l’économie et aussi Histoire économique.

Économie de l’Antiquité à la fin du XVIIIe siècle

Économie de l’Antiquité

La pensée économique remonte aux civilisations mésopotamienne, grecque, romaine, indienne, chinoise (voir Qin Shi Huang), perse et arabe.

Civilisations mésopotamiennes

À partir de la fin du VIe millénaire av. J.-C. les cités-États de Sumer ont développé leurs commerces et leurs économies à partir des marchés de matières premières. Les premiers codes de loi de Sumer pourraient être considérés comme les premiers écrits économiques, dont de nombreux attributs sont encore en usage dans la valorisation des prix d’aujourd’hui tels les montants codifiés d’échange d’argent lors des échanges commerciaux (taux d’intérêt),

amendes, règles d’héritage, lois concernant la façon dont la propriété privée doit être imposée ou divisée, etc.. Les Babyloniens et les Cités-États voisines développèrent le premier système économique utilisant une métrique de produits divers, tel que le « shekel », mesure basée sur le poids de l’orge, qui était fixée par un code juridique.

En Mésopotamie, de nombreuses tablettes trouvées notamment à Kanish, en Anatolie, ou à Assur démontrent une intense activité commerciale.

Monde grec

Économique est un mot grec qui apparaît comme titre de deux traités, l’un de Xénophon, l’autre d’Aristote, dont l’objet est la connaissance et la formulation des lois (« nomos ») permettant d’optimiser l’utilisation des biens d’une maison (« oikos »), considérée comme unité collective de production d’une famille élargie ou d’un clan. La richesse est considérée du point de vue de l’abondance des biens produits et de leur utilité, non de l’accumulation de monnaie par l’usure ou le négoce dont les procédés font l’objet d’une autre discipline qu’Aristote appelle chrématistique (de khréma (la richesse) et –atos (degré superlatif)) et qu’il considère comme des activités stériles, voire déshonorantes dans l’Éthique à Nicomaque).

L’Économique est explicitement distingué de la Politique, laquelle fait l’objet d’un autre traité d’Aristote et vise à établir l’harmonie et la justice entre les différentes classes de personnes et de familles qui constituent la cité.

Empire romain

Selon Henry Charles Carey, l’empire romain est la répétition de l’empire d’Athènes sous une plus grande échelle. Autrement dit il y a centralisation et trafic, puis implosion. Ainsi, les villes se créent par une paupérisation due uniquement à la dette des contribuables. Ainsi les empires s’autodétruisent par la centralisation de la monnaie n’enrichissant que ceux qui possèdent la création monétaire.

Inde

Un auteur, L. K. Jha, voit dans la pensée du philosophe indien Chânakya (340-293 av. J.-C.), antérieure à celle d’Ibn Khaldoun d’un millénaire et demi, des aspects qu’on retrouve plus tard dans l’économie moderne. Conseiller auprès du trône de l’empire Maurya de l’ancienne Inde, auteur prolifique, notamment en économie politique, son magnum opus est le Arthashastra (La Science des richesses et du bien-être).

Moyen Âge

Les penseurs économiques du Moyen Âge sont avant tout des théologiens. Parmi les écrivains notables du Moyen Âge, nous pouvons citer Thomas d’Aquin et Ibn Khaldoun. Dans sa Somme théologique, Thomas d’Aquin examine de nombreuses questions de nature économique, dont la justification de la propriété privée, du commerce et du profit.

Joseph Schumpeter a d’abord considéré les scolastiques de la fin du XIVe au XVIIe siècle comme les fondateurs les plus proches de la science économique. Raisonnant dans le cadre du droit naturel ils préfigurent l’économie moderne dans le domaine de la politique monétaire, de l’intérêt, et la théorie de la valeur dans le cadre du droit naturel. Après avoir découvert le Muqaddima, Schumpeter vit en Ibn Khaldoun le plus proche précurseur de l’économie

moderne, même si la plupart de ses théories économiques ne furent connues en Europe qu’à une époque relativement récente.

Débuts de l’économie moderne : le mercantilisme (1450-1750)

Les historiens circonscrivent le mercantilisme à la période allant de 1450 jusque vers 1750. Il naît au moment où émerge la notion d’État qui doit s’imposer sur deux fronts : à l’extérieur face au pouvoir papal, et à l’intérieur pour unifier le territoire. Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l’enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale grâce à l’investissement dans des activités économiques à rendement croissant, comme l’avait identifié l’économiste italien Antonio Serra dès 1613.

L’État a un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations. Le mercantilisme est protectionniste à l’extérieur mais à l’intérieur, au contraire, il vise à l’unification du marché national. Cette doctrine économique connaît son apogée du XVIe au XVIIIe siècle, propagée par une littérature prolifique de pamphlets de commerçants ou d’États. Elle estime que la richesse d’une nation dépend de l’importance de sa population et de l’accumulation d’or et d’argent. Les nations qui n’ont pas accès aux mines peuvent obtenir l’or et l’argent en favorisant leur outil productif et en stimulant leurs exportations. Pour ce faire ils vont à la fois limiter les importations de produits finis et pousser aux importations de matières premières destinées à être manufacturées et exportées avec profit.

En France, apparaissent les premiers ouvrages qui analysent le fonctionnement économique de l’État et proposent des actions au gouvernement pour améliorer son fonctionnement, en particulier le Traité d’économie politique, d’Antoine de Montchrestien (1615) ; Le Détail de la France, la cause de la diminution de ses biens et la facilité du remède en fournissant en un mois tout l’argent dont le Roi a besoin et enrichissant tout le monde, de Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1695) ; ou encore La Dîme royale, de Vauban en 1700.

Le mercantilisme est loin d’être un courant de pensée uniforme. On peut distinguer le bullionisme portugais ou espagnol, le mercantilisme industriel français dont Jean-Baptiste Colbert est la figure de proue, le mercantilisme commercial anglais et le caméralisme allemand qui se considère comme une science des choses de l’État. Les mercantilistes accordent une place très forte à la monnaie et en particulier à la balance commerciale, ce que leur reprocheront plus tard David Hume et Adam Smith. Mais les penseurs économiques alors sont loin de s’intéresser uniquement aux caisses de l’État. Si William Petty anticipe sur des notions telles que la masse monétaire, ou la vitesse de circulation de la monnaie, il insiste aussi sur l’intérêt du plein emploi pour la richesse de tous. Au Xxe siècle, beaucoup d’économistes sont revenus sur les critiques faites à l’encontre du mercantilisme et ont reconnu l’exactitude de certains points de leurs théories. Entre autres, John Maynard Keynes a soutenu certains principes mercantilistes[Lesquels ?].

Naissance de l’économie classique 1750-1776 : les physiocrates et Adam Smith

La publication par Adam Smith de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1776, est souvent vue comme marquant la naissance de l’économie classique et la consacrant comme une discipline digne d’étude à part entière. Cette publication propose une synthèse cohérente des connaissances économiques de cette époque. Si Adam Smith est

aujourd’hui surtout connu en tant qu’économiste, il se considérait avant tout comme professeur de philosophie morale (qu’il avait enseignée à Glasgow). Ainsi, la Richesse des nations ne traite pas seulement d’économie (au sens moderne), mais aussi d’économie politique, de droit, de morale, de psychologie, de politique, d’histoire, ainsi que de

l’interaction et de l’interdépendance entre toutes ces disciplines. L’ouvrage, centré sur la notion d’intérêt personnel, forme un ensemble avec la Théorie des sentiments moraux, où il avait exposé la sympathie inhérente à la nature humaine.

Les physiocrates constituent un groupe de penseurs français de la seconde moitié du XVIIIe siècle composé de personnalités tels que le docteur François Quesnay, le marquis

Victor Riqueti de Mirabeau, l’abbé Nicolas Baudeau, l’avocat Guillaume-François Le Trosne, le juriste et intendant Pierre-Paul Lemercier de La Rivière et Pierre Samuel du Pont de Nemours. Adam Smith eut de nombreux échanges avec les physiocrates. À l’image des découvertes spectaculaires des lois de gravitation par Isaac Newton, les physiocrates s’attachent à la recherche des lois naturelles qui régissent les activités des hommes. Ils ont notamment schématisé l’économie comme un flux de revenus et de dépenses améliorant le modèle de Boisguilbert. En opposition aux idées mercantilistes, les physiocrates considèrent que la richesse d’un pays consiste en la richesse de tous ses habitants et non seulement celle de l’État. Inspirés en particulier par des ouvrages comme celui de Richard Cantillon, Essai sur la nature du commerce en général, 1755, les physiocrates considèrent que la seule activité réellement productive est l’agriculture. La terre multiplie les biens : une graine semée produit plusieurs graines. Au bout du compte, la terre laisse un produit net ou surplus. L’industrie et le commerce sont considérés comme des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par l’agriculture. L’organisation politique de cette époque, où les nobles ne travaillent pas et sont les grands propriétaires terriens, est certainement un facteur expliquant cette aberration surestimant l’importance du travail de la terre. Ainsi ils préconisaient le remplacement administrativement coûteux du recouvrement fiscal par un impôt unique sur les revenus des propriétaires fonciers. Les variations d’un tel impôt foncier ont été ultérieurement reprises par certains économistes (y compris par Henry George un siècle plus tard) du fait de la relative faiblesse de distorsion de cette source de recettes fiscales. En réaction contre l’abondante réglementation du commerce par les politiques mercantilistes des États, les physiocrates préconisaient une politique de « laissez-faire », qui proposait l’intervention minimale du gouvernement dans l’économie.

Adam Smith reproche aux physiocrates leur dogmatisme sur l’agriculture qu’il explique par une réaction excessive à la politique mercantiliste de Colbert qui avait privilégié les activités industrielles des villes. En analysant l’origine de la prospérité récente de certains pays,

comme l’Angleterre ou les Pays-Bas, Adam Smith développe des théories économiques sur la division du travail, le marché, la monnaie, la nature de la richesse, le « prix des marchandises en travail », les salaires, les profits et l’accumulation du capital. Il examine différents

systèmes d’économie politique, en particulier le mercantilisme et la physiocratie. De l’analyse de ces systèmes économiques il développe le « système de la liberté naturelle », qui privilégie l’intérêt individuel, le jeu de la libre entreprise, de la libre concurrence et de la liberté des échanges postulant que la liberté de ces activités contribuent efficacement à la richesse de la société de façon indirecte. Cette liberté ne peut exister qu’au sein d’un État souverain garant de la paix, de la justice et d’un service public. Une autre expression célèbre d’Adam Smith, souvent utilisée pour illustrer sa pensée, est la notion de la main invisible. Cette expression n’apparait qu’une fois dans le livre d’Adam Smith et s’applique non au marché mais à un individu qui, travaillant à faire fructifier son capital, défend indirectement les intérêts de la société à laquelle il appartient

Contrairement à une idée répandue, la formule de laissez-faire ne se trouve ni dans les écrits d’Adam Smith ni dans ceux de David Ricardo ou de Thomas Malthus. Pour Keynes, ce sont celles des vulgarisateurs du XIXe siècle comme Harriet Martineau ou Mrs Marcet, des Easy Lessons for the Use of Young People (1850) ou encore de l’archevêque Whately qui fut le premier professeur d’économie à l’Université d’Oxford (1829). C’est par eux que le dogme est

« devenu une maxime de cahier d’écolier ». De même, la plupart des chercheurs ayant

travaillé sur l’œuvre d’Adam Smith pensent que cette version ne traduit pas de façon correcte la pensée d’Adam Smith. Même si, entre eux, des différences existent, il est possible de dégager de grands points d’accords. D’une part, comme l’a montré Jacob Viner dans le système de la liberté naturelle de Smith, les pouvoirs publics interviennent beaucoup plus qu’on ne l’imagine usuellement. D’autre part, la main invisible ne signifie pas qu’il y ait automatiquement harmonisation des intérêts, mais que les actes ont des conséquences inattendues, parfois positives, parfois négatives. Enfin, en lien avec la remarque que Smith faisait aux physiocrates, ils estiment que le libéralisme économique de Smith « prône le perfectionnement intentionnel d’un ordre suboptimal non intentionnel ».

Économie de 1800 à nos jours

Économie politique classique, Malthus et Ricardo

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Malthus préconisait un contrôle de la population car il craignait que les ressources naturelles ne soient infiniment exploitables.

Pour Adam Smith, augmentation de la population est synonyme d’augmentation de la richesse. Thomas Malthus, pasteur chargé de l’aide aux pauvres dans sa commune, est frappé par la misère engendrée par les mauvaises récoltes de 1794 à 1800. Il s’intéresse alors aux problématiques du progrès, de la croissance de la population et de la richesse. Son ouvrage principal, Essai sur le principe de population, connait une grande popularité et conduit à un des premiers recensements de la Grande-Bretagne. Si ses thèses et pronostics se sont révélés en partie fausses, ses problématiques restent d’actualité.

Avec la publication Des principes de l’économie politique et de l’impôt, David Ricardo développe et enrichit les thèses de la valeur, du libre-échange popularisées par Adam Smith. Pour Daniel Villey, « les bases essentielles du système ricardien — la loi de la population, la loi des rendements décroissants, la théorie de la rente — viennent de Malthus ». Pour Malthus, la population a tendance à augmenter géométriquement alors que la production de denrées alimentaires ne s’accroît que de manière arithmétique. Pour rétablir l’équilibre, la

Nature dresse des obstacles efficaces (famines, épidémies etc.) mais inhumains. Pour Malthus, un pasteur, il conviendrait plutôt de limiter la reproduction par des moyens artificiels. Il y a chez lui un certain pessimisme sur les capacités d’augmenter la production du fait de la Loi des rendements décroissants. Malthus conteste également qu’une économie de marché conduise automatiquement au plein emploi comme le fera également Keynes plus tard.

Alors qu’Adam Smith s’intéressait à la production de revenus, David Ricardo axe ses recherches sur la distribution des revenus entre les propriétaires fonciers qui perçoivent des rentes, les travailleurs qui reçoivent des salaires (qui sont liés au minimum nécessaire pour subsister et donc au prix du blé) et les capitalistes dont les revenus sont constitués par les profits. Au centre de la problématique ricardienne se trouve le problème de la rente foncière (pour lui, la croissance de la population et des capitaux se heurte à une offre inchangée de terre qui pousse la rente foncière vers le haut et entraîne une baisse des salaires et des profits. L’œuvre de Ricardo se situe dans le contexte de l’abolition des corn laws qui favorisent les propriétaires terriens et de la conversion de l’Angleterre au libre-échange dont Ricardo avec la loi des avantages comparatifs est l’un des grands théoriciens.

À la fin de la tradition classique, John Stuart Mill se distingue des économistes antérieurs de cette école sur la question de la redistribution des revenus produits par le marché. Il attribue deux rôles au marché : une capacité à répartir des ressources et une capacité à répartir les revenus. Si le marché est efficace dans l’allocation des ressources, il l’est moins dans la distribution des revenus, ce qui oblige la société à intervenir.

La théorie de la valeur est un concept important la théorie classique. Smith écrit que le prix réel de chaque chose est le labeur et la peine de l’acquérir sous influence de sa rareté. Il soutient que, avec les rentes et les profits, les frais autres que les salaires entrent aussi dans le prix d’un produit. David Ricardo a systématisé et simplifié cet aspect de la pensée smithienne en élaborant ce qui a été appelé la « théorie de la valeur travail » qui a été plus tard reprise par Karl Marx alors que les néo-classiques lui ont substitué la théorie de l’utilité marginale.

Marxisme

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Karl Marx reprend le problème des rendements décroissants du capitalisme.

L’économie vue par les marxistes résulte des travaux de Karl Marx (notamment des trois livres constituant Das Kapital, publiés en 1867, 1885 et 1894) et de Friedrich Engels. Sur un plan général, l’économie n’est pas dans cette optique une science complètement séparée de la

sociologie, de l’histoire, ou de l’anthropologie. Au contraire le matérialisme historique vise à unifier toutes les sciences sociales dans une science de la société. Par ailleurs, trois points essentiels caractérisent ainsi l’économie du point de vue marxiste : le travail salarié, l’exploitation du prolétariat et les crises liées à l’accumulation de capital.

Si Marx reprend la théorie de la valeur travail de Ricardo, il reproche à cet auteur de ne pas avoir analysé comment le système capitaliste avait émergé et comment cela avait donné aux capitalistes le pouvoir et la capacité d’exploiter les travailleurs qui n’ont que leur force de travail à vendre. Les crises s’inscrivent dans le cadre des lois de l’évolution du mode de production capitaliste.

Au niveau global, selon l’approche marxiste de l’économie, il y aurait des lois de l’évolution du capitalisme telles que : la propension des capitalistes à accumuler, la tendance à des révolutions technologiques constantes, la soif inextinguible des capitalistes pour la plus-value, la tendance à la concentration, la tendance du capital à devenir de plus en plus « organique » (c’est-à-dire à moins recourir au capital variable qu’est la force de travail), la tendance au déclin du taux de profit, la lutte des classes, la tendance à une polarisation sociale croissante, la tendance à ce que les salariés soient employés dans des entreprises de plus en plus grandes et enfin, l’inéluctabilité des crises dans le système capitaliste. Les crises sont dans ce cadre toujours des crises de surproduction alors que les crises précapitalistes étaient des crises de sous-production. Les crises sont vues par les marxistes comme un moyen pour le capitalisme de se renouveler.

Révolution marginaliste

La révolution marginaliste survient vers 1870-1871 quand William Stanley Jevons, Léon Walras et Carl Menger introduisent le concept d’utilité marginale centré sur la valeur pour le consommateur et récusent la valeur travail. Toutefois, entre les trois fondateurs du marginalisme, il est possible de relever de fortes différences.

Léon Walras, qui a préparé le concours à l’École polytechnique, est marqué par le rationalisme français, ce qui le conduit à une approche hypothético-déductive et à un système d’équilibre général très abstrait. S’il est considéré comme le fondateur de l’école de Lausanne, il a de son temps peu d’influence en France où la discipline peine à prendre son autonomie vis-à-vis du droit. Une économie mathématisée commencera à s’imposer de façon cohérente dans ce pays lorsque Clément Colson deviendra, en 1918, professeur d’économie à l’École polytechnique. Toutefois, ce sont John Hicks et Paul Samuelson qui réellement contribueront à forger sa célébrité.

Stanley Jevons, tout comme Léon Walras, veut également mathématiser l’économie mais il est plus inductif, il veut partir de l’étude des faits, des réalités, en raisonnant dans un cadre qui reste utilitariste (raisonnement sur le plan du plaisir et de la peine ou des avantages et inconvénients). Cette démarche aura une forte influence sur l’économie notamment aux débuts du vingtième siècle et marque toute l’économie appliquée actuelle.

Carl Menger, le fondateur de l’école autrichienne, rejette l’usage des mathématiques et considère l’utilisation d’équations simultanées « à la Walras » comme incapable de mettre en lumière les relations causales ainsi que de rendre compte de la fugacité des échanges. Il trouve qu’il y a quelque chose de collectiviste chez le fondateur de l’école de Lausanne; ce que

cherche Menger, c’est une science capable de rendre compte du comportement des agents, de saisir l’essence des phénomènes économiques.

Révolution keynésienne

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John Maynard Keynes montre l’importance de l’investissement public pour certaines nations.

Pour Keynes, une économie de marché ne possède pas de mécanismes qui la conduisent de façon automatique vers le plein emploi de ses ressources, d’où la possibilité d’un chômage involontaire qui rend nécessaire une intervention extérieure au marché. Keynes raisonne d’emblée sous l’angle macroéconomique d’offre globale et de demande globale. Dans son cadre macroéconomique, la production, et donc l’emploi, dépend des dépenses. Si la demande n’est pas suffisante, les entreprises ne produiront pas assez et n’emploieront pas tous les salariés d’où la nécessité pour le gouvernement de conduire des politiques de soutien à la demande, c’est-à-dire de soutien à la consommation et/ou à l’investissement. Keynes insiste particulièrement sur l’investissement.

Au cœur de la révolution keynésienne se trouve la réfutation de la loi de Jean-Baptiste Say qui énonce que l’offre crée sa propre demande. Cette loi fonde ou plutôt exprime l’optimisme et aussi le naturalisme de l’économie classique qui veut qu’il ne puisse y avoir de crise de surproduction durable. Si Keynes insiste sur ce point, c’est parce qu’il a motivé les refus par les autorités de toutes ses propositions de politique économique durant les années 1920.

Le livre est postérieur à la crise de 1929 où, d’une certaine façon, les dirigeants ont fait du keynésianisme sans le savoir.

Le keynésianisme de Keynes a eu trois successeurs. Les post-keynésiens, souvent associés à l’université de Cambridge et à Joan Robinson, mettent l’accent sur les rigidités macroéconomiques et d’ajustement. Les keynésiens de la synthèse néoclassique ont dominé la période des Trente Glorieuses et de nos jours la nouvelle économie keynésienne met davantage l’accent sur les comportements humains et les imperfections des marchés. Au niveau des théories de la croissance, ils utilisent des modèles de croissance endogènes.

Courants hétérodoxes

La première école qui s’est voulue hétérodoxe, ou plutôt dont certains membres comme Hale Walton Hamilton se sont revendiqué hétérodoxes, sont les institutionnalistes américains.

Pourtant le cas n’est pas si évident que cela pour deux raisons. D’une part les économistes américains jusqu’à la Seconde Guerre mondiale étaient à la fois orthodoxes et hétérodoxes, d’autre part, les institutionnalistes américains ont été influents dans des think tanks aussi importants que le NBER ou la Brookings Institution ou encore à la London School of Economics. De manière analogue de nos jours la nouvelle économie institutionnelle, bien qu’hétérodoxe, a une profonde influence sur une grande part de l’orthodoxie constituée par l’école néoclassique. Quand on s’interroge sur ce qui différencie l’orthodoxie de l’hétérodoxie, en général, on considère que la première privilégie la trilogie équilibre-rationalité- individualisme tandis que la seconde est plus orientée sur la trilogie structure sociale- institutions-histoire.

Parmi les autres écoles hétérodoxes, les plus souvent citées sont l’école autrichienne (qui n’est pas sans avoir influencé les néoclassiques notamment dans les années 1980-2008), le marxisme, le post-keynésianisme, un des courants les plus influents, mais aussi les féministes, l’économie évolutionniste, la théorie de la dépendance, l’économie structuraliste, la théorie des systèmes mondiaux, ou encore l’école de la décroissance, et certains secteurs de l’altermondialiste.

L’économie hétérodoxe actuelle a une démarche théorique « empiriquement enracinée dans l’explication des modalités du processus social dans le contexte du capitalisme ». Leur économie politique est basée sur l’éthique, sur la dignité humaine et tient plus compte des classes, des hiérarchies et des inégalités.

Économie néoclassique : des keynésiens à l’école de Chicago

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La London School of Economics un des grands centres de l’enseignement de l’économie

mainstream.

L’école néoclassique représente le « mainstream » c’est-à-dire le corpus enseigné dans les grandes universités américaines et d’autres comme la London School of Economics ou, semble-t-il, en France l’école d’économie de Paris et l’école d’économie de Toulouse et mis en œuvre dans les grandes institutions économiques mondiales (banques centrales, FMI, Banque mondiale, OCDE etc.)

Si le premier à utiliser le mot néo-classique fut Thorstein Veblen en 1900 pour désigner l’économie marshallienne, son usage s’est imposé à travers la redécouverte de Walras par Hicks, un article de George Stigler de 1941 et surtout par l’emploi de ce terme par Samuelson dans son manuel d’économie qui était alors le plus répandu au monde. Les historiens de la pensée économique se sont demandé pourquoi le courant keynésien majeur avait adopté cette appellation. Plusieurs raisons sont avancées: recourir à des techniques d’expertise objectives permettait de satisfaire les patrons des universités qui recherchaient des économistes politiquement corrects, par ailleurs, le recours à des techniques sophistiquées faisaient que le débat était réservé aux insiders et de fait les débats économiques des années cinquante-

soixante-technique tel que la controverse des deux Cambridge (en clair une opposition entre néo-keynésien et post-keynésien) est relativement ésotérique.

À partir des années 1970 et de travaux de Kenneth Arrow sur l’équilibre général, le néoclassicisme se fait plus libéral classique, d’autant que l’école de Chicago attaque les néo- keynésiens sur trois points : les changes fixes, la courbe de Phillips et l’intérêt de politiques budgétaires actives. Au contraire, ils vont montrer l’intérêt du contrôle de la masse monétaire pour limiter l’inflation. L’école néo-classique prend une tonalité plus libérale classique et subit également l’influence de Friedrich Hayek. Avec la crise économique de 2008-2010, elle semble redevenir plus keynésienne avec la nomination de certains de ses membres au FMI. L’économie néoclassique a recours de manière systématique au mécanisme d’offre et de demande pour déterminer les quantités et les prix à l’équilibre et pour étudier comment cela affecte la répartition de la production et la redistribution des revenus. Les marginalistes refusent la théorie de la valeur-travail héritée de l’économie classique et lui substituent l’utilité marginale.

Par la microéconomie, l’économie néoclassique présente les incitations et les coûts comme jouant un rôle omniprésent dans l’élaboration de la prise de décision. Par exemple, la théorie du consommateur et la demande individuelle isolent la façon dont les prix (les coûts) et le revenu touchent la quantité demandée. En macroéconomie, ceci se traduit par une rapide et durable synthèse néoclassique.

L’économie moderne s’appuie beaucoup sur l’économie néoclassique, mais avec de nombreuses améliorations que ce soient des compléments, ou des généralisations de l’analyse antérieure, telles que par l’économétrie, la théorie des jeux, l’analyse des défaillances du marché et la concurrence imparfaite, et le modèle néoclassique de la croissance économique pour l’analyse des variables à long terme qui affectent le revenu national.

Actuellement l’école néoclassique commence à s’intéresser aussi aux problèmes du développement durable avec notamment les travaux de Nicholas Stern.

Analyse économique

Microéconomie

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Paul Anthony Samuelson, un des pères fondateurs de la microéconomie, l’auteur d’un des manuels les plus marquants de l’histoire L’économique (première édition 1948) avec les Principes d’économie politique de John Stuart Mill (première édition 1848) et les Principes d’économie politique d’Alfred Marshall (première édition 1890)

Pour Paul Krugman et Robin Wells, « l’un des thèmes majeurs de la microéconomie est la recherche de la validité de l’intuition d’Adam Smith, à savoir que des individus cherchant à satisfaire leurs intérêts propres contribuent souvent à promouvoir les intérêts de la société dans son ensemble ». En effet, ce qui intéresse la microéconomie, c’est tout d’abord l’étude des choix des agents économiques, c’est-à-dire de la manière dont ils procèdent à des

« arbitrages » entre différentes options possibles, en comparant leurs avantages et leurs inconvénients pour la poursuite de leurs objectifs ou la satisfaction de leurs intérêts, postulat utilitariste.

La microéconomie examine les interactions existant sur les marchés en fonction de la rareté de l’information et la réglementation gouvernementale. On distingue le marché d’un produit ou service, par exemple celui du maïs frais, des marchés des facteurs de production, capital et travail. La théorie compare les agrégats de la quantité globale demandée par les acheteurs et la quantité fournie par les vendeurs et détermine ainsi le prix. Elle bâtit des modèles pour décrire comment le marché peut atteindre l’équilibre en matière de prix et de quantité ou comment réagir aux changements du marché au fil du temps, c’est ce qu’on appelle le mécanisme de l’offre et de la demande. Les structures de marché, telles que la concurrence parfaite, le monopole ou l’oligopole, sont analysées en fonction des conséquences sur le plan du comportement et de l’efficacité économique. L’analyse d’un marché unique se fait à partir d’hypothèses simplificatrices : rationalité des agents, équilibre partiel (c’est-à-dire qu’on suppose les autres marchés ne sont pas affectés). Un raisonnement en équilibre général permet d’analyser les conséquences sur les autres marchés, et peut permettre de comprendre les interactions et les mécanismes qui peuvent ramener à l’équilibre.

Théorie microéconomique traditionnelle

La théorie microéconomique standard suppose que les agents économiques, ménages ou entreprises, sont « rationnels » c’est-à-dire qu’ils sont censés disposer de capacités cognitives et d’informations suffisantes pour pouvoir, d’une part, construire des critères de choix entre

différentes actions possibles et identifier les contraintes pesant sur ces choix, contraintes tant

« internes » (leurs capacités technologiques s’il s’agit d’entreprises, par exemple),

qu’« externes » (c’est-à-dire résultant de leur environnement économique), et, d’autre part, maximiser leur satisfaction sous contraintes. C’est le paradigme de l’Homo œconomicus qui n’implique pas a priori que les critères de choix des individus soient purement égoïstes, ces derniers pouvant parfaitement être « rationnellement » altruistes.

Cette théorie doit son existence à la synthèse opérée par l’économie mathématique néoclassique des années 1940 et 1950 entre les apports du courant marginaliste du XIXe siècle et la théorie de l’équilibre général de Walras et de Pareto. John Hicks et Paul Samuelson sont considérés comme « les pères » de la microéconomie traditionnelle actuelle. Celle-ci s’organise autour de quatre volets :

  1. La théorie du consommateur, qui étudie le comportement de ménages devant effectuer des choix de consommation de biens sous contraintes budgétaires ;
  2. La théorie du producteur, qui étudie le comportement d’entreprises qui veulent maximiser leur profit sous contraintes technologiques ;
  3. La théorie de l’échange sur des marchés, ces marchés pouvant être concurrentiels ou non concurrentiels ;
  4. La théorie de l’optimum économique, qui mobilise le concept d’optimum de Pareto pour juger de l’efficacité économique collective des interactions entre agents au travers des échanges.

La théorie traditionnelle s’inscrit dans la perspective de l’équilibre général walrassien et a tendance « à assimiler le fonctionnement réel de la société à celui du modèle abstrait d’équilibre général ».

Marché et défaillances du marché

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Un marché traditionnel est un espace où les acheteurs et les vendeurs se rencontrent.

La poursuite de l’intérêt particulier conduit souvent à l’intérêt général mais pas toujours. Paul Krugman et Robin Wells notent ainsi que « la main invisible n’est pas toujours notre alliée ». Cette thèse a été critiquée par les tenants de l’école historique allemande, les marxistes et même certains classiques comme Malthus, avec sa critique de la loi des débouchés. Karl Polanyi énonce également en 1944 dans son livre La Grande Transformation que « l’idée qu’un marché s’ajustant lui-même était purement utopique. Une telle institution ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en désert ».

Dès le début du XXème siècle et les travaux de Arthur Cecil Pigou, le concept de défaillance du marché s’est donc imposé dans la théorie économique orthodoxe. C’est un cas dans lequel le marché échoue dans l’allocation optimale des ressources économiques et des biens et services. Si la théorie économique décrivait déjà des situations de monopole (ou d’un cartel), ce concept décrira également d’autres situations, comme celle où coexistent chômage et pénurie de main d’œuvre (logements vides et personnes sans logements, etc.), ou encore la présence de pollution.

Une défaillance de marché, qui concerne l’allocation économique, est une notion différente de celle plus financière d’anomalie de marché, au sens de non efficience du marché. Cette dernière concerne plutôt une anomalie du rendement financier (et une anomalie de prix, puisque le rendement a pour dénominateur le prix) due à des phénomènes comportementaux. Les deux phénomènes peuvent toutefois être les causes ou la conséquence l’un de l’autre, ou résulter de causes communes.

La notion de défaillance est éminemment politique et donc matière à controverse, dans la mesure où elle sert à justifier des interventions politiques visant à « corriger », voire à supprimer, le marché. Toutefois, la plupart des économistes l’utilisent, mais plutôt par rapport à des cas où le fonctionnement réel d’un marché donné s’éloigne significativement du marché idéal, sous l’effet de trois principales séries de causes :

  • des structures de marché sous-optimales (manque de transparence, délais, etc.)
  • la non internalisation de coûts (voir externalité, Bien public et Asymétrie d’information : Sélection adverse, Aléa moral et Problème principal-agent).
  • des inefficiences de prix (non prise en compte de l’information par les prix) dues à des biais comportementaux.

Les auteurs libéraux, depuis l’émergence de la théorie des choix publics, ajoutent une quatrième série de causes, aux conséquences bien plus graves à leurs yeux :

  • les interventions de l’État. L’expression « défaillance de l’État» est apparue par symétrie avec « défaillance du marché ».

Nouvelles théories : une meilleure prise en compte de la concurrence imparfaite

À partir des années 1970, le paradigme dominant de la microéconomie connaît une forte inflexion de façon à mieux intégrer toutes les défaillances et imperfections du marché. Pour Pierre Cahuc « la nouvelle microéconomie s’est constituée progressivement, à partir de critiques éparses, souvent initialement isolées, du modèle walrasien ». Plus généralement, pour l’économiste Anne Perrot, l’édifice théorique de la microéconomie traditionnelle laissait

« désarmé l’économiste à la recherche d’une représentation positive du fonctionnement du marché ». Ce changement est intervenu à un moment ou la macroéconomie cherche ses fondements microéconomiques, de sorte qu’une certaine convergence va avoir lieu entre ses deux champs.

Le cadre général de la nouvelle microéconomie est davantage réduit à l’analyse d’un seul marché et sa démarche scientifique est plus axée sur la recherche de constat jugé représentatif du fonctionnement de l’économie (constats appelés « faits stylisés »). « Ces approches relèvent […] certains des défis que l’économie hétérodoxe, « institutionnaliste », a longtemps adressés à la théorie néoclassique ».

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John von Neumann un des pionniers de la théorie des jeux.

La nouvelle microéconomie met l’accent sur les problèmes d’incitations, d’information et sur la théorie des jeux. Par « incitation », on entend toute action d’un agent économique (qui peut être l’État) conduisant certains agents économiques à adopter tel ou tel type de comportement. Cette notion prend tout son sens si l’on considère que l’information disponible est inévitablement limitée pour un agent économique soucieux d’inciter d’autres agents à se comporter dans le sens de ses intérêts (lui donner les « bonnes » incitations de son point de vue). La théorie des jeux, quant-à-elle est une branche des mathématiques appliquées qui étudie les interactions stratégiques entre agents. Dans cette théorie les agents choisissent les stratégies qui maximiseront leurs bénéfices étant données les stratégies que les autres agents choisiront. Elle fournit une modélisation formelle des situations dans lesquelles ceux qui prennent des décisions interagissent avec d’autres agents. La théorie des jeux généralise l’approche maximisatrice développée d’abord pour l’analyse des marchés, elle a été développée à partir du livre de 1944 Theory of Games and Economic Behavior, de John von Neumann et Oskar Morgenstern. La théorie des jeux est également employée dans de nombreux domaines non économiques : stratégie nucléaire, éthique, science politique et théorie évolutionniste.

L’extension de l’approche microéconomique a également conduit au développement de la

« théorie des contrats ». Cette théorie conçoit les organisations, les institutions, les familles ou les entreprises, comme des ensembles de contrats (des « nœuds de contrats » dans le jargon économique). Une entreprise est, par exemple, un nœud composé de contrats de travail, liant l’entreprise à ses salariés, de contrats la liant à ses clients et à ses fournisseurs, de contrats d’engagements bancaires et financiers, de contrats légaux la liant à son État ou ville de résidence en matières fiscale et règlementaire. Les marchés sont un autre cas particulier de

tels nœuds de contrats, ici des contrats d’échange. Les États, au sens des organisations politiques gérant des espaces géographiques déterminés, sont un autre exemple de nœud

contractuel, les Constitutions (ou les Chartes) se présentant comme des contrats généraux liant ces organisations aux peuples qu’ils gouvernent.

Un aspect important de ces contrats est d’être généralement « incomplets », c’est-à-dire incapables de spécifier entièrement les engagements des parties dans tous les cas possibles. Le développement de cette théorie a naturellement entraîné un approfondissement des théories de la négociation et de la renégociation. En effet, son propos est non seulement d’expliquer comment et pourquoi se forment des contrats entre les agents, mais aussi les raisons pour lesquelles ils les remettent, ou pas, en cause au cours du temps.

La nouvelle microéconomique peut être utilisée par l’économie industrielle, l’économie du travail et l’économie publique du fait de son aptitude à se rapprocher des préoccupations pratiques de certains industriels.

Macroéconomie

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Modélisation des relations macroéconomiques entre agrégats dans une économie.

La macroéconomie étudie l’économie dans son ensemble pour expliquer les grands agrégats (indicateurs économiques) et leurs interactions, en utilisant une forme simplifiée de l’équilibre général. Ces agrégats comprennent le revenu national, la production, le taux de chômage, les prix, l’inflation et d’autres agrégats comme la consommation totale et les dépenses d’investissement et leurs composants. Elle étudie également les effets de la politique monétaire et de la politique budgétaire.

Depuis au moins les années 1960, la macroéconomie a été caractérisée par une recherche d’intégration dans les modèles du comportement de l’individu, y compris la rationalité des acteurs, l’utilisation efficace de l’information sur le marché et la concurrence imparfaite.

L’analyse macroéconomique traite également des facteurs affectant la croissance du revenu national sur le long terme. Ces facteurs comprennent l’accumulation de capital, le changement technologique et la croissance de la population active.

Croissance économique

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Taux de croissance cumulé du PIB dans le monde.

Les théories explicatives de la croissance économique ont été systématisées relativement récemment dans l’histoire de la pensée économique. Ces théories cherchent à expliquer pourquoi il y a croissance économique, c’est-à-dire augmentation de la production par habitant d’un pays sur une longue période ou encore pourquoi il existe des différences de PIB per capita (« par tête ») entre pays et pourquoi certains pays se développent plus rapidement que d’autres. En général, trois facteurs explicatifs sont utilisés : le travail c’est-à-dire la

mobilisation de la main d’œuvre (d’où l’instance en France par les économistes proches du

« mainstream » des effets du faible taux d’emploi de certaines tranches d’âges sur la croissance potentielle), le capital et le progrès technique.

Le modèle de Harrod-Domar a ouvert la voie et a été suivi par le modèle de Solow. Alors qu’Harrod Domar raisonne avec une fonction de production à coefficient fixe, c’est-à-dire où il ne peut y avoir substitution capital travail, l’approche de Solow met l’accent sur la substitution capital travail et sur le progrès technique. L’opposition entre les modèles sur la substitution capital-travail est à replacer dans le contexte des années 1950 et 1960 et de l’opposition entre deux courants keynésiens : les post-keynésiens pour qui l’économie est relativement « rigide » et les tenants de la synthèse néo-classique plus libéraux. Pour Robert Solow, c’est grâce au progrès technique que la production peut augmenter et qu’il y a croissance sur la longue période. Toutefois, cette théorie explique mal d’où provient ce progrès qu’elle considère comme exogène.

Les nouvelles théories de la croissance économique cherchent précisément à construire des modèles expliquant l’apparition de ce facteur, c’est-à-dire à l’endogéneïser. Ces modèles ont été développés à partir de la fin des années 1970, notamment par Paul Romer, Robert E. Lucas et Robert Barro. Ils se fondent sur l’hypothèse que la croissance crée par elle-même le progrès technique. Ainsi, il n’y a plus de fatalité des rendements décroissants : la croissance engendre un progrès technique qui permet que ces rendements demeurent constants. La croissance, si elle crée du progrès technique, n’a donc plus de limite. À travers le progrès technique, la croissance constitue un processus qui s’auto-entretient.

Cycle économique

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Exemple de cycle économique.

Généralement, on associe la naissance de la macroéconomie au cycle économique de la grande dépression. Il fallait donc expliquer le processus conduisant à une telle chute de l’activité économique. C’est ainsi que John Maynard Keynes a écrit un livre intitulé Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, expliquant ce phénomène qui à l’époque était resté sans éclaircissement convaincant. Keynes a soutenu que la demande globale de biens pourrait être insuffisante en période de ralentissement économique ce qui conduirait à un chômage élevé lié à des baisses de la production (Keynes travaille implicitement dans un cadre de sous-emploi de l’appareil productif, les choses se passent autrement si l’appareil productif n’est pas à même de satisfaire la demande).

Il a donc préconisé des réponses politiques actives – mesures de politique monétaire par la banque centrale et de la politique budgétaire – de la part du secteur public par le  gouvernement pour stabiliser la production au cours du cycle. Ainsi, une conclusion centrale du keynésianisme est que, dans certaines situations, le marché n’arrive pas automatiquement à résoudre le problème du sous-emploi ; il faut donc une intervention externe. Le modèle IS/LM constitue le cadre théorique par excellence qui a servi à étayer la théorie de Keynes.

Si la pensée keynésienne a dominé la scène durant les Trente Glorieuses, elle a aussi suscité une vive opposition. Milton Friedman et le monétarisme ont soutenu que l’action de l’État notamment en matière monétaire est inutile, voire nuisible.

Au fil des ans, la compréhension du cycle économique s’est diversifiée dans plusieurs écoles, liées à ou opposées au keynésianisme. La jonction sera faite entre les deux principaux courants de l’époque au sein de ce que Paul Samuelson a qualifié de synthèse néo-classique. Cette synthèse indique que le keynésianisme est d’application à court terme, mais à long terme la théorie néoclassique explique aisément le cycle.

La nouvelle école classique, qui doit notamment aux critiques de Milton Friedman, est un courant de pensée économique qui s’est développé à partir des années 1970. Elle rejette le keynésianisme et se fonde entièrement sur des principes néoclassiques. Sa particularité est de reposer sur des fondations micro-économiques rigoureuses, et de déduire des modèles macroéconomiques à partir des actions des agents eux-mêmes modélisés par la micro- économie. Elle postule une rationalité des agents (qui cherchent à maximiser leur utilité), une anticipation rationnelle et qu’à chaque instant, l’économie possède un équilibre unique (avec plein emploi et pleine utilisation des capacités de production) et cet équilibre est atteint par un mécanisme d’ajustement des prix et des salaires.

La théorie des cycles réels, qui tente d’expliquer les fluctuations de court terme des économies comme le résultat de chocs fréquents et de faibles ampleur affectant les techniques de production constitue l’apport théorique majeur développée par ce courant.

À l’opposé de ces deux dernières écoles, la nouvelle économie keynésienne conserve l’hypothèse des anticipations rationnelles, mais intègre une série de défaillances du marché. En particulier, les nouveaux keynésiens supposent une viscosité des prix et salaires, ce qui signifie qu’ils ne s’ajustent pas instantanément aux changements des conditions économiques. Ils réhabilitent l’intervention de la puissance publique dans l’économie, sans pour autant, selon certains économistes français, reprendre totalement en compte ce qu’ils considèrent être les thèses de Keynes (le keynésianisme français est plus marqué que d’autres par le post- keynésianisme).

Depuis la fin de la décennie 90, Goodfriend, M. et R. King ont parlé d’une émergence d’une nouvelle synthèse néoclassique, qui en réalité fait la symbiose entre les courants néo- keynésien et celui de la nouvelle macroéconomie classique. À ce jour, on ne peut savoir si cette appellation va s’imposer ou si elle n’aura été qu’une passade. Mais il reste que, quelle que soit la terminologie en vigueur, un nouveau développement est à l’œuvre.

Politique monétaire et inflation

La politique monétaire est l’action par laquelle l’autorité monétaire, en général la banque centrale, agit sur l’offre de monnaie dans le but de remplir son objectif de stabilité des prix (limiter l’inflation). Elle tâche également d’atteindre les autres objectifs de la politique économique, qualifié de triangle keynésien : la croissance, le plein emploi, l’équilibre extérieur.

La politique monétaire se distingue de la politique budgétaire. Ces deux politiques interagissent et forment ensemble le policy-mix.

D’après la théorie économique moderne, le but de la banque centrale est de maximiser le bien- être économique des ménages (Mishkin). Ainsi, on attribue généralement deux objectifs principaux à la politique monétaire : la stabilisation des prix et la stabilisation de l’activité

économique. Ces deux objectifs sont étroitement liés, et non incompatibles comme on pourrait le penser, la stabilité des prix étant un préalable à une activité économique soutenue.

Cependant, conformément à la théorie quantitative de la monnaie, il n’existe pas d’arbitrage à long terme entre stabilité des prix et activité économique car la monnaie est, sur ce laps de temps, neutre (la « courbe de Phillips » de long terme est verticale).

On distingue généralement à l’heure actuelle trois types de politiques monétaires : la fixité des taux de change, le ciblage de la croissance des agrégats monétaires et le ciblage de l’inflation.

Au demeurant, on note quatre niveaux au sein des dispositifs mis en place par les politiques monétaires : les objectifs finaux, les objectifs intermédiaires (agrégats de la monnaie ou les taux de change), les indicateurs (inflation, etc.) et les instruments (taux de facilité de prêt marginal, taux de facilité de dépôt, opérations d’open market […]).

Politique budgétaire et fiscale

La politique budgétaire consiste à utiliser les leviers de l’imposition et des dépenses publiques. Combinée à la politique monétaire, elle forme un policy-mix avec la politique budgétaire dans le cadre d’une politique conjoncturelle.

Dans la pratique, en cas de creux économique, de récession ou de dépression, il est surtout question de politique budgétaire de stimulation de l’activité. Elle peut prendre la forme d’une baisse de l’imposition ou d’une hausse de certaines dépenses. Dans tous les cas, cela conduit à une dégradation du solde public. À l’inverse, dans les périodes de croissance économique élevée (y compris en période de bulle spéculative), la discipline budgétaire doit permettre de réduire le déficit public, voire de constituer des excédents, qui seront mobilisables ultérieurement.

En anglais, le terme fiscal policy regroupe à la fois la politique budgétaire et la politique fiscale. Ce dernier terme désignant en français les modifications de l’imposition, la redistribution etc. de façon à modifier les comportements individuels (encouragement au retour à l’emploi par un impôt négatif, crédit d’impôt en faveur de la recherche etc.).

En raison de la difficulté d’anticiper la conjoncture économique, de la lenteur d’action de la politique budgétaire, les économistes comptent généralement sur les stabilisateurs automatiques. L’idée est que quand la situation économique se dégrade, les recettes fiscales sont moins bonnes (l’État prélève donc moins) tandis que les dépenses augmentent (allocation chômage, etc.), de sorte que le déficit se creuse et soutient de façon automatique l’activité.

La nouvelle macroéconomie classique s’est opposée aux politiques budgétaires

« discrétionnaires » qui à la fin des années 1970 et 1980 n’ont pas été couronnées de succès et ont contribué à accroître la dette publique. Avec la crise économique de 2008-2009, des politiques budgétaires de soutien ont été pratiquées partout à travers le monde. Si elles ont permis d’éviter que la récession ne se transforme en dépression, elles ont aussi engendré une hausse de la dette publique qui pose aujourd’hui problème notamment dans la zone euro.

Théories et études empiriques

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William Petty, considéré par Schumpter comme un des précurseurs des études empiriques, plus spécifiquement l’économétrie

La méthodologie économique « mainstream » contemporaine, parfois appelée école néoclassique, pourrait se dénommer économie mathématique tant il est vrai que, depuis la seconde-guerre mondiale, elle recourt à des instruments mathématisés : algèbre linéaire, statistiques, théorie des jeux, outils informatiques. Les économistes professionnels sont censés posséder ces outils même si certains sont spécialisés dans des champs où on utilise moins les études quantitatives. De très grands économistes tels Adam Smith ou Joseph Schumpeter n’étaient pas des mathématiciens. Parmi les premiers à utiliser les mathématiques, figurent les ingénieurs économistes français (Jules Dupuit, Augustin Cournot etc.). De nos jours, les économistes hétérodoxes mettent moins l’accent sur les mathématiques.

Théories empiriques

La théorie économique « mainstream » repose sur des modèles économiques quantitatifs a priori qui utilisent une large gamme de concepts. Une théorie repose généralement sur l’hypothèse « toutes choses égales d’ailleurs », qui suppose constantes les variables explicatives autres que celles sous études. Quand on bâtit une théorie, l’objectif est de trouver un modèle qui donne des prédictions plus précises et plus intéressantes que celles fournies par les théories antérieures, tout en utilisant le moins de variables explicatives possibles.

En microéconomie, les principaux concepts incluent : l’offre et demande, l’utilité marginale, la contrainte budgétaire (c’est-à-dire que les individus vont essayer de maximiser leur utilité sous contrainte budgétaire), la théorie du choix rationnel, la théorie de la firme. Les premiers modèles macroéconomiques se focalisaient sur les relations entre agrégats (on appelle ainsi la consommation des agents d’un pays, l’investissement d’un pays, les exportations, etc.).

Toutefois, dans les années 1970, ces relations sont apparues changeantes, ce qui a poussé les macroéconomistes à s’intéresser aux fondements microéconomiques de la macroéconomie.

Souvent, pour exposer le raisonnement économique et illustrer les relations théoriques, les économistes utilisent des graphiques à deux dimensions. À un plus haut niveau de généralité, Paul Samuelson, dans son livre de 1947, Foundations of Economic Analysis utilise les mathématiques pour exposer la théorie, particulièrement celle du comportement maximisateur d’agents dans un cadre d’équilibre général. Le livre est centré sur des théorèmes pouvant être réfutés par des données empiriques.

Études empiriques

Les théories économiques sont fréquemment testées empiriquement, à travers, notamment, le traitement statistique et économétrique des données économiques. Les expériences sous contrôle, communes en physique, sont difficiles et rares en économie, qui préfère l’analyse de nombreuses données.

L’économétrie recouvre toute application des mathématiques et des statistiques à l’étude des phénomènes économiques. L’économétrie positive permet l’évaluation des grandeurs économiques non directement mesurables, des paramètres au contrôle empirique des modèles.

Les méthodes statistiques, telle que la régression statistique, sont très utilisées. Les praticiens s’en servent pour estimer la taille, la signification économique et la signification statistique d’une relation hypothétique entre variables, et à neutraliser le « bruit » d’autres variables. Par ce moyen, une hypothèse peut être acceptée, même s’il s’agit d’une acceptation plus probabiliste que certaines. L’acceptation dépend de la capacité qu’ont des hypothèses falsifiables à résister aux tests. L’utilisation de méthodes acceptées ne conduit pas nécessairement à une conclusion définitive ou à un consensus sur une question en raison du choix des tests, des données et des croyances.

En économie appliquée, à partir des années 1960, des modèles macroéconomiques comptant des centaines de variables et d’équations servent à analyser l’impact de certaines politiques économiques et à réaliser des prévisions économiques. Ils sont utilisés par les banques centrales, les grandes institutions économiques FMI, OCDE, ainsi que par certains ministères de l’économie et des finances.

A partir des années 1980 environ, l’économétrie structurelle a perdu un peu de son importance dans la recherche académique, au profit de nouvelles méthodes à l’esprit plus expérimental.

Parce que ces nouveaux designs expérimentaux sont jugés plus fiables, on qualifie parfois la hausse de la fréquence des ces méthodes dans la recherche académique de révolution de crédibilité, terme controversé. Ces nouvelles méthodes ont parfois eu un impact important sur la théorie économique.

Ainsi, l’économie expérimentale a permis de tester des hypothèses qui étaient auparavant considérées comme des axiomes. Cela a conduit à réduire la distance qui sépare l’économie des sciences naturelles. Dans certains cas, les axiomes se sont révélés partiellement incorrects ; c’est ainsi, par exemple, que le jeu ultime a révélé que les gens rejettent les offres inégales, c’est-à-dire qui leur sont trop défavorables.

En économie comportementale, les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky ont reçu le prix Nobel d’économie pour leur découverte empirique de plusieurs biais cognitifs et heuristiques. Ils ont donné naissance à la théorie des perspectives qui elle-même est à la base de la finance comportementale.

Théorie des organisations

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F. W. Taylor reprend les idées d’Adam Smith pour les appliquer aux entreprises

La théorie des organisations (économie des organisations et sociologie des organisations) est un domaine d’analyse passerelle entre l’économie, la psychologie et la sociologie. Depuis l’antiquité, l’administration du patrimoine des organisations a été un sujet d’analyse économique. Platon idéalisait le fait d’organiser les fonctions des individus au sein de sa société par la division du travail. Au XVIIIe siècle, Adam Smith est un des premiers auteurs à réfléchir au fonctionnement de l’entreprise. Il met en valeur le fait que la division du travail par la spécialisation en fonction des compétences permet de dynamiser le marché (exemple de la manufacture d’épingle). Dans cette optique, l’entreprise et donc l’organisation reste une

« boîte noire » dans la mesure où il n’analyse pas les phénomènes se produisant en son sein, mais simplement les motivations des individus et les conséquences sur le marché. L’individu simplifié ne recherche ici que la satisfaction de ses intérêts personnels (il est appelé « homo œconomicus »). Ce n’est que plus tard que l’organisation sera décomposée pour analyser les interactions permettant sa performance.

Dans une approche classique, vers la fin du XIXe siècle, Frederick Taylor propose le concept d’organisation scientifique du travail tendant vers une « one best way ». Celle-ci repose sur la décomposition du travail en gestes élémentaires chronométrés et organisés rationnellement pour former une chaîne de production. Taylor désirait appliquer les principes généraux d’amélioration de la productivité par la division du travail à l’entreprise qu’Adam Smith avait soulignée (avant lui Platon au niveau de la société, c’est-à-dire l’amélioration de la performance par la spécialisation). Il partage aussi l’idée avec Henry Ford qu’une augmentation des rendements peut être obtenue en contrepartie de bons salaires.

Dans le cadre de l’approfondissement de la recherche sur les relations humaines pour l’organisation, des auteurs comme Elton Mayo, Kurt Lewin ou Abraham Maslow ont participé, dans les années 1960, à la prise en compte par l’économie de comportements contraires aux objectifs de productivité de l’école classique : absentéisme élevé, rotation importante du personnel, accidents du travail, etc.

À cette même époque, l’organisation va aussi être reconnue comme un système complexe, c’est-à-dire une démarche globale qui s’intéresse plus aux liaisons entre les différents éléments

constitutifs d’une entité qu’aux caractéristiques propres de chaque élément. Elle peut ainsi être reconnue comme un lieu de décision et un processus de prise de décision sensible à la rationalité limitée de ses agents.

Après ces divers courants de réflexion, et à la différence des écoles classiques, des auteurs réfléchissent aux prises de décisions satisfaisantes à des organisations spécifiques dans des contextes particuliers. Ainsi, l’organisation serait soumise à des facteurs de contingence, c’est- à-dire des caractéristiques évolutives qui influencent ses décisions et ses actions. Une vision évolutionniste (basée sur des routines expliquant la nature de l’organisation) a enfin vu le jour dans les années 1980.

Économie appliquée réduite à la classification du Journal of Economic Literature

L’économie appliquée peut être réduite à la classification du Journal of Economic Literature, afin de circonscrire l’analyse de sa mise en pratique. Celle-ci est la classification la plus reconnue en sciences économiques.

Économie appliquée à la firme

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Oliver Williamson qui a beaucoup travaillé sur les coûts de transaction et le rôle des organisations

La théorie de la firme cherche à répondre à quatre questions:

  1. Pourquoi des firmes émergent-elles, pourquoi toutes les transactions ne passent-elles pas par le marché ?
  2. Pourquoi la frontière entre la firme et le marché se situe-t-elle exactement là à un moment donné ? Quelles transactions sont réalisées en interne et lesquelles passent par le marché ?
  3. Pourquoi les firmes sont-elles structurées de telle façon et non de telle autre ? Quel jeu entre relations formelles et informelles ?
  4. Qu’est-ce qui explique les différentes actions de la firme et ses performances ?

La période de la Première Guerre mondiale voit l’économie ne plus se cantonner au modèle de concurrence pure et parfaite. Il devient de plus en plus clair qu’il ne constitue pas le cadre le plus adéquat pour comprendre le comportement des firmes. Le besoin d’une nouvelle théorie de la firme a été également souligné par les études empiriques d’Adolf Berle et Gardiner Means. Dans un livre qui a fait date, ils ont montré, au début des années 1930, que les grandes sociétés américaines n’étaient plus dirigées par les propriétaires du capital mais par des managers. Parallèlement, R.L. Hall et C.J. Hitch soutiennent que les cadres prennent plus généralement leurs décisions par la technique du « doigt mouillé » (par intuition du fait de leurs rationalités limitées qu’en se servant de l’approche marginaliste).

Pour Ronald Coase, mais aussi pour Oliver Williamson, la firme existe quand les coûts de coordination internes sont moins élevés que les coûts de transaction sur le marché, c’est-à- dire, par exemple, si pour produire un bien, il est moins cher d’engager des salariés et de les faire travailler que d’acheter le produit sur le marché.

Les économistes reconnaissent maintenant qu’il n’existe pas de distinction claire entre les relations intra-firmes et les relations inter-firmes, et que donc, il est utile de considérer les transactions survenant à l’intérieur de la firme comme représentant une relation contractuelle de marché. Les coûts engagés dans de telles transactions, qu’elles se situent à l’intérieur de la firme ou à l’extérieur, sont des coûts de transactions.

Pour Richardson, il existe des formes intermédiaires entre la firme et le marché, telle, par exemple, la coopération entre entreprises à travers des partenariats.

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Henri Fayol envisage toutes organisations par ses fonctions.

La question de savoir si la firme constitue le royaume de la direction bureaucratique protégée du marché ou si la firme est simplement une « fiction légale », un nœud de relations contractuelles entre les individus, comme l’avancent la théorie de l’agence ainsi que Jensen et Meckling, dépend « de la complétude des marchés et de la capacité des forces du marché à pénétrer les relations intra-firme ».

La gestion est alors la mise en pratique de ces théories économiques par l’utilisation de méthodes et d’indicateurs spécifiques aux différentes fonctions représentées dans l’organisation. Il existe d’étroites relations entre la théorie économique et sa gestion. La différence tient dans le caractère plus appliqué et plus explicitement normatif de la gestion.

Certains spécialistes des sciences de gestion réduisent l’objet de la gestion à l’entreprise, d’autres l’élargissent à toutes organisations humaines. Dans le sens de sciences et de techniques d’administration, la gestion s’est départementalisée en suivant le découpage en fonction dans les organisations (gestion commerciale : Commerce, gestion financière (analyse financière) : Finance, gestion de production : Production industrielle par exemple…).

L’entreprise (voir le portail des entreprises) est une unité économique autonome combinant divers facteurs de production, produisant pour la vente des biens et des services, et distribuant des revenus en contrepartie de l’utilisation des facteurs. En ce sens, les organisations à activité marchande telles que les banques, les exploitations agricoles, les coopératives, constituent des entreprises. En revanche, les unités à caractère non marchand, tel un ministère, ne peuvent pas être des entreprises. Il s’agit, dans ce cas d’espèce, d’une administration publique.

Il existe plusieurs formes d’entreprise et divers critères de classification. Du point de vue juridique, il est possible de distinguer les entreprises publiques et les entreprises privées.

Économie appliquée à la puissance publique

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Edmund Phelps qui a travaillé dans le domaine de l’économie politique et publique.

L’économie politique combine économie, lois et science politique pour expliquer comment les institutions politiques et légales, l’environnement politique et le système économique (capitaliste, socialiste et mixte) interagissent. Elle étudie des questions relatives aux monopoles, aux comportements de recherche de rente et aux externalités qui influencent la politique des gouvernements, par exemple. Pour le prix Nobel d’économie Edmund Phelps,

« L’économie politique est l’étude des structures alternatives de rémunérations entre lesquelles la société peut – et donc doit – choisir : comment les mécanismes d’un système donné, les impôts et les subventions, les obligations et les devoirs, etc., agissent-ils sur la nature des perspectives individuelles, et dans quelle mesure fonctionnent-ils bien ou mal »?

L’économie publique traite du secteur de production de biens publics et est souvent considérée comme la branche de l’économie dont l’objet est la fourniture des biens collectifs gratuits dont les coûts sont financés par les impôts et les emprunts publics. De manière plus large, l’économie publique intègre aussi la production de biens marchands par les entreprises publiques. Elle étudie ainsi les politiques que doit mener un État dans un but de développement économique et de bien-être de sa population, ainsi que les problématiques d’inégalités internes et de redistribution.

La finance publique est le champ de l’économie qui traite des revenus et des dépenses du secteur public. Elle procède à des analyses coût-bénéfices des programmes du gouvernement

ou de l’État, et de l’incidence des impôts et taxes sur l’efficacité économique et la distribution des revenus.

L’économie du bien-être est une branche normative de l’économie (c’est-à-dire qui cherche à déterminer ce qui, d’après elle, devrait être). Elle utilise à cet effet les outils de la microéconomie pour déterminer l’efficacité allocative et la distribution des revenus qui lui est associée. Elle veut mesurer le bien-être en examinant les activités des individus qui composent la société.

L’analyse économique du droit (Economic Analysis of Law ou Law and Economics selon

l’appellation américaine) est la discipline qui cherche à expliquer les phénomènes juridiques grâce aux méthodes et concepts de la science économique. Entre la théorie juridique et la science économique, l’analyse économique du droit emprunte à ces deux disciplines pour expliquer d’une nouvelle façon les phénomènes juridiques.

Des critiques ont été émises concernant l’intervention publique. Pour les économistes de la théorie des choix publics, les politiques et les fonctionnaires ne cherchent pas d’abord l’intérêt général mais leurs intérêts propres. Les premiers cherchent d’abord à être réélus et les seconds à améliorer notamment leurs revenus ou leurs pouvoirs.

La recherche de rente, quant à elle, insiste sur le fait que les individus et les organisations cherchent le profit davantage en essayant de gagner une rente à travers la création de réglementations qui leur sont favorables que par une activité créant réellement un surplus de richesse. La plupart des études sur la recherche de rente insistent sur les efforts faits par certains pour s’assurer des positions de monopoles.

Économie appliquée à un domaine particulier

Économie internationale

L’économie internationale est la branche des sciences économiques qui s’intéresse aux relations commerciales et économiques entre pays. Charles Kindleberger soulignait que « le seul fait que des nations souveraines existent entraîne des complications qui nous obligent à modifier nos instruments habituels d’analyse économique, si nous voulons les appliquer aux questions économiques internationales ». Paul Krugman au contraire estime que l’économie internationale recourt aux mêmes méthodes analytiques que les autres branches de l’économie. Toutefois, il insiste lui aussi sur le fait que « la matière de l’économie internationale porte sur les problèmes résultant des interactions entre États souverains ».

L’économie internationale traite d’abord des théories du commerce international : avantages comparatifs, modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson, les nouvelles théories du commerce international.

Puis, elle s’intéresse à la réalité, c’est-à-dire à ce que font réellement les États, c’est ce qu’on appelle les politiques commerciales. Dans son ouvrage cité précédemment, Charles Kindleberger, s’intéressait également à ce qu’il appelle l’économie politique des barrières commerciales, c’est-à-dire au jeu des groupes de pression et de ceux qui recherchent des rentes.

Autre point important de l’économie internationale : la monnaie vue sous l’angle du taux de change, de la balance des paiements et des prix relatifs. Puis viennent les problèmes de coordination au niveau international des politiques macro-économiques. Cette partie peut inclure les mouvements globaux de capitaux. Néanmoins, Kindleberger préférait les traiter à part dans ce qu’il appelait les mouvements des facteurs qui comprenaient, outre les flux financiers, les migrations de main d’œuvre.

Finance

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Salle de marchés à New York.

La finance désigne les méthodes et les institutions qui permettent aux entreprises et aux particuliers d’obtenir les capitaux nécessaires et aux épargnants de placer leurs capitaux. Les acteurs de la finance sont donc tous les agents économiques qui recherchent des capitaux ou qui souhaitent les placer.

La finance est devenue largement de nos jours un négoce d’instruments et de transfert d’anticipations de revenus et de risques dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d’institutions. Les risques, en particulier, peuvent être transférés à ceux qui sont disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d’un importateur est inverse de celui d’un exportateur, le risque de taux d’un prêteur est inverse de celui d’un emprunteur), la diversification des risques, etc.

La finance comprend plusieurs volets :

  • La finance d’entreprise : c’est-à-dire la gestion financière des entreprises, notamment de leurs investissements et de leurs financements. C’est le domaine d’activité du directeur financier.
  • La finance de marché : c’est-à-dire le fonctionnement des grands marchés sur lesquels il est possible d’investir, de se couvrir, ou d’utiliser des instruments financiers complexes, comme les options.

Économie du développement

L’économie du développement est une branche de l’économie qui applique des techniques modernes de l’analyse macroéconomique et microéconomique à l’étude des problèmes économiques, sociaux, environnementaux et institutionnels que rencontrent les pays dits en développement. Elle s’intéresse aux déterminants de la pauvreté et du sous-développement

ainsi qu’aux politiques à mettre en œuvre pour sortir les pays en développement de leur sous- développement.

L’origine de l’économie du développement moderne est liée à l’industrialisation de l’Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. Parmi les auteurs importants, on compte notamment Paul Rosenstein-Rodan, Kurt Mandelbaum, Ragnar Nurkse, et Sir Hans Wolfgang Singer. À partir de cette même période d’autres auteurs vont s’intéresser à de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine dont certains sont créés à la suite du mouvement de décolonisation. Au cœur de ces études, on trouve des auteurs comme Simon Kuznets et W. Arthur Lewis qui développent non seulement une stratégie de croissance économique mais aussi de changements structurels.

Cette phase pionnière qui reflète les préoccupations des années 1950 sera suivie à partir des années 1980 par une approche plus orientée vers le marché, préconisée alors par la Banque mondiale. Depuis la fin des années 1990, certains économistes du développement (notamment Michael Kremer et Esther Duflo) ont développé des outils permettant d’appréhender les effets des politiques économiques au niveau microéconomique et ont mis l’accent sur l’analyse d’expériences de terrain. Ils ont développé la théorie de la randomisation, de l’évaluation aléatoire et insistent sur l’importance des micro-projets dans les stratégies du développement. Pour certains, la randomisation aurait revitalisé la discipline de l’économie du développement de sorte que parfois, on parle d’économie du micro-développement. Toutefois, l’approche macroéconomique et institutionnaliste demeure dynamique avec des auteurs comme Daron Acemoglu, William Easterly, Douglass North ou Dani Rodrik.

Économie du travail

L’économie du travail analyse le fonctionnement du marché du travail défini comme le lieu de rencontre des travailleurs et des employeurs.

Dans le cadre d’une économie capitaliste, les « offreurs » de force de travail sont les travailleurs et les demandeurs sont les employeurs. L’économie du travail cherche à analyser la fixation des salaires, le taux d’emploi et le chômage, et permet de déterminer les meilleures politiques de l’emploi à mettre en place.

Il y a deux approches possibles pour étudier le marché du travail. L’économie du travail peut être analysée à l’aide des techniques microéconomiques ou macroéconomiques. Les techniques macroéconomiques s’intéressent aux interactions entre le marché du travail et les autres marchés (bien, monnaie, commerce international). Il s’agit de savoir comment ces interactions influencent les variables macroéconomiques telles que le niveau de chômage, le taux de participation au marché du travail, le revenu agrégé et le produit intérieur brut.

Depuis les années 1970, l’économie du travail s’est profondément renouvelée en lien avec la nouvelle microéconomie. Elle s’est orientée vers la prise en compte des imperfections informationnelles, de la concurrence imparfaite, et elle a intégré des éléments appartenant au courant hétérodoxe : étude du syndicalisme, segmentation des marchés. Elle a utilisé des théories plus récentes : la théorie des contrats implicites, la théorie du salaire d’efficience, la segmentation du marché du travail et la théorie des insiders-outsiders.

Économie de l’environnement

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Le développement durable est une nouvelle conception de l’intérêt public, appliquée à la croissance économique

La défaillance du marché est une notion centrale à l’économie de l’environnement. La défaillance du marché signifie que les marchés ne parviennent pas à allouer de manière efficiente les ressources. Il existe donc un écart entre ce qu’une personne privée est prête à payer sur le marché pour l’environnement et ce que la société peut investir. Les formes courantes de défaillance du marché incluent certaines externalités négatives ou la gratuité apparente du capital naturel et des services écologiques.

Une externalité est la conséquence de l’interdépendance des agents économiques qui échappe au système d’appréciation du marché, par exemple les pollutions engendrées par certains qui entraînent des dépenses diverses de protection chez ceux qui en sont victimes. Naît donc un besoin de réglementation du marché qui analyse les productions humaines selon divers critères comme la non-rivalité et le niveau d’excludabilité (comme les biens publics).

Le développement durable vise à instaurer des normes qui permettent de satisfaire les besoins humains tout en préservant l’environnement non seulement pour le présent mais également

pour le futur. Le terme a été utilisé par le rapport Brundtland qui lui a donné sa légitimité et sa signification de développement économique qui « satisfait les besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures ».

Économie de la culture

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Les frontières de l’économie de la culture sont floues. Où finit la sculpture et où commence le design ? Les logiques économiques des deux secteurs présentent de grandes similarités.

L’économie de la culture est une branche de l’économie s’intéressant aux aspects économiques de la création, de la distribution et de la consommation d’œuvres d’art. Longtemps cantonné aux beaux-arts, aux spectacles vivants et au patrimoine historique dans la tradition anglo- saxonne, son spectre s’est élargi depuis le début des années 1980 à l’étude des particularités des industries culturelles (cinéma, édition de livres ou de musique) ainsi qu’à l’économie des institutions culturelles (musées, bibliothèques, monuments historiques).

La délimitation de l’économie de la culture pose le même problème que la délimitation de la culture elle-même. Le cœur de l’économie de la culture, et historiquement son premier domaine, est donc l’étude des beaux-arts et des spectacles vivants (théâtre, opéra). Ces thèmes constituent encore une part importante des articles de recherche.

Toutefois, un fait saillant des XIXe et XXe siècles sont l’apparition de la culture de masse par le biais de biens à contenu culturel, mais produits selon des méthodes industrielles. La naissance de la grande industrie a eu des répercussions considérables sur les modes de pensée et d’action. L’apparition de l’objet de série, qui détrône la pièce unique autrefois sacralisée par l’art, va profondément modifier les comportements. Les économistes de la culture ont fait valoir la difficulté à faire des distinctions dans ce domaine, qui relèvent le plus souvent de jugements de valeurs subjectifs. Ils ont également mis en avant des spécificités dans la sélection des produits, leur fabrication et leur demande qui permettaient de différencier les biens culturels. Ainsi, ces derniers ont pour trait commun d’incorporer un élément créatif dans leurs caractéristiques essentielles. Cependant, cette caractérisation est trop large. L’importance croissante du design fait que pour certains produits pouvant difficilement être considérés comme culturels (vêtements, baladeurs numériques), la dimension de créativité fait l’essentiel de la valeur.

C’est pourquoi les économistes du champ ont adopté le concept d’industries de contenu pour désigner l’ensemble du secteur produisant des biens dont l’essentiel de la valeur tient à leur contenu symbolique plutôt qu’à leurs caractéristiques physiques. Ainsi, un livre est un bien

culturel, que le texte soit relié ou non, la couverture solide ou non, tandis qu’un baladeur numérique hors-service n’a plus de valeur malgré son design.

Économie de la considération

L’économie de la considération représente une nouvelle ère, qui révolutionne le rapport entre l’entreprise et son client, et plus largement entre l’entreprise et ses parties prenantes (internes/externes).

Le terme considération est emprunté au latin classique consideratio, qui signifie « examen attentif » par les yeux, par l’esprit, mais aussi l’égard, l’estime pour quelque chose ou

quelqu’un. Ainsi, l’économie de la considération traduit un mouvement de fond : le passage d’une économie dominée par l’offre à une économie basée sur la demande, des clients notamment.

Il faut dès lors repenser l’interaction avec le client pour l’inscrire dans la durée. Cela se traduit par l’établissement d’un rapport équitable entre l’entreprise et son client, en apportant plus d’attention à celui-ci et en reconnaissant ce qu’il apporte à l’entreprise, au-delà d’un aspect purement financier.

La considération induit ainsi un équilibre – certes fragile – des forces entre l’entreprise et son écosystème : l’environnement, le respect des normes et de l’Humain, mais aussi les fournisseurs, les salariés et les clients. Les relations avec les différents acteurs s’envisagent de façon pérenne, s’inscrivent dans la stratégie à long-terme de l’entreprise. Au-delà de l’environnement, un des enjeux majeurs consiste en la valorisation des fournisseurs, mais aussi des salariés, qui viendront directement impacter les clients par le principe de symétrie des attentions.

Économie appliquée à un secteur particulier

Le terme secteur économique regroupe deux définitions :

  • celle de multiples domaines d’activité économique, et pour laquelle chaque « secteur économique » regroupe des familles de produits assez proches pour être commercialisés ensemble (par exemple, le « secteur des petits produits électroménagers ») ;
  • celle de la répartition de l’ensemble de l’activité économique en trois grands secteurs économiques (primaire, secondaire, tertiaire).

En pratique, la production économique, à la suite de l’économiste écossais Colin Clark, peut être répartie entre plusieurs secteurs :

  • le secteur primaire concerne la collecte et l’exploitation directe de ressources naturelles (matériaux, énergie, agriculture, pêche) ;
  • le secteur secondaire concerne les industries de transformation (agissant sur les matières premières) ;
  • le secteur tertiaire regroupe les industries de services (essentiellement immatériels : assurances, intermédiation, formation, études et recherche, administration, services à la personne, sécurité, nettoyage, etc.)

Cette classification n’est pas rigide, l’agriculture par exemple ayant été à l’origine classée comme du secteur secondaire (le cultivateur transforme des graines en produits consommables), par opposition à la chasse et la simple cueillette.

De plus en plus, en outre, certains auteurs parlent d’un quatrième secteur, appelé quaternaire. Il y incluent en général les activités liées à la connaissance, comme la création, la recherche et développement, souvent l’enseignement, et parfois les administrations publiques.

Secteur primaire

L’économie agricole est la partie de l’économie ou de la science économique qui concerne l’agriculture. L’économie agricole est donc la direction économique qui gère les différents

aspects de l’agriculture et du milieu en général. Cette étude concernant l’utilisation optimale du sol s’avère être en corrélation avec les besoins humains. La croissance du surplus agricole est considérée par les économistes, soit comme la condition de base du développement économique, soit comme la conséquence de l’utilisation de techniques modernes industrielles, soit un moyen au même titre que l’industrie d’assurer le développement.

Secteur secondaire

L’organisation industrielle ou économie industrielle est le champ de l’économie qui étudie le comportement stratégique des entreprises et plus généralement des organisations en fonction des structures des marchés. L’étude de l’organisation industrielle ajoute au modèle de concurrence pure et parfaite des « frictions » du monde réel tels que : une information limitée, les coûts de transaction, les coûts nécessaires aux changements de prix, l’action du gouvernement (en France de l’État) et les barrières à l’entrée mises à l’arrivée de nouveaux concurrents. Peut-être le terme le plus approprié serai-ilt économie de concurrence imparfaite. L’émergence de l’organisation industrielle comme champ séparé doit beaucoup à Edward Chamberlin, Edward Mason et Joe Bain.

On distingue, en général, deux approches de l’organisation industrielle : la première est descriptive tandis que la seconde est fondée sur la théorie des prix et utilise la micro- économie pour expliquer le comportement des firmes en fonction des structures du marché.

Secteur tertiaire

L’économie de la santé est l’application de la science économique au domaine de la santé. Cette discipline a connu un fort essor à la suite du développement des dépenses de santé dans les pays développés et aux problèmes qu’elles posent aux comptes sociaux (comptes nationaux de la santé).

L’économie de l’éducation est une branche de l’économie qui traite de l’influence de l’éducation sur le développement économique des pays. La plupart des études économiques montrent que le niveau d’éducation a une influence positive sur le revenu :

  • au niveau individuel : plus un individu a un diplôme reconnu, plus la probabilité qu’il soit au chômage diminue, et plus le revenu moyen qu’il gagnera sera élevé.
  • au niveau collectif, des études (de l’OCDE par exemple) ont montré que l’efficacité du système éducatif (adéquation des formations aux besoins économiques, etc.) avait un effet positif sur le revenu par habitant, tout comme le nombre d’années d’éducation.

Ces effets se vérifient à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement, où les rendements de l’éducation sont encore plus importants.

Sciences économiques

Les sciences économiques (ou la science économique ou encore l’économie) sont une discipline des sciences humaines et sociales qui étudient de façon scientifique le fonctionnement de l’économie c’est-à-dire la description et l’analyse de la production, des échanges et de la consommation des biens et des services.

Traditionnellement, au sein de la discipline, on distingue deux branches qui se distinguent par leur objets d’étude et leurs méthodes : la macroéconomie et la microéconomie. La macroéconomie étudie les grands agrégats économiques (l’épargne, l’investissement, la consommation, la croissance économique), alors que la microéconomie étudie le comportement des agents économiques (individus, ménages, entreprises) et leurs interactions, notamment sur les marchés. Comme dans d’autres disciplines, la science économique se décline selon un spectre depuis la théorie économique, qui vise à construire un corpus de résultats fondamentaux et abstraits sur le fonctionnement de l’économie, jusqu’à l’économie appliquée, qui utilise les outils de la théorie économique et des disciplines connexes pour étudier des domaines précis comme le travail, la santé, l’immobilier, l’organisation industrielle ou encore l’éducation. La branche de l’économie consacrée plus spécifiquement à l’étude quantitative des modèles économiques est l’économétrie, qui a pris une grande place dans la discipline avec un usage important des méthodes statistiques. On estime en effet qu’en 2011, 80% des articles publiés dans les meilleurs revues en économie contiennent au moins un test empirique.

Science économique en perspective

Naissance de la science économique

Le terme d’économie provient du grec. Si Xénophon et Aristote ont chacun écrit un traité sur l’économie, néanmoins la pensée économique moderne se développe avec le mercantilisme au XVIIe siècle, les physiocrates au XVIIIe siècle. L’économie politique débute avec Adam Smith (fin du XVIIIe siècle), et surtout David Ricardo ou encore Jean-Baptiste Say (début XIXe siècle). C’est avec la révolution marginaliste à la fin du XIXe siècle que l’économie se constitue comme une discipline scientifique.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les sciences économiques se structurent comme une discipline académique avec la création de départements d’économie dans les universités, de revues académiques spécialisées et d’associations professionnelles. Par exemple aux États-Unis, le département d’économie de l’université Harvard est créé en 1897 et le département d’économie de l’université de Californie à Berkeley est créé en 1903. L’American Economic Association est créée en 1885, le Quarterly Journal of Economics en 1886, le Journal of Political Economy en 1892 et l’American Economic Review en 1911. Au Royaume-Uni, la British Economic Association, ancêtre de la Royal Economic Society est fondée en 1890, la revue The Economic Journal en 1891 et la London School of Economics en 1895.

Champs et approches de l’économie en termes de science

Au début du XIXe siècle, Henry Charles Carey conçoit l’économie comme une « science physique » en indiquant que les industries permettent une économie de travail par un surplus de biens, grâce à une meilleure utilisation de l’énergie, permettant de favoriser la créativité humaine, humain pour lequel les nouvelles découvertes sont le moteur réel de l’économie, ceci afin d’améliorer l’économie de travail des industries, tout ceci se cumulant. Cependant, la définition la plus courante des sciences économiques est due à l’économiste Lionel Robbins. Il définit l’économie comme « la science qui étudie l’allocation de biens rares à des fins alternatives ». La définition de Robbins s’étend à toutes les activités humaines, pas seulement aux opérations strictement économiques comme la production, l’échange, la consommation ou la redistribution. En cela, elle se différencie de celle donnée en 1836 par John Stuart Mill qui définissait l’économie « comme la science qui détermine les lois des phénomènes sociaux résultants des opérations combinés de l’humanité visant à la production de richesse pour autant que ces phénomènes ne soient pas modifiés par la poursuite d’un autre objet (Mill 1836, p.323) ».

Développement du champ de la science économique au vingtième siècle

Dans les années 1930, la science économique connaît deux grandes révolutions avec l’apparition de la macroéconomie et de l’économétrie.

Avec la publication de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), John Maynard Keynes crée le champ de la macroéconomie.

John Maynard Keynes est considéré comme le père fondateur de la macroéconomie.

Ragnar Frisch fonde la société d’économétrie en 1930 et la revue Econometrica en 1933.

Les années 1930 sont aussi marquées par le développement de l’économétrie. Ragnar Frisch crée la société d’économétrie en 1930 et la revue Econometrica en 1933. Le développement de l’économétrie conduit à un usage de plus en plus importants des statistiques dans la science économique. Les modèles économétriques peuvent aussi bien être utilisés pour calibrer un modèle économique existant que pour tester sa validité empirique.

Dans son ouvrage Foundations of Economic Analysis, Paul Samuelson a trouvé une structure mathématique commune à un grand nombre de modèles économiques.

Dans les années 1940 et 1950, les sciences économiques sont marquées par le développement des théories de la croissance économique avec le modèle de Harrod-Domar et surtout le modèle de Solow (Solow 1956), le développement des fondements de la théorie des jeux avec l’ouvrage fondateur de John von Neumann et Oskar Morgenstern (von Neumann et Morgenstern 1944) et les travaux de John Nash, et l’accomplissement des recherches sur l’équilibre général en concurrence parfaite avec les travaux de Kenneth Arrow et Gérard Debreu qui montrent les conditions d’existence et d’unicité de l’équilibre général imaginé par Léon Walras.

Dans les années 1960, les sciences économiques explorent de nouveaux sujets comme l’éducation, la criminalité ou encore la famille. Les travaux de Gary Becker sont emblématiques de cette tendance à utiliser la théorie économique pour analyser des sujets hors du domaine traditionnel de l’économie. En macroéconomie, les années 1960 sont marquées par les débats sur l’arbitrage inflation-chômage mis en évidence par la courbe de Phillips (Philipps 1958). La remise en cause de cette courbe avec le phénomène de stagflation conduit à formuler différentes hypothèses sur les anticipations des agents (anticipations adaptatives puis anticipations rationnelles).

Dans les années 1970 se développent les modèles économiques en information imparfaite comme le modèle de George Akerlof sur les asymétries d’information dans un marché (Akerlof 1970).

En macroéconomie, la fin des années 1980 et le début des années 1990 est marqué par un renouvellement des travaux sur la croissance économique autour de la notion de croissance endogène.

Les années 1990 et 2000 sont caractérisées par une part de plus en plus importantes de travaux empiriques dans la recherche en économie. Cette évolution est particulièrement vraie en économie du travail, en économie de l’éducation ou encore en économie du développement. Le développement de l’économétrie appliquée dans ces années là est notamment lié au développement d’un champ de recherche autour de l’inférence causale (voir notamment le modèle causal de Neymann-Rubin) et la diffusion de protocoles de recherche comme la méthode des variables instrumentales, la méthode des doubles différences ou encore la régression sur discontinuité. Les travaux de David Card sur l’effet de l’immigration sur le marché du travail (Card 1990) ou de David Card et Alan Krueger sur l’effet du salaire minimum sur l’emploi (Card et Krueger 1994) sont représentatifs de ce champ de recherche.

Fondements de l’analyse économique (science)

Rationalité et théorie de l’utilité

L’hypothèse de rationalité est importante en économie. Elle n’implique pas que les consommateurs sont raisonnables comme dans le sens courant, mais qu’ils essaient du mieux qu’ils peuvent d’atteindre leurs objectifs. Les consommateurs cherchent en effet à maximiser un jeu de préférences, à consommer de façon à maximiser leurs préférences. Dans cette optique, en 1938, Paul Samuelson a développé la théorie de la préférence révélée qui veut que si je choisis x au lieu de y, je révèle ma préférence pour x d’où l’on peut déduire que y est pour moi moins intéressant que X. Toutefois, cette hypothèse de rationalité a été relâchée ou modifiée avec l’émergence de l’économie comportementale, et plus anecdotiquement le développement des modèles de quasi-optimisation – dans lesquels les agents n’optimisent pas parfaitement.

Offre et demande et théories du consommateur et de l’entreprise

Quantité offerte et demandée en fonction du prix

L’offre et la demande sont deux éléments fondamentaux de la science économique. L’offre est l’ensemble des produits offerts par les entreprises, elle dépend des entreprises dont le comportement est formalisée par la théorie de l’entreprise. La demande est représentée par la théorie du choix du consommateur.

L’offre sur les marchés dépend à la fois des prix et de la technologie. Plus les prix sont hauts plus les entreprises offrent des biens. Le comportement des entreprises est formalisé par la théorie de la firme organisée autour de trois lois. La loi des rendements décroissants (si on augmente la quantité d’un des facteurs de production(a) en laissant les autres fixes alors la production ne sera plus une fonction croissante de (a). La loi des rendements d’échelle constant à proximité du point d’équilibre qui veut que l’augmentation ou la diminution des facteurs de production autour du point d’équilibre entraîne une variation équivalente de production. Enfin, La loi de maximisation des profits.

La demande sur les marchés dépend : (1) du prix de vente ; (2) du prix des produits de substitution (la demande de beurre dépend du prix de la margarine) ; (3) du produit des biens complémentaires (la demande de DVD dépend du prix des lecteurs de DVD) ; (4) des revenus et de la richesse des clients; (5) des goûts des consommateurs. La façon dont les clients vont effectuer leur choix est formalisée par la théorie du choix du consommateur qui repose sur trois postulats comportementaux ou lois : la rationalité des individus, la volonté de consommer le plus possible et le taux marginal de substitution.

Ce modèle repose implicitement sur les conditions de la concurrence pure et parfaite et d’autres modèles plus réalistes et sophistiqués ont été développés dans le cadre de l’organisation industrielle

Notion d’équilibre

La notion d’équilibre est traditionnellement centrale en économie. Elle suppose que les marchés s’équilibrent (clear en anglais) rapidement. La microéconomie s’intéresse principalement à l’équilibre sur un marché et raisonne donc en équilibre partiel. Au contraire la notion d’équilibre général suppose l’existence d’un équilibre sur tous les marchés. Selon Hausman, si la théorie de l’équilibre est au fondement même de la science économique, la théorie de l’équilibre général n’est qu’une application particulière de l’équilibre.

Il est possible de distinguer trois types de modèle d’équilibre général : les modèles limités à un nombre limité d’agent proches en intention des modèles d’équilibre partie ; les modèles basés sur une matrice entrée-sortie utilisés à des fins pratiques pour réaliser des prédictions et les modèles d’équilibre général abstraits. Concernant ce dernier cas, les économistes s’opposent. Si pour Gérard Debreu ces modèles permettent de donner des explications sur les prix, pour Kenneth Arrow et Frank Hahn ils n’ont aucun pouvoir explicatif. De même pour Mark Blaug et Rosenberg, ces modèles n’ont rien à voir avec la science empirique. Les états d’équilibre tels que définis par ces modèles ne se produisent jamais dans la réalité, sauf en tant qu’« états de repos » temporaires tels que définis par Ludwig von Mises.

Modèles, théories et lois

Modèles et théories

Le positivisme logique conçoit les théories scientifiques comme étant un ensemble de phrases exprimées dans un langage formel. Les difficultés rencontrés avec cette conception des théories (problème des traductions vues comme des reformulations, difficulté d’exprimer les théories en langage formel, et plus généralement une trop grande focalisation sur le langage) ont conduit des philosophes des sciences (Bas van Fraassen, Frederick Suppe à proposer une vue sémantique des théories dans les années 1970-1980 qui remet à la première place les choses, les objets et non les phrases. Pour Daniel Hausman les modèles en économie ressemblent aux idéaux-types de Max Weber, c’est-dire qu’elles servent à construire des hypothèses qui permettent de comprendre de façon pragmatique les caractéristiques d’un phénomène. Par rapport aux idéaux-types, les modèles sont d’abord un ensemble d’hypothèses. Par exemple les économistes estiment que la continuité, la complétude la transitivité des préférences ainsi que la maximisation de l’utilité constituent un modèle acceptable de ce qu’est la rationalité en économie. Pour Daniel Hausman comme dans les autres sciences, en économie les théories sont dévolues à l’exploration des modèles. En effet en science le travail théorique consiste d’abord à simplifier la réalité et pour se faire comme l’avançait Galilée à construire des modèles. De sorte construire des modèles irréalistes sont inévitables pour les théoriciens de l’économie.

Les économistes que Daniel Hausman appelle instrumentalistes c’est-à-dire ceux qui ne cherchent pas à découvrir des vérités théoriques mais seulement des outils pour prédire et contrôler les phénomènes sont très attirés par les modèles car cela leur évite de juger, de discuter du caractère universel des lois. Pour Hausman en faisant cela ils se soustraient pour partie à l’exigence scientifique qui enjoint à la recherche de la généralité.

Modèles (tableau traduit à partir de (Hausman 1992, p.77))théories
1. Définitions de prédicats, de concepts, ou de systèmesEnsemble d’assertions ressemblant à des lois
2. Trivialement vrai ou ni vrai ni fauxvrai ou faux
3. But : exploration conceptuelleBut : exprimer des vues sur ce que devrait être le monde
4. Peut-être évalué mathématiquement ou conceptuellement, mais n’est pas testablePeut être évalué empiriquement, testable
5.Consiste en un ensemble hypothèsesConsiste en un ensemble d’affirmations

Grands traits de l’économie en tant que science

Essays on economics and society, 1967.

Pour John Stuart Mill, l’économie pour être une science « ne peut être un recueil de règles pratiques », elle doit établir des lois que le praticien utilisera avec art. Il note à ce propos « L’Économie Politique, par elle-même, ne dit pas comment rendre une nation riche ; mais toute personne qualifiée pour juger du moyen de rendre une nation riche doit d’abord être économiste politique ». Il en ressort que la science économie concerne les domaines où des facteurs causaux économiques sont à l’œuvre et prédominent sur les autres facteurs. Les lois des facteurs causaux prédominants sont largement connus. Pour John Stuart Mill et Lionel Robbins ces facteurs sont fondamentalement mentaux. Pour Mills il s’agit du fait que les individus préfèrent un plus grand gain qu’un petit, et pour Lionel Robbins, il s’agit de la capacité des individus à classer leurs préférences. Enfin les théories économiques et les modèles fournissent un cadre unifié, complet même si inexact du champ économique. la théorie de l’équilibre général permet d’unifier lois propres à certains sous-domaines économiques. Le but de la théorie économique est de remonter des phénomènes économiques aux causes économiques fondamentales sans se préoccuper de ce qui relève des autres sciences. Pour John Stuart Mill la science en économie « décrit les lois des phénomènes de société qui se produisent du fait des opérations conjointes de l’humanité pour la production de richesses, en tant que ces phénomènes ne sont pas modifiés par la recherche d’un autre objet ».

Science économique comme science de l’esprit et de la matière chez Mill

John Stuart Mill distingue les sciences physiques des sciences morales. Les premières traitent uniquement des lois de la matière tandis que les autres s’occupent à la fois des lois de la matière et de l’esprit. Il note à ce propos « la plupart des sciences morales présupposent la science physique; mais rares sont les sciences physiques qui présupposent une science morale ». Pour lui l’économie politique ne s’étend pas comme chez Jean-Baptiste Say à tous les aspects « de la nature humaine en tant qu’elle influence la conduite ou la condition de l’homme dans la société » mais se limite à « l’homme en tant qu’être animé du désir de posséder la richesse, et capable de juger de l’efficacité comparée des moyens visant à atteindre cette fin ». Globalement, pour John Stuart Mill, la science de l’économie politique est une science des tendances, ou des lois inexactes, qui n’est vraie que dans l’abstrait. Dans le concret il faut tenir compte comme en physique des frottements et de ce qu’il appelle les « causes perturbatrices ».

Notion de lois en économie

L’inexactitude des lois peut être analysée de quatre façons différentes : 1) lois sont inexactes parce que approximatives; les lois sont inexactes parce que découlant de probabilité ou des statistiques, elles indiquent seulement ce qui se passerait en l’absence d’interférences et 4) Les lois sont inexactes parce qu’elles recourent à la clause toutes choses égales par ailleurs. Si John Stuart Mill insiste dans son ouvrage sur l’inexactitude liée aux méthodes d’investigation et aux interférences, Daniel Hausman et John Neville Keynes insistent au contraire, sur le caractère inexact lié à la clause toute chose égale par ailleurs.

Méthodes

Méthode hypothético-déductive

William Nassau Senior (1790-1864) Le premier professeur d’économie dans une université anglaise (Oxford 1825).

Cette méthode a dominé jusqu’aux années 1940. Elle a été utilisée par David Ricardo et explicitement formulée par John Stuart Mill en 1836 et 1843 et Nassau Senior en 1836. Elle comporte quatre étapes : 1) formuler une hypothèse, 2) en déduire une prédiction, 3) tester la prédiction, 4) évaluer l’hypothèse en fonction de la pertinence de la prédiction. Selon Mill, les hypothèses de base de l’économie sont constituées par des introspections psychologiques (les individus veulent plus de richesses) soit sur des hypothèses que l’on peut vérifier empiriquement (la loi des rendements décroissants). Pour lui, la science économique est davantage destinée à vérifier les hypothèses de base que de tester la précision des prédictions qui dépend de multiples causes. Pour Mill donc, l’économie est une science inexacte qui ne peut dégager que des tendances et qui doit se confronter aux tests empiriques de façon à progresser.

Cette méthode sera reprise par J. E. Cairns en 1875 et par John Neville Keynes en 1891. Si les néo-classiques de tradition autrichienne ou Walrassienne sont d’abord focalisés sur la prise de décision individuelle et sur les effets micro-économiques de court terme, néanmoins, ils adoptent eux aussi la méthode hypothético-déductive comme le montrent les écrits de Frank Knight (1935 et 1940), de Ludwig Von Mises (1949, 1978, 1981) et de Lionel Robbins (1935).

Méthode déductive ou a priori de John Stuart Mill

Pour John Stuart Mill, non seulement « la méthode à priori est un mode légitime d’investigation philosophique dans les sciences morales » mais « elle en est le mode unique ». Pour Daniel Hausman la méthode à priori ou inductive comporte trois phases : l’observation des faits, des phénomènes ; la déduction de lois et enfin la vérification des lois en examinant leur pouvoir prédictif. Il ne s’agit pas ici de vérifier la véracité des lois mais leur pouvoir prédictif.

Révolution méthodologique des années 1930 à 1950

Le livre de Terence Hutchison intitulé The Significance and Basic Postulates of Economic Theory est le premier à critiquer la théorie économique du point de vue de l’empirisme logique. Il reproche à la théorie économique de ne pas avoir de contenu testable. À sa suite, Paul Samuelson va développer une approche qualifiée d’« opérationaliste » par Daniel Hausman visant à donner une place importante au comportement des individus mais qui entre en conflit avec une volonté d’avoir une théorie économique. Fritz Machlup accuse Hutchinson et Samuelson de vouloir directement atteindre les postulats de la théorie économique au lieu de se focaliser sur leur conséquences observables. Friedman dans son livre The Methodology of Positive Economics, l’ouvrage le plus influent de la période insiste sur le fait que la science et la théorie ont exclusivement un but prédictif. Aussi l’important pour juger d’une théorie ne réside pas dans le caractère réaliste ou non des hypothèses mais dans la capacité de la théorie à prédire ce qui va se passer.

Méthodes statistiques

L’usage des modèles statistiques en économie s’est développé avec la création de la Société d’économétrie en 1930 et de la revue Econometrica en 1933. Depuis lors, l’économétrie n’a cessé de se développer et de prendre une importance croissante au sein de la science économique. Aujourd’hui, l’on distingue l’économétrie théorique de l’économétrie appliquée. L’économétrie théorique se focalise essentiellement sur deux questions, l’identification et l’estimation statistique. Tandis que l’économétrie appliquée utilise les méthodes économétriques pour comprendre des domaines de l’économie comme l’analyse du marché du travail, l’économie de l’éducation ou encore tester la pertinence empirique des modèles de croissance.

Méthodes expérimentales

Daniel Kahneman a diffusé en économie la méthode des expériences de laboratoire et remis en cause les hypothèses standards de la théorie de la décision rationnelle.

Depuis les travaux des psychologues Amos Tversky et Daniel Kahneman et de Vernon Smith, les expériences de laboratoire sont devenues une méthode à part entière en sciences économiques pour valider empiriquement la pertinence des théories économiques. Ainsi, les travaux expérimentaux en théorie de la décision ont montré que les agents ne se comportaient pas selon la théorie de l’utilité espérée (théorie développée par John von Neumann et Oskar Morgenstern dans Theory of Games and Economic Behavior). La théorie des perspectives, développée par Amos Tversky et Daniel Kahneman (Kahneman et Tversky 1979), est plus conforme aux résultats expérimentaux.

Parallèlement aux expériences de laboratoires, les économistes développent également des expériences de terrain à grande échelle pour tester des théories économiques ou encore évaluer l’effet de politiques publiques. Ces méthodes se sont largement développées depuis les années 1990. En économie du développement par exemple, les économistes Esther Duflo et Abhijit Banerjee ont largement diffusé l’usage de ces méthodes, notamment à travers la création d’un institut voué à ces méthodes, le Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab.

Méthode historique

Article détaillé : Histoire économique.

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Liens avec d’autres disciplines

Liens avec la sociologie

Articles détaillés : Impérialisme économique (économie) et Sociologie économique.

Gary Becker a appliqué les méthodes de la théorie économique à la compréhension de phénomènes sociaux comme l’éducation (Becker 1964), les discriminations (Becker 1957), la famille (Becker 1981), l’addiction ou encore la criminalité.

Depuis les travaux de Gary Becker sur la famille (Becker 1981), la criminalité (Becker 1957) ou l’éducation (Becker 1964), les sciences économiques ont tendance à explorer des sujets d’ordinaire réservés à la sociologie. On désigne par impérialisme économique cette tendance des sciences économiques à analyser des sujets traditionnellement du domaine de la sociologie.

À l’inverse, la sociologie économique analyse l’économie avec les outils et les théories sociologiques. Ainsi les travaux de Mark Granovetter ont montré l’importance des réseaux sur le marché du travail (ce que les économistes avaient ignoré jusque-là). De même, les travaux de sociologie des marchés montrent le caractère socialement construits des marchés à l’opposé de la vision naturaliste des économistes.

Liens avec la psychologie

Articles détaillés : Psychologie économique et Économie comportementale.

Les travaux pionniers de Daniel Kahneman et Amos Tversky sur la théorie de la décision en univers risqué (Kahneman Tversky) ont donné lieu à un domaine de recherche qui relève à la fois de la psychologie et de l’économie.

Liens avec les sciences politiques

Les sciences économiques sont héritières de l’économie politique et leur statut de « sciences » est souvent critiqué. Considérant notamment que l’économie politique d’Adam Smith s’inscrit dans la lignée de l’arithémétique politique du siècle précédent, des économistes comme François Fourquet n’hésitent pas à considérer une telle discipline comme forme réflexive et théorique de la politique économique. Par ailleurs, il est assez notable que la théorie d’Adam Smith elle-même inclut l’action étatique, l’économie politique étant définie comme branche de savoir du législateur.

Liens avec les neurosciences

Article détaillé : Neuroéconomie.

Dans la lignée des travaux en économie comportementale, la neuroéconomie utilise les méthodes des neurosciences cognitives pour comprendre la manière dont les agents prennent leurs décision.

Liens avec la physique

Article détaillé : Éconophysique.

L’éconophysique est une discipline qui utilise des modèles de physique statistique pour étudier des phénomènes économiques.

Science économique et science exacte

Tests empiriques des faits économiques et leurs limites

Selon Quiquerez, « le test empirique n’est certainement pas, en économie, le juge de paix que certains présupposent ». À cela trois grandes raisons. Tout d’abord toutes les propositions n’ont pas une portée empirique. Par exemple les modèles ne sont ni vrais ni faux et ont surtout pour but d’expliquer le monde réel. Ce n’est que lorsqu’ils servent de base à des préconisations de politique économique qu’ils se trouvent confrontés au réel. Par ailleurs, « toutes les propositions explicitement empiriques de l’économie ne sont pas testables ». C’est notamment les propositions métaphysiques tel l’existence d’un équilibre de long terme, ou des hypothèses concernant la stationnarité ou la normalité des variables. Enfin les résultats des tests sont ambigus et ne permettent pas de départager deux théories opposées. Ce point est d’autant plus sensible que Dehem-Quine, ont montré que l’on ne pouvait tester que des systèmes théoriques.

Enfin la notion de faits économiques est elle-même très différentes des faits de la matière sur laquelle travaille la physique car d’une part, les faits économiques sont fondamentalement complexes, historiques (liés à une période) ; culturels voire institutionnels car liés au contexte social et juridique ; sensibles à la façon dont on les perçoit.

Reproductibilité et réplication en économie

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D’après une étude publiée dans la revue Science en 2016, 40 % des expériences en économie échouent à être reproduites.

Épistémologie de l’économie

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Sciences économiques et société

Rôle politique des sciences économiques

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Les économistes sont amenés à intervenir dans le débat public ou à conseiller les gouvernements pour faire des recommandations de politique économique. Aux États-Unis, le Council of Economic Advisers a été créé en 1946 pour conseiller le président des États-Unis. En France, le Conseil d’analyse économique a été créé en 1997.

Les économistes peuvent aussi jouer un rôle dans l’évaluation des politiques publiques.

Courants de pensées en économie politique et sciences économiques

Courant marxiste

Article détaillé : Économie marxiste.

XIXe siècle. B. Friot, G. Duménil, D. Lévy, M. Husson, C. Durand, F. Boccara.

Cette économie part d’une analyse critique du système capitaliste. Selon elle, le capitalisme correspond à des rapports sociaux de dominations entre le facteur travail et le facteur capital. C’est une économie hiérarchisée [Quoi ?]. Ses concepts sont : le mode de production – la théorie de la valeur (la valeur d’un bien et d’un service dépend de la quantité de travail nécessaire pour la production de ce bien ou service mais le salaire ne représente pas en réalité la valeur du bien ou du service) – la formation de la plus-value puis du profit – la théorie de l’exploitation – la baisse tendancielle du taux de profit.

Pour eux il n’y a aucun progrès social avec les classiques malgré les progrès techniques[réf. nécessaire]. Les détenteurs de capitaux détiennent un pouvoir sur la production et donc sur les salariés. Ces économistes contestent la propriété privée lucrative des moyens de production et pensent que la maîtrise de la production devrait revenir directement aux salariés eux-mêmes ou en propriété d’état de manière transitoire selon les courants.

Courant keynésien et post keynésien

Article détaillé : Keynésianisme.

XX et XXIe siècle. T. Piketty, M. Lavoie, D. Lang, L. Hoang-Ngoc et B. Tinel.

Cette économie est un circuit économique. Ses concepts sont la macro économie et l’intervention de l’état. Les keynésiens estiment que l’approche classique et néoclassique ne permettent pas de comprendre le fonctionnement économique. Keynes : « L’économie n’est pas un marché où s’échange des biens et services contre d’autres biens et services mais un circuit irrigué par un bien particulier qui est la monnaie ». L’économie est un service qui est irrigué par la monnaie (valeur monétaire).

Courant libéral

Courant classique

Article détaillé : École classique.

XVII, XVIIIe siècle. A. Smith, D. Ricardo, J.B. Say, R. Malthus.

Cette économie est une économie dite de grand marché. Ses concepts sont, division du travail et spécialisation A. Smith, la loi des débouchés (J.B. Say = toute offre de production créer sa propre demande), le principe de la main invisible (implique que tous les échanges économiques se fait par le marché, conciliation entre intérêt personnel et général), le libéralisme économique (libre entreprise, tout le monde peut créer son entreprise, l’état a une fonction régalienne). Pour les classiques ou libéraux, l’économie est toujours en équilibre grâce à la fluctuation des prix.

Courant néo classiques

Article détaillé : École néoclassique.

XIX, XX et XXIe siècle. L. Walras, A. Marshall, F. Hayek, M. Friedman.

Ses concepts sont, analyse microéconomique (comportement du producteur ou du consommateur), équilibre général (tous les marchés sont interconnectés), utilité marginale (utilisé pour la prise de décision, d’acceptation de commande, etc.) profit maximum (optimum économique) => coût marginal = recette marginale.

Critiques

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Article connexe : Crise de la reproductibilité.

Contestation de la scientificité de l’économie

De nombreux auteurs, comme Bernard Guerrien ou Daniel Duet contestent la prétention de l’économie orthodoxe à être considérée comme une science. Ces auteurs mettent notamment en cause l’irréalisme des hypothèses du paradigme standard en économie (la transitivité des préférences, le comportement de l’homo oeconomicus, hypothèse de concurrence parfaite, etc). Selon ces auteurs, les hypothèses n’ont pas fait l’objet de vérifications empiriques. L’appellation économie politique en filiation d’avec les autres sciences sociales est aujourd’hui revendiquée en opposition d’une scientificité de l’économie proche des sciences naturelles.

Prix et distinctions en économie

Comme dans les autres disciplines scientifiques, la science économique récompense les travaux révolutionnaires ou les meilleurs économistes. Cette tradition de récompenser l’excellence a depuis pris de l’ampleur. Ainsi, au travers le monde, il existe des prix par pays (le cas de médaille John-Bates-Clark pour les Etats-unis d’Amérique, Prix du meilleur jeune économiste de France pour la France, Prix Nakahara pour le Japon, etc.), pour la promotion du genre (le Prix Elaine-Bennett pour la recherche), par région ou continent (le cas Prix Yrjö-Jahnsson pour le continent européen, par exemple), pour un domaine spécifique (le cas de Prix Fischer-Black la finance, le cas de Prix IZA de l’économie du travail pour l’économie du travail, par exemple), etc.

Depuis 1969, la Banque de Suède décerne annuellement le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel communément appelé prix Nobel d’économie. Il est le prix le plus prestigieux de la discipline. Après ce prix, la médaille John-Bates-Clark est la récompense la plus prestigieuse en économie. D’ailleurs, une proportion importante de lauréats décrochent le « Nobel » par la suite.

Place des femmes en économie

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Joan Robinson (1903-1983) est une des rares femmes économistes du courant du XXe siècle. Elle est une figure importante de l’école de Cambridge et du keynésianisme.

Seules deux femmes ont reçu le prix Nobel d’économie : Elinor Ostrom en 2009 et Esther Duflo en 2019, et quatre la médaille John-Bates-Clark : Susan Athey en 2007, Esther Duflo en 2010, Emi Nakamura en 2019 et Melissa Dell en 2020.

Économie (discipline)

L’économie (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d’un foyer ») est une discipline qui étudie l’économie en tant qu’activité humaine, qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et de services.

Une discipline désigne une branche du savoir développée par une communauté de spécialistes adhérant aux mêmes pratiques de recherche.

On parle ainsi de discipline scientifique ou de discipline littéraire. Un certain nombre de disciplines sont entre les deux genresN 1.

En sciences, les membres d’une discipline forment une communauté scientifique et adhèrent aux mêmes critères de démarcation assujettis à la réfutabilité.

Bien (économie)

Un bien est une chose utilisable pour combler un besoin fondamental ou un désir. Entendu le plus souvent comme étant une chose concrète et physiquement tangible, il se différencie du service qui par opposition est dit « intangible ». Cependant, en microéconomie, la notion de bien peut recouvrir les deux notions de bien et de service.

Un bien peut faire l’objet d’un usage ou d’une appropriation par un individu ou une collectivité. Les modalités de cet usage ou de cette appropriation sont régies par le droit.

Service (économie)

En économie, un service est une prestation qui consiste en « la mise à disposition d’une capacité technique ou intellectuelle »1 ou en « la fourniture d’un travail directement utile pour l’usager, sans transformation de matière »1. Les services correspondent au secteur tertiaire.

Fournir un service correspond à une production économique de nature particulière puisqu’elle ne consiste pas en la fourniture d’un bien tangible à un client. De plus, les services — étant consommés dans le même temps nécessaire pour les produire — sont considérés comme n’étant pas « stockables ».

Bien (économie)

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Un bien est une chose utilisable pour combler un besoin fondamental ou un désir. Entendu le plus souvent comme étant une chose concrète et physiquement tangible, il se différencie du service qui par opposition est dit « intangible ». Cependant, en microéconomie, la notion de bien peut recouvrir les deux notions de bien et de service.

Un bien peut faire l’objet d’un usage ou d’une appropriation par un individu ou une collectivité. Les modalités de cet usage ou de cette appropriation sont régies par le droit.

La notion de Bien dans son acception économique

Une première différenciation entre les biens que nous venons d’évoquer concerne la démarche économique qui cherche à les analyser.

Les biens en comptabilité

Généralités

Historiquement, c’est la comptabilité qui développe un modèle (très rudimentaire à l’origine) pour l’enregistrement des biens matériels que les hommes possèdent. L’idée est toujours celle de la mesure de la richesse d’un individu à partir de la diversité et de la quantité des objets qu’il possède. La gestion des biens acquis et vendus sous un compte appelé « stock » montre que le substrat matériel est nécessaire. En fait, c’est la démarche comptable qui ne cherche pas à décrire fidèlement les biens présents dans l’économie : la quête de la valeur ajoutée n’a nullement besoin d’une autre distinction. Elle a toutefois le mérite de séparer clairement les biens facteurs de production d’une entreprise (ou input en anglais) de ses biens produits (ou output en anglais).

Comptabilité nationale

La comptabilité nationale, née seulement au milieu du XXe siècle, a une vision dualiste des biens économiques: les tableaux économiques séparent les produits de l’économie en biens, qui sont matériels, et en services, qui sont immatériels. Cette distinction a là encore un but comptable : la séparation bien/service s’adapte avec les trois secteurs de l’économie : primaire et secondaire d’une part, tertiaire d’autre part. On comprend que l’on veuille savoir au sein d’une système économique d’où provient la majorité de la valeur ajoutée constituante du PIB.

Cette distinction, intuitive et souvent vue comme ultime, n’est en réalité pas retenue en économie appliquée.

Les biens en microéconomie

La microéconomie regorge des définitions pour savoir ce qu’est un bien. Nous essaierons simplement de synthétiser les différents apports.

Du besoin économique au bien de consommation

L’existence d’un bien économique répond toujours à un besoin d’un ou de plusieurs individus de l’économie. Dans ce cadre, on nomme l’individu consommateur ou son groupe ménage : l’assouvissement de ces besoins est procuré par la consommation d’un bien appelé simplement bien de consommation. Ce type de bien s’oppose à bien de production, utilisé dans un processus de fabrication (voir ci-dessous), mais la distinction est parfois absconse (un composant électronique diffère selon qu’il est vendu à un consommateur ou à une entreprise d’électroménager, par exemple une ampoule LED). Le bien de consommation est souvent en quantité abondante ou au moins supérieure à 1. Dans le cas contraire, on parle de bien non reproductible (ex : une œuvre d’art).

Il est également convenu que chaque bien économique constitue un marché propre, c’est-à-dire qu’il existe une demande et une offre pour ce bien équilibrée par un prix strictement supérieur à 0. Les biens économiques s’opposent en ce sens aux biens libres, que l’on trouve gratuitement et en abondance (comme le soleil, l’air, l’eau dans certaines régions). En réalité les biens libres ne répondent pas aux forces du marché car ils sont naturellement en équilibre (le soleil et la lune nous éclairent tour à tour sans contrainte). Mais un jour ils peuvent devenir biens de consommation et répondre à la logique d’un marché, à titre d’exemple pessimiste, l’air s’il devient trop pollué.

Les deux dernières distinctions sont hors du champ d’analyse standard.

Théorie du consommateur

Article détaillé : Théorie du consommateur (microéconomie).

Un bien de consommation étant défini, la théorie conduit à la formulation par le consommateur d’une demande positive1 et non nulle pour ce bien : il s’agit de la quantité désirée pour un prix donné. On suppose que les biens sont divisibles c’est-à-dire que leurs quantités décrivent l’ensemble des nombres continus (ensemble R {\displaystyle \mathbb {R} } ) et pas seulement les entiers naturels (ensemble N {\displaystyle \mathbb {N} } ). Cela peut parfois poser problème car tous les biens ne sont pas divisibles (on ne peut pas avoir 1,56 automobile), mais pour simplifier, on étend le domaine de définition des quantités sur l’ensemble continu que l’on ramène après l’avoir étudié à un ensemble discret.

On dit qu’un bien est typique si, quand le prix du bien augmente, le consommateur en demande une quantité moindre. On dit que le bien est a-typique si, quand le prix du bien augmente, le consommateur en demande une plus grande quantité (ex : un bien de luxe, tel un parfum ou une montre en or).

On dit qu’un bien est normal si, à prix constant, quand les revenus du consommateur augmentent, il désire acheter plus de ce bien. On dit que le bien est inférieur si, quand les revenus augmentent, le consommateur veut en acheter moins.

Le consommateur ne se contente pas d’un seul bien: supposons qu’il en existe au moins un deuxième. Les deux biens que nous désignons par bien 1 et bien 2 peuvent avoir une certaine substituabilité c’est-à-dire que leurs quantités sont liées pour ce consommateur. Si quand le prix du bien 2 augmente, le consommateur réduit sa demande en bien 1, on dit que les biens sont des bien complémentaire. Si quand le prix du bien 2 augmente, le consommateur augmente sa demande en bien 1, on dit que les biens sont des biens substituable.

Ces six appellations n’ont qu’une portée didactique, la réalité est tout autre et combine des effets variés (effet revenu, effet substitution, effet King, effet Giffen, effet Veblen). Le calcul précis des élasticités permet de détailler ces phénomènes.

Théorie du producteur

Article détaillé : Théorie néoclassique du producteur.

La théorie du consommateur ne précise pas vraiment d’où proviennent les biens de consommations: soit ils sont déjà présents dans l’économie soit ils sont produits par une firme.

Le schéma de la firme est assez simple, elle utilise des facteurs (ou inputs) qui sont souvent résumés par le seul travail2, mais qui peuvent aussi être d’autres biens de production. On appelle capital toute machine ou instrument utilisé dans le processus de production et qui n’est pas détruit. On appelle bien consomptible un bien qui au cours du processus de production est entièrement détruit (ex : l’essence utilisée pour faire tourner une machine). La production du bien final par l’entreprise (dite output) est alors représentée par une fonction de production, combinaison d’au moins un de ces trois facteurs : Q = f ( L , K , F ) {\displaystyle Q=f(L,K,F)} où Q est le bien produit, L le travail (pour labour en anglais), K le capital et F le bien fongible.

Typologie de Samuelson à Ostrom

Dans un premier temps, à partir de Paul Samuelson, puis Musgrave et Buchanan, est proposée une classification théorique très simple des biens économiques, en comparant deux principes.

  • Le principe de rivalité : plusieurs agents économiques ne peuvent pas utiliser simultanément le même bien (il est alors rival).
  • Le principe d’exclusion : l’usage du bien par un agent économique peut toujours être empêché (il est alors exclusif ou excluable).

En combinant ces deux principes on obtient deux dénominations élémentaires :

ExclusifNon-exclusif
RivalBien privatif purBien collectif impur
Non-rivalBien privatif impurBien collectif pur

Mais la microéconomie a développé de nombreuses théories concernant ces biens et elle a plus volontiers recours à une dénomination simplifiée, par abus de langage :

ExclusifNon-exclusif
RivalBien privéBien commun
Non-rivalBien clubBien public

Puis Elinor Ostrom et Vincent Ostrom [1977] puis E.Ostrom [2005] ont fait évoluer ces typologies :

  1. il ne s’agit plus de « biens » mais de « ressources » (car tous n’ont pas vocation à être vendus/achetés, c’est d’abord une valeur d’usage ou sociale qui importe) ;
  2. il ne s’agit plus de critères binaires, mais de gradients (au lieu d’un critère « exclusivité/non-exclusivité », une plus ou moins grande difficulté à exclure quelqu’un de l’accès à une ressource) ;
  3. le critère de « rivalité » devient celui de « soustractibilité » (subtractibility) car l’enjeu n’est pas de gagner une compétition mais le fait que plusieurs personnes ne puissent utiliser conjointement la ressource même si elles le désirent.
Forte excluabilitéFaible excluabilité
Forte soustractabilitébiens privés (private goods)système de ressources communes (CPR: common-pool resources)
Faible soustractabilitéBiens de club (toll/club goods)biens publics (public goods)

Les biens en macroéconomie

L’essence même de la macroéconomie est l’agrégation. Elle synthétise alors tous les biens existants comme un seul et unique bien fictif et recourt rarement à la distinction de la comptabilité nationale. Par constructions successives, on peut tout à fait affiner un modèle macroéconomique et introduire n groupes de biens jusqu’à retomber sur la précision microéconomique.

Modèle IS-LM

Par définition, le modèle IS-LM décrit une économie fermée, c’est-à-dire n’échangeant pas avec le reste du monde. Il existe dans cette économie un stock initial de biens économiques appelé capital initial et noté K 0 {\displaystyle K_{0}} . Hérité du passé, ce capital est directement utilisé par les entreprises (souvent agrégées en une firme monopolistique) où combiné au travail des salariés noté N {\displaystyle N} il permet de produire une quantité Y {\displaystyle Y} de biens économiques. Il s’agit de la transformation standard par la fonction de production de l’économie qui s’écrit : Y = g ( K 0 , N ) {\displaystyle Y=g(K_{0},N)} . Comme le capital initial est donné, il ne varie pas. La relation précédente peut être résumée par: Y = f ( N ) {\displaystyle Y=f(N)} .

Le bien produit qui constitue l’offre est alors vendu sur son marché face à une demande tripartite :

  1. Les ménages de l’économie veulent consommer une quantité C {\displaystyle C} de ce bien qui est donc un bien de consommation.
  2. Le gouvernement achète pour l’optimalité de l’économie une quantité G {\displaystyle G} de ce bien qui est aussi un bien public.
  3. Les entreprises veulent elles aussi réutiliser une partie pour la production future. Elles en demandent une quantité I {\displaystyle I} , le bien est donc aussi un bien d’investissement.

Il s’agit de la démonstration intuitive de l’équation définissant la courbe IS représentative du marché des biens : Y = C + I + G {\displaystyle Y=C+I+G} . Comme il s’agit d’un marché unique le bien est vendu au même prix pour tous noté P {\displaystyle P} . Cet argument n’est pas dénué de sens. Pour un pays européen, ce prix peut par exemple être l’IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé). Pour les États-Unis, on peut penser au PPI (Producer Price Index (en)) qui remonte jusqu’en 189.

Le modèle contient aussi trois autres biens tout à fait singuliers qu’il convient de mentionner :

  • La monnaie est un second bien, offert par la banque centrale (donc le gouvernement) et destiné aux ménages et aux entreprises: elle permet la simplification des échanges dans la mesure où les biens ont des natures diverses. Il est vrai qu’ici il s’agit d’un paradoxe, car pour le bien unique tel qu’il est défini, échanger des quantités ne poserait pas vraiment de problèmes, mais l’agrégation des biens ne correspond qu’à une image et la monnaie reste un bien économique particulier. Dans la mesure où la monnaie devient une unité de compte, son prix est posé égal à 1 et son offre est rigide.
  • Le titre financier est un troisième bien qui est souvent synthétisé par une obligation courte négociée sur son marché au prix R {\displaystyle R} appelé taux d’intérêt (rate of interest en anglais). Une somme d’argent (de monnaie) S placée aujourd’hui rapportera (1+R)S euros à la période suivante. Dans le modèle, les ménages arbitrent entre détenir de la monnaie non rémunérée et détenir ce titre (épargner) ce qui influe sur les variables économiques. On peut tout à fait introduire d’autres titres financiers comme les actions.
  • Le travail enfin est un bien qui se négocie sur un marché au prix W {\displaystyle W} (le salaire, wage en anglais). Comme pour la monnaie, l’offre de travail est considérée comme rigide : c’est le nombre maximum de travailleurs de l’économie.

, est le traitement de ses utilités relatives, c’est-à-dire la consommation de ressources rares ou non, qui lui permettent de maintenir son existence et son projet, dans un environnement déterminé et en évolution ; ceci entraîne la production de « déchets » divers qui sont autant de ressources pour d’autres éléments-systèmes de cet environnement.

La question de l’équilibre de ce système et celle de son environnement sont donc vitales et complexes, donc jamais garanties. Ainsi, l’économie devient l’étude des économies réelles, celle des systèmes existants, dont principalement les êtres humains et leurs diverses formes de société.

La question de la rareté intervient alors comme facteur de problème dans de nombreux cas, mais pas toujours.

Notes et références

  1. En gestion, on parle parfois de demande négative. Il s’agit d’un bien répondant à un besoin pour lequel un consommateur exprime de l’aversion (ex : les pompes funèbres).
  2. Le travail est considéré comme un bien économique radicalement différent des autres. Pour l’employeur, le bien-travail se négocie sur un marché à un salaire d’équilibre. Pour l’employé le bien travail n’en est pas vraiment un, on a recours à son opposé, à savoir le loisir. Le salaire représente alors le « prix » du loisir.

Service (économie)

Le continuum service-produit :
Éducation
Ménage domestique
Travaux de plomberie
Restaurant
Costume sur mesure
Automobile
Radio
Boissons sans alcool
Sel

En économie, un service est une prestation qui consiste en « la mise à disposition d’une capacité technique ou intellectuelle »1 ou en « la fourniture d’un travail directement utile pour l’usager, sans transformation de matière »1. Les services correspondent au secteur tertiaire.

Fournir un service correspond à une production économique de nature particulière puisqu’elle ne consiste pas en la fourniture d’un bien tangible à un client. De plus, les services — étant consommés dans le même temps nécessaire pour les produire — sont considérés comme n’étant pas « stockables ».

Classification de Christopher Lovelock

Christopher Lovelock distingue quatre grandes catégories de service (ou de prestation ou de servuction). Il les différencie d’une part par la nature de la prestation : l’action concrète, tangible celle d’un kinésithérapeute ou d’un coiffeur qui fait physiquement quelque chose ou bien l’action psychologique, intellectuelle, immatérielle, d’un professeur, d’un psychothérapeute ou d’un expert-comptable ; et d’autre part, par l’objet du service, ce sur quoi il porte : des personnes (leur corps ou leurs esprit) ou des choses (tangibles ou intangibles comme les chiffres). Cela donne une matrice à quatre composantes :

  • les services concrets rendus aux personnes : les coiffeurs, les transports de personnes, les soins médicaux et chirurgicaux, etc. ;
  • les services concrets portant sur des choses : le transport de fret, le nettoyage à sec, la réparation automobile, le dépannage domestique ou professionnel (ascenseur, etc.) ;
  • les services abstraits s’adressant à l’intelligence ou au sens : enseignement, divertissement ;
  • les services portant sur des entités intangibles, numériques : compte bancaire, crédit, assurances.

La gestion de la production des services

La production de services est devenue l’activité de production principale des économies développées. Elle est caractérisée par une gestion particulière de la production, celle-ci étant immatérielle, donc non stockable et réunissant simultanément consommation et production. Cela implique généralement une participation du client à la production. Les particularités de l’analyse de la valeur, le caractère précaire de l’innovation dans les services, le découpage classique de la production en front office (en interaction avec le client) et back office (en l’absence du client) demandent des méthodes et des outils différents de la production industrielle.

Le concept de servuction

Article détaillé : Servuction.

Le marketing des services

Article détaillé : Marketing des services.

Le marketing mix des services

Article détaillé : Marketing mix.

Champ d’activité

Article détaillé : Secteur tertiaire.

La part des services (représentée grosso modo — pour les raisons évoquées ci-dessus — par le secteur tertiaire) augmente tant en chiffre d’affaires qu’en effectif employé dans la production, la consommation finale et la consommation intermédiaire (voir théorie du déversement énoncée par Alfred Sauvy).

Typologie des services

Services non marchands et services marchands

On distingue les services marchands, qui sont facilement procurables sur le marché, et les services non marchands, dont l’obtention s’opère dans des cadres et selon des règles plus spécifiques.

Services non marchands

Article détaillé : Services non marchands.

Les prestations de ces services ne sont pas fournies contre rémunération (régime de la gratuité totale ou du paiement d’une contribution symbolique, ou par intervention d’un tiers payant) :

  • justice ;
  • maintien de l’ordre public (forces de l’ordre) ;
  • défense nationale ;
  • éducation publique et enseignement supérieur ;
  • santé publique ;
  • services sociaux et organismes caritatifs.

Services marchands

Article détaillé : Biens et services marchands.

La prestation de ces services est obtenue moyennant un prix, généralement fixé librement par le marché :

  • Écoles et organismes de formation privés ;
  • services financiers, de banque ou d’assurances ;
  • conseil ou services informatiques ;
  • télécommunications ;
  • transports et logistique ;
  • prestations d’études ou de recherches appliquées.

Services publics et services privés

Un service public est « une activité d’intérêt général, assurée sous le contrôle de la Puissance publique par un organisme public ou privé bénéficiant de prérogatives lui permettant d’en assurer les obligations (notamment en matière de continuité et d’égalité) et relevant de ce fait en tout ou partie d’un régime de droit administratif (mission dite de service public) »1.

Toute autre activité de service – qui ne relève pas de l’exception définie par la catégorie précédente – doit être considérée comme une activité de nature privée. En France s’applique le principe constitutionnel de la liberté du commerce et de l’industrie.

Services publics

Article détaillé : Service public.

Les services publics sont les activités jugées utiles par et pour la collectivité et qui sont assurées dans un cadre particulier. Ce qui signifie qu’elles peuvent être exercées même lorsque les critères de simple rentabilité financière devraient conduire à leur abandon1. Ils comprennent :

  • les services publics administratifs (SPA) comme la perception des impôts ;
  • les services publics sociaux comme le service des allocations familiales ;
  • les publics industriels ou commerciaux (SPIC) comme la distribution du gaz ;
  • les services publics professionnels comme l’Ordre des Médecins (qui assure la réglementation et la discipline de la profession médicale).

Services privés

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Importance de ce secteur économique

Dans les pays développés les plus tertiarisés (on parle parfois d’« économie post-industrielle »), comme en France, les services représentent jusqu’à plus de 75 % de la production nationale (mesurée par le PIB)[réf. nécessaire] et sont devenus leur principal moteur de croissance économique.

Cette évolution peut toutefois être légèrement relativisée par le fait que les entreprises industrielles externalisent une partie de leur processus de production en faisant appel à des prestataires qui sont classés dans les entreprises de services mais qui participent à la production industrielle.

Les services génèrent en outre une grande partie du capital immatériel des entreprises.

Services et développement durable

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Enjeux de développement durable

L’économie des services comporte des enjeux considérables de développement durable2.

Les services sont-ils immatériels ?

Selon Jean Gadrey, « pour construire une économie écologique des services, il faut d’abord s’intéresser aux bilans écologiques complets de ces activités. Il apparaît alors que l’immatérialité parfois supposée des services est un mythe »3. Selon le même auteur, l’activité de services comporte des externalités environnementales importantes qui auraient besoin d’être internalisées.

Un exemple d’enjeu dans le secteur des services est constitué par la dématérialisation, qui se fait quelquefois dans un objectif de développement durable. La dématérialisation permettrait ainsi d’économiser du papier, voire de passer au « zéro papier ». Dans les projets de dématérialisation, on utilise massivement des services. Mais établir le bilan global d’une dématérialisation n’est pas aisé ! La dématérialisation agit sur les flux de gestion entre partenaires, pas sur la qualité environnementale des biens vendus.

Enjeux environnementaux

Les enjeux environnementaux concernent la pression environnementale et la contribution des services à l’émission de gaz à effet de serre.

  • Une étude de l’IFEN montre que la pression environnementale directe et indirecte des services n’est pas négligeable4.
  • Jean-Marc Jancovici souligne également la contribution des services dans les émissions de gaz à effet de serre5 à travers ce qu’il appelle les émissions intermédiaires.

Certains services sont émetteurs directs (transports, logistique), d’autres sont émetteurs indirects de gaz à effet de serre.

Enjeux sociaux

Les enjeux sociaux sont également importants :

  • emploi ;
  • formation ;
  • santé et sécurité au travail (stress…) ;
  • salaire ;
  • lutte contre la discrimination.

Relations entre les entreprises de services et leurs parties prenantes

Une partie des services est constituée par les sociétés de conseil et les sociétés informatiques qui fournissent des prestations de service aux entreprises de l’industrie (ou d’autres entreprises de services).

Dans les faits, une très faible partie de l’activité des sociétés de conseil s’est orientée vers du conseil en développement durable. Pour les entreprises qui font du conseil en développement durable, encore faut-il que ce concept ne soit pas déformé (voir limites et dérives du concept de développement durable) et que l’entreprise cliente considère le développement durable comme stratégique. La recherche du profit à court terme éclipse trop souvent les questions de fond.

Pour les SSII, la durabilité est souvent vue exclusivement sous l’angle du recyclage des équipements informatiques, pas sous l’angle de la gestion. Certes, la durée de vie des matériels et des matériels et logiciels est très courte en informatique. Par ailleurs, il existe de gros problèmes de compatibilité et d’interopérabilité entre systèmes.

Les enjeux du développement durable sont porteurs de nouveaux modèles économiques, or les sociétés de conseil et les sociétés informatiques n’ont pas réellement revu leur modèle d’entreprise en fonction de ces enjeux. Selon Jean-Louis Lequeux6, alors que le business model « classique » se vit à deux (l’acheteur, le vendeur), les modèles durables et éthiques se conjuguent à trois. Dans un cas comme l’autre, les deux parties reconnaissent à la fois l’existence, ou plutôt le droit à l’existence et le droit au respect, d’une troisième partie :

  • notre planète Terre pour le « durable » ;
  • les hommes, le tissu social et les économies locales pour « l’éthique ».

Le business model doit donc tenir compte des attentes des parties prenantes.

Microéconomie

La microéconomie (ou micro-économie) est la branche de l’économie qui modélise le comportement des agents économiques (consommateurs, ménages, entreprises, etc) et leurs interactions notamment sur les marchés.

À l’inverse de la microéconomie, la macroéconomie modélise les relations existantes entre les grands agrégats économiques, le revenu national, l’investissement, la consommation, le taux de chômage, l’inflation, etc.

La microéconomie théorique est un ensemble de concepts, de modèles et de résultats abstraits sur le comportement de ces agents économiques.

La microéconomie appliquée utilise les concepts de la microéconomie théorique pour comprendre le fonctionnement de différents domaines comme le marché du travail, la famille, l’environnement ou encore la criminalité.

La méthodologie de la microéconomie repose sur la modélisation économique mais aussi sur la méthode expérimentale et sur des méthodes statistiques pour valider et calibrer les modèles économiques.

Plusieurs approches alternatives à la théorie microéconomique standard se sont développées comme la nouvelle économie institutionnelle, l’économie comportementale, la théorie du déséquilibre ou encore l’économie des conventions.

Définitions

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La microéconomie explore des hypothèses sur le comportement des agents et les interactions entre ces agents, notamment sur les marchés. L’agent économique peut être un individu mais aussi un groupe d’individus (un ménage, une entreprise, etc.)1.

Microéconomie théorique

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Paul Samuelson est considéré avec John Hicks comme un des pères de la microéconomie actuelle2.

Agents économiques

Articles détaillés : Théorie de la décision et Théorie du consommateur (microéconomie).

La microéconomie standard (ou néo-classique) modélise le comportement des agents économiques comme un comportement rationnel.

Le théorème de Debreu (en) définit les conditions dans lesquelles les préférences peuvent être représentées par une fonction d’utilité3.

Comportement du producteur

Article détaillé : Théorie néoclassique du producteur.

La microéconomie standard modélise le producteur comme un comportement de maximisation de la fonction de profit. Le profit est défini comme la valeur de la production à laquelle on soustrait les coûts (généralement le coût du travail et le coût du capital).

Marché

Article détaillé : Marché (économie).

Le marché est le lieu de rencontre réel ou fictif entre l’offre et la demande.

Structure du marché

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Il existe différentes structures de marché. Dans un marché en concurrence parfaite, aucun agent n’a un pouvoir de marché assez élevé pour fixer les prix. On dit alors que les agents sont preneur de prix (price taker). A l’inverse, dans un marché en concurrence imparfaite (monopole, duopole, oligopole, monopsone, duopsone, oligopsone ou encore concurrence monopolistique), les agents n’ont pas tous le même pouvoir de marché et certains sont en mesure « faire les prix ». On dit alors qu’ils sont faiseur de prix (price maker).

Équilibre du marché

Articles détaillés : Offre et demande, équilibre général et équilibre partiel.

Gérard Debreu (1921-2004) a obtenu le prix Nobel d’économie en 1983 pour avoir démontré qu’en concurrence pure et parfaite, il existe un unique équilibre entre l’offre et la demande4.

La théorie de l’équilibre général étudie les conditions d’existence et d’unicité d’un équilibre général sur l’ensemble des marchés.

La théorie de l’équilibre partiel étudie les conditions d’existence et d’une unicité d’un équilibre sur un marché particulier. L’hypothèse sous-jacente est alors que l’équilibre sur ce marché ne dépend pas de ce qui se passe sur les autres marchés.

Optimum économique

Articles détaillés : Optimum de Pareto et Théorèmes du bien-être. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Vilfredo Pareto a défini la notion d’optimum de Pareto dans son Manuel d’économie politique (Pareto 1909).

Une allocation de ressources est optimale au sens de Pareto (ou efficace au sens de Pareto) s’il n’existe pas d’autre allocation réalisable dans laquelle la situation de chaque agent serait au moins aussi bonne et la situation d’un agent strictement meilleure5.

Les deux théorèmes de l’économie du bien-être établissent à quelles conditions l’équilibre de marché est un optimum de Pareto et à quelles conditions l’optimum de Pareto peut être obtenu par un équilibre de marché.

Le premier théorème de l’économie du bien-être énonce que tout équilibre général en concurrence parfaite est un optimum de Pareto.

Le second théorème énonce que tout optimum de Pareto peut être obtenu comme équilibre walrasien après réallocation des dotations initiales.

Externalités

Article détaillé : Externalité. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Arthur Cecil Pigou a théorisé la notion d’externalité et conceptualisé la notion de taxe pigouvienne pour remédier aux défaillances de marché (Pigou 1932).

L’existence d’externalités, c’est-à-dire d’un effet externe lié à l’activité d’un agent économique non pris compte par le marché, constitue un cas de défaillance du marché. Dans cette situation en effet, l’équilibre de marché n’est pas optimal.

En 1960, Ronald Coase a remis en cause l’analyse d’Arthur Pigou en montrant qu’en l’absence de coût de transaction, il est possible d’internaliser les externalités de marché (Coase 1960)6.

Asymétries d’information

Articles détaillés : Économie de l’information, Aléa moral, Antisélection, Asymétrie d’information et Théorie de l’agence.

George Akerlof a reçu le prix Nobel d’économie en 2001 pour ses travaux sur la modélisation des asymétries d’informations, notamment avec son article The Market for Lemons (1970).

La concurrence parfaite suppose une information parfaite. Dans les années 1960 et 1970, la microéconomie a développé une modélisation des asymétries d’information autour de deux notions clés, la notion de sélection adverse (ou antisélection) et la notion d’aléa moral.

L’article de George Akerlof, The Market for Lemons (1970), propose une modélisation d’un marché dans lequel les acheteurs n’ont pas l’information sur la qualité des produits vendus en prenant l’exemple du marché des voitures d’occasion et montre le phénomène de sélection adverse.

Théorie des contrats

Article détaillé : Théorie des contrats.

La théorie des contrats conçoit les organisations, ou les institutions comme les familles ou les entreprises, comme des ensembles de contrats (des nœuds de contrats dans le jargon économique). Une entreprise est, par exemple, un nœud composé de contrats de travail, liant l’entreprise à ses salariés, de contrats la liant à ses clients et à ses fournisseurs, de contrats d’engagements bancaires et financiers, de contrats légaux la liant à son État ou ville de résidence en matières fiscale et réglementaire. Les marchés sont un autre cas particulier de tels nœuds de contrats, ici des contrats d’échange. Les États, au sens des organisations politiques gérant des espaces géographiques déterminés, sont un autre exemple de nœud contractuel, les Constitutions (ou les Chartes) se présentant comme des contrats généraux liant ces organisations aux peuples qu’ils gouvernent[réf. souhaitée].

Le développement de cette théorie a entraîné un approfondissement de la théorie de la négociation. En effet, son propos est non seulement d’expliquer comment et pourquoi se forment des contrats entre les agents, mais aussi les raisons pour lesquelles ils les remettent, ou pas, en cause au cours du temps. Toutes ces approches mobilisent largement pour ce faire les outils de la théorie des jeux, non coopératifs ou coopératifs, en information incomplète ou imparfaite[réf. souhaitée].

Théorie du choix social

Article détaillé : théorie du choix social.

Kenneth Arrow a contribué à la théorie microéconomique grâce à la théorie des préférences révélées, ses travaux avec Gérard Debreu sur les conditions d’existence et d’unicité d’un équilibre général et sa contribution à la théorie du choix social grâce à son théorème d’impossibilité (Arrow 1951).

La théorie du choix social étudie la manière dont les préférences individuelles peuvent être agrégées pour prendre des décisions collectives. Cette théorie remonte aux travaux de Nicolas de Condorcet sur le vote et notamment au paradoxe de Condorcet.

Le théorème d’impossibilité d’Arrow, formulé par Kenneth Arrow en 1951, constitue le fondement de la théorie moderne du choix social (Arrow 1951).

Microéconomie appliquée

Gary Becker a appliqué la microéconomie pour comprendre les phénomènes de discrimination sur le marché du travail (Becker 1971), les choix d’éducation en développant la notion de capital humain (Becker 1993), la criminalité mais aussi la famille avec l’analyse du choix du conjoint et des décisions de fertilité (Traité sur la famille, 1981). Il a reçu le prix Nobel d’économie en 1992 pour sa contribution à la théorie économique7.

Marché du travail

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Articles détaillés : Marché du travail et économie du travail.

La notion de capital humain introduite par Theodore Schultz et Gary Becker à la fin des années 1950 et au début des années 1960 a permis d’affiner l’analyse du marché du travail et de comprendre le lien avec l’éducation (Becker 1993)7.

La théorie de la recherche d’emploi permet de comprendre les déséquilibres sur le marché du travail et la persistance d’un chômage frictionnel.

Éducation

Article détaillé : économie de l’éducation.

La théorie du capital humain montre le lien entre l’éducation et la productivité des agents sur le marché du travail (Becker 1993)7.

Empiriquement, l’équation de Mincer permet d’estimer les rendements privés de l’éducation sur le marché du travail en contrôlant des effets de l’expérience8.

Organisation industrielle

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Articles détaillés : Organisation industrielle et économie industrielle.

Environnement

Article détaillé : Économie de l’environnement. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Famille

Article détaillé : Économie de la famille. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

L’économie de la famille analyse aussi bien la formation des couples (choix du conjoint), les décisions de fertilité, les choix d’éducation des enfants et les processus de décision au sein des ménages.

Concernant la fertilité, l’analyse de Gary Becker montre que, contrairement à ce que croyait Thomas Malthus qui supposait que la fertilité croissait avec le niveau de vie, les décisions de fertilité dans les pays modernes prennent en compte le coût d’opportunité de s’occuper de l’enfant et l’importance de l’investissement dans l’éducation de l’enfant7.

Droit et criminalité

Article détaillé : analyse économique du droit. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

L’analyse économique du droit tente de construire une théorie microéconomique néoclassique de la législation.

Politique et démocratie

Duncan Black et Anthony Downs ont été les pionniers pour analyser la politique et la démocratie en utilisant l’analyse microéconomique.

Le théorème de l’électeur médian montre que pour des préférences unidimensionnelles, le résultat préféré de l’électeur médian est vainqueur de Condorcet de l’élection. Ceci conduit Anthony Downs à considérer que des partis qui choisissent leur programme de manière à maximiser leur probabilité d’être élu (parti downsien), proposent comme programme le programme préféré de l’électeur médian9.

Anthony Downs a appliqué la théorie du choix rationnel à la décision de l’électeur d’aller voter. Il souligne qu’étant donné que la probabilité que le vote d’un électeur soit pivot (ie fasse basculer l’élection), l’espérance de gain ou l’espérance d’utilité liée au fait d’aller voter est quasi nulle et donc probablement inférieure au coût du vote. C’est ce qu’il appelle le paradoxe du vote ou paradoxe de la participation9.

Méthodologie

Modélisation

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La modélisation microéconomique standard (ou néo-classique) repose sur les paradigmes de l’individualisme méthodologique et la théorie du choix rationnel10.

Elle suppose ainsi que les agents économiques sont censés disposer de capacités cognitives et d’informations suffisantes pour pouvoir, d’une part, construire des critères de choix entre différentes actions possibles et identifier les contraintes pesant sur ces choix, contraintes tant « internes » (leurs capacités technologiques s’il s’agit d’entreprises, par exemple), qu’« externes » (c’est-à-dire résultant de leur environnement économique), et, d’autre part, maximiser leur satisfaction sous contraintes. C’est le paradigme de l’Homo œconomicus11.

Méthode expérimentale

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Article détaillé : Économie expérimentale.

Vernon L. Smith a développé une méthode expérimentale appliquée à la microéconomie. Il a reçu le prix Nobel d’économie en 2002.

Vernon L. Smith a appliqué la méthode expérimentale à l’économie en développant des expériences de marché.

Les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky ont appliqué la méthode expérimentale pour analyser les préférences et les décisions des individus.

Méthodes statistiques

Articles détaillés : économétrie et microéconométrie. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

La microéconométrie est l’analyse de données individuelles sur le comportement économique des individus, des entreprises ou des ménages. La microéconométrie permet soit de tester des modèles microéconomiques, soit d’estimer statistiquement les paramètres de ces modèles.

Critiques

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Critique de l’abstraction et du manque de réalisme de la microéconomie

Dans son ouvrage L’Imposture économique, Steve Keen critique le fait que les économistes essaient de modéliser l’économie en faisant comme si elle se comportait comme des marchés en concurrence parfaite alors que selon lui aucun marché réel n’a jamais approché cette abstraction. Steve Keen remet en doute la loi de la demande en soulignant que si les économistes parviennent à formuler un comportement cohérent pour un seul agent, ils n’arrivent pas à analyser le comportement d’un ensemble d’individus faisant société.

En France, Bernard Guerrien mène une critique fondamentale de la microéconomie classique en dénonçant des modèles abstraits et non pertinents.

Critique du rôle de la microéconomie dans l’enseignement de l’économie

En France, au début des années 2000, le mouvement Autisme en économie a critiqué l’importance accordée à la microéconomie dans l’enseignement de l’économie à l’université au détriment d’autres approches comme l’histoire de la pensée économique.

Approches alternatives

Historiquement, le développement de la microéconomie s’inscrit dans le programme de recherche de l’école néoclassique, d’où une certaine confusion entre les idées de cette école et la microéconomie. Il existe néanmoins de nombreuses recherches en microéconomie qui se situent en dehors du courant néoclassique : approches institutionnalistes (Oliver Williamson, Nelson et Winter), en économie des organisations (courant conventionnaliste, André Orléan, Olivier Favereau) ou en économie cognitive (Herbert Simon)[réf. nécessaire].

Approche institutionnaliste

Article détaillé : Nouvelle économie institutionnelle. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Approche évolutionniste

Article détaillé : Économie évolutionniste.

En microéconomie, l’approche évolutionniste se caractérise par la prise en compte des effets dynamiques à deux niveaux: Au niveau des agents individuels l’accent est mis sur les processus d’apprentissage comportementaux, et au niveau des marchés l’accent est mis sur les effets d’interaction entre agents menant ou non à l’émergence d’un phénomène observable. Les auteurs représentatifs de ce courant sont Alan Kirman, Jean-François Laslier, Jacques Lesourne, André Orléan, Bernard Walliser.

Les déterminant des comportements individuels sont essentiellement l’adaptation et l’imitation. Un phénomène observable collectif peut être par exemple un équilibre à prix unique sur un marché simple.

L’approche évolutionniste de la microéconomie touche donc d’un côté à l’économie comportementale et de l’autre aux théories de l’auto-organisation telles que la théorie de jeux évolutionniste, la dynamique des populations, voire la physique statistique.

Théorie du déséquilibre

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ? Article détaillé : Théorie du déséquilibre.

La théorie du déséquilibre est une tentative de refonder la microéconomie autour de la notion de déséquilibre. Elle a notamment été développée par Edmond Malinvaud.

Approche comportementaliste

Articles détaillés : économie comportementale et psychologie économique. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Le psychologue Daniel Kahneman a joué avec son co-auteur Amos Tversky un rôle important dans le développement des méthodes expérimentales et d’une approche comportementale de la microéconomie. Il a reçu le prix Nobel d’économie en 2002 avec Vernon Smith.

À l’opposé de l’approche hypothético-déductive de la microéconomie néo-classique, l’approche comportementaliste s’appuie sur des résultats expérimentaux pour construire de manière inductive une théorie du comportement des agents économiques.

Cette approche s’est notamment développée dans la lignée des travaux des psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky qui, à la suite de leurs travaux expérimentaux montrant que les hypothèses de la théorie de l’utilité espérée n’étaient pas vérifiées empiriquement, ont développé la théorie des perspectives (Kahneman et Tversky 1979).

Une importante littérature s’est intéressée aux problèmes de cohérence temporelle dans la théorie de la décision intertemporelle en mettant en avant des problèmes de contrôle de soi.

Approche conventionnaliste

Article détaillé : économie des conventions.

Liens avec d’autres disciplines

Liens avec la sociologie économique

Les travaux de sociologie économique sur les marchés ont mis en avant le fait que les marchés sont des constructions sociales. Par exemple, l’étude de Marie-France Garia-Parpet sur le marché aux fraises en Sologne montre que le marché n’est pas « naturel » mais socialement construit et met en avant le rôle des économistes eux-mêmes dans la construction de ce marché parfait.

Revues spécialisées

  • American Economic Journal: Microeconomics

Notes et références

Notes

  1. L’ouvrage de Steve Keen Debunking Economics, paru en anglais en 2001, a été traduit en français en 2014 sous le titre L’Imposture économique.
  2. L’ouvrage de Steve Keen critique l’ensemble de la science économique mais de nombreux aspects concernent la microéconomie.

Macroéconomie

Modélisation des relations macroéconomiques entre agrégats dans une économie.

La macroéconomie est l’approche théorique qui étudie l’économie à travers les relations existantes entre les grands agrégats économiques, le revenu, l’investissement, la consommation, le taux de chômage, l’inflation, etc.

La macroéconomie constitue l’outil essentiel d’analyse des politiques économiques des États ou des organisations internationales. Il s’agit d’expliquer les mécanismes par lesquels sont produites les richesses à travers le cycle de la production, de la consommation, et de la répartition des revenus au niveau national ou international.

Définition et objets d’analyse

Selon Frédéric Poulon, la macroéconomie est avant-tout une représentation hiérarchisée de l’économie, articulée entre les agents via des flux. En considérant d’emblée les relations entre les grands agrégats de l’économie, la macroéconomie cherche à expliciter ces relations et à prédire leur évolution face à une modification des conditions, qu’il s’agisse d’un choc pétrolier (augmentation de prix du pétrole) ou d’une politique économique délibérée. Contrairement à la microéconomie, qui favorise les raisonnements en équilibre partiel, la macroéconomie se place toujours dans une perspective d’équilibre général, ce qui l’amène à accorder plus d’attention au bouclage des modèles et à la dynamique de création et de maintien d’institutions essentielles, comme les marchés, la monnaie.

Partie de relations très simples, à l’image du modèle IS/LM reliant le marché des capitaux et celui de la monnaie ou de la courbe de Phillips reliant inflation et chômage, la macroéconomie a évolué vers la construction de modèles économiques complexes incluant à la fois des relations supposées entre variables et des relations comptables servant à définir les agrégats. Très utilisés pour analyser et prévoir les résultats des politiques économiques, ces vastes modèles (les plus frustes comportent une dizaine d’équations, les plus complexes dépassent les 1 500) sont à l’heure actuelle employés par la plupart des gouvernements, institutions statistiques (comme l’INSEE), organisations internationales (OCDE) et certains acteurs privés voulant disposer de leurs propres prévisions quant à la conjoncture.

Histoire de la macroéconomie

Avant Keynes

Selon les penseurs grecs, l’économie désigne l’art de bien administrer sa maison. La microéconomie est donc historiquement la première forme qu’a pris l’économie. Il faut attendre le XVIIIe siècle, et surtout, avec le courant physiocrate pour avoir une première vision macroéconomique, c’est-à-dire, une représentation hiérarchisée de l’économie via des flux entre agents. Cette représentation se trouve dans l’ouvrage de François Quesnay, Tableau économique. Quesnay, médecin de la famille royale, avait pour ambition de représenter l’économie sur les bases de la circulation du sang. Toutefois, les considérations philosophiques des physiocrates et les évènements historiques ont rapidement rendu son Tableau économique obsolète.

Karl Marx, un siècle plus tard, proposera une représentation schématique de l’économie industrielle de son époque. Parallèlement, les fondateurs de l’école néoclassique ont utilisé la théorie marginaliste, pour agréger les comportements des agents économiques, c’est-à-dire les consommateurs et les producteurs. Cette microéconomie agrégée, approche souvent à la base de certaines théories macroéconomiques, est à la base de la théorie de l’équilibre général de Léon Walras, et complété par Kenneth Arrow et Gérard Debreu. Cette vision de l’économie ne peut toutefois pas se confondre avec la macroéconomie, étant donné qu’elle ne se base que sur des comportements individuels, et n’analyse pas l’économie dans son ensemble.

Keynes et l’émergence de la macroéconomie

La distinction systématique, pour autant qu’elle puisse vraiment se faire, entre microéconomie et macroéconomie n’émerge cependant vraiment qu’au cours des années Trente autour des travaux de John Maynard Keynes. Ce fut surtout le retentissement de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) après-guerre qui conduisit à une séparation nette, d’abord dans le milieu académique, des deux domaines. La microéconomie se spécialisait alors sur les problèmes d’allocation des ressources par le moyen des prix relatifs, alors que la macroéconomie étudiait la production globale et le niveau des prix. Soulignons que J.M. Keynes est vu comme le père fondateur de la macroéconomie, du moins à la suite du succès de son ouvrage, essentiel aux réflexions sur la crise de 1936.

Les deux voies des années 1980-1990

Écornée par l’échec des keynésiens à prévoir et à enrayer la stagflation consécutives aux chocs pétroliers, la macroéconomie de la fin du XXe siècle présente un double visage :

Raffinement de la modélisation

D’une part, on assiste à la construction de modèles de plus en plus complexes et élaborés, construction rendue possible par l’augmentation des capacités de calcul des ordinateurs ainsi que la généralisation des techniques d’optimisation dynamique. Cette voie est également soutenue par l’amélioration considérable des données dont disposaient les macroéconomistes pour tester leurs modèles (voir macroéconométrie). Il apparait cependant que la complexification des modèles n’apporte pas grand-chose en matière de pouvoir explicatif, et que les problèmes de cohérence deviennent difficilement surmontables avec un aussi grand nombre d’équations. L’ensemble de l’approche est également remise en cause par la critique de Lucas, l’économiste Robert Lucas Jr faisant remarquer que les relations macroéconomiques échouent à prendre en compte les réactions d’agents informés aux politiques économiques (voir Courbe de Phillips et Critique de Lucas.

Synthèse néoclassique et agent représentatif

D’autre part, des économistes formés à la microéconomie néoclassique cherchent à donner des fondements microéconomiques aux agrégats observés, en dérivant des grandeurs comme l’offre de travail ou l’investissement des offres des modèles microéconomiques. Ces tentatives, connues sous le nom de synthèse néoclassique, échouent cependant sur le problème de l’agrégation, avec des résultats démontrant que ce passage du niveau micro au niveau macro n’est possible qu’en imposant des hypothèses absurdement restrictives sur le comportement des agents (voir équilibre général).

L’approche néoclassique utilise alors le concept simplificateur d’agent représentatif, supposant que les agrégats économiques se comportent comme s’ils répondaient aux décisions d’un agent économique unique similaire à l’agent rationnel du niveau microéconomique. La capacité de ces modèles à prédire des résultats opposés en fonction des hypothèses faites sur l’agent représentatif et sur les paramètres de base jettent un doute profond sur la pertinence de cette approche.Style peu encyclopédique. A sourcer et à améliorer.

La macroéconomie aujourd’hui

Au début du XXIe siècle, des économistes cherchent à dépasser la distinction entre microéconomie et macroéconomie. La plupart des modèles macroéconomiques actuels font l’hypothèse qu’ils ne constituent qu’une simplification de la réalité, dont ils étudient un aspect particulier, comme l’effet de l’innovation sur la croissance, ou des structures monétaires sur l’investissement. De ce fait, ils mélangent relations macroéconomiques et extensions au niveau macroéconomique de relations microéconomiques pour autant que ces extensions soient compatibles avec les faits stylisés qu’on cherche à analyser.

Il existe cependant de nombreuses écoles et courants de pensée touchant à leur conception méthodologique et à leurs préconisations en matière de politiques économiques.

Écoles et courants de pensée

Plusieurs écoles utilisent en pratique des raisonnements macroéconomiques, avec des principes et des recommandations souvent très différents :

  • Le courant keynésien qui préconise l’intervention de l’État sur l’économie afin de sortir des situations d’équilibre de sous-emploi en agissant sur le niveau de la demande effective. Les économistes de ce courant se désignent comme les post-keynésiens, pour se différencier de la génération des nouveaux keynésiens, qui ont cherché des fondements microéconomiques aux relations macro postulées par Keynes.
  • Le courant monétariste qui considère que la monnaie est relativement déconnectée des fondamentaux de l’économie réelle, et que par conséquent pour agir sur les phénomènes monétaires (combattre l’inflation ou la déflation, par exemple, ou traiter des problèmes de taux de change), il faut agir sur la monnaie (par le pilotage des taux d’intérêt ou la régulation des émissions monétaires) et non pas sur l’économie réelle via la demande effective comme le préconise le keynésianisme. Inversement, ils affirment qu’il est inutile de chercher à résoudre des problèmes de chômage ou d’investissement par une politique monétaire. Ils sont de ce fait à l’origine de l’indépendance des banques centrales.
  • Le courant néoclassique qui privilégie les analyses au niveau non agrégé et préconise généralement la stabilité budgétaire.
  • Le courant néo-keynésien, qui souligne que la formalisation des idées de Keynes en modèles a amené à négliger les dimensions d’incertitude, centrales dans la pensée de Keynes.
  • Le courant marxiste.
  • L’école de la régulation.
  • L’école du circuit : ses principaux représentants français sont Alain Parguez et Bernard Schmitt (en). La théorie du circuit s’oppose nettement à la théorie néoclassique par la place qu’elle donne au circuit et à la monnaie. Contrairement à la théorie néoclassique qui voit la monnaie comme un élément neutre dans le fonctionnement du système économique (comme un simple intermédiaire des échanges), la théorie du circuit établit son analyse sur la thèse de la monnaie endogène.
  • L’économie écologique qui attache de l’importance au fait que l’économie fait partie d’un monde limité.

Notes et références

  1. Frédéric Poulon, 1982 : Macroéconomie approfondie – Équilibre, déséquilibre, circuit.
  2. « La macroéconomie se donne deux objectifs : la prévision conjoncturelle et la recommandation dans la conduite des politiques économiques », (Notes de cours de macroéconomie [archive] (1er semestre de la 1re année de licence AES, Université Panthéon-Assas Paris 2), p. 7.
  3. « […] l’analyse macroéconomique comme branche spécifique de l’analyse économique date de la publication de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes en 1936… Mais la macroéconomie moderne, comme discipline qui s’attache à comprendre pourquoi l’économie connaît des épisodes comme la Grande Dépression et pourquoi l’emploi et la productionfluctuent au cours du temps, commence avec Keynes. » Joseph E. Stiglitz, Carl E.Walsh (2004), Principes d’économie moderne, 2e édition, Éd. de Boeck, p. 490.

Système économique

Un système économique est un schéma d’organisation sociétal de la production, de la distribution à la consommation des biens et services. Le système économique influence le niveau de vie des habitants, sur le niveau des inégalités, sur les relations avec les pays, sur la puissance économique.

Présentation

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Un système économique est la manière avec laquelle une économie produit ou crée une richesse. Et Comment il est réparti sur ceux qui l’on crée.

Les systèmes économiques varient en fonction des régions et des époques. Les pays occidentaux suivent une organisation fondée sur le capitalisme. Le système économique des pays de l’ex-bloc de l’est sont fondés sur le principe de l’économie communiste.

Le système économique a un effet sur le développement économique car il conditionne l’affectation des ressources : c’est un mode de répartition des ressources

Par zones et pays

Système économique et environnement

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Le passage à un mode de développement durable suppose d’évoluer vers un nouveau modèle économique. Lorsqu’il a annoncé sa démission le 28 août 2018 sur France Inter, l’ex-ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a déclaré qu’« on s’évertue à entretenir un modèle économique responsable de tous ces désordres climatiques », signifiant ainsi l’incompatibilité entre le modèle libéral et les contraintes environnementales et climatiques*.

Notes et références

  1. Développement durable : vers un nouveau modèle économique [archive]
  2. Lorène Lavocat, « Bilan de Nicolas Hulot : décevant, trop décevant », Reporterre, 29 août 2018, lire en ligne [archive]

Agent économique

En économie, un agent économique est une personne physique ou morale prenant des décisions qui participe à l’activité économique. Il est l’actant économique principal des modèles d’analyse économique. Le périmètre pertinent dépend de la conception de l’économie : il peut être « Un ménage », »Une société financière », »Une société non financière, »l’administration publique » et « le reste du monde »

En macroéconomie, un agent économique est notamment caractérisé par ses fonctions : dépenses (consommation, investissement, et importations), épargne, et autres. En microéconomie, ce sont les décisions de l’agent qui sont étudiées.

Approche par la comptabilité nationale

Article détaillé : comptabilité nationale.

Les organes de comptabilité nationale regroupent les agents économiques selon leurs fonctions. Les catégories les plus simples sont les ménages, les entreprises, le gouvernement. La fonction principale des entreprises et du gouvernement est de produire des biens et services, celle des ménages est de consommer.

En France, l’INSEE1 catégorise les agents économiques en six catégories, aussi appelées unités institutionnelles. Chaque catégorie inclut des sous-divisions.

Agent économiqueFonction principaleRessources
Sociétés non financières (SNF)Produire des biens et des services marchandsProduit de la vente
Sociétés non financières et entrepreneurs individuels (SNFEI)Produire des biens et des services marchandsProduit de la vente
Sociétés financières (SF)Produire des biens et des services financiers marchandsProduit de la vente
Administrations publiques (APU)Produire des services non marchandsPrélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations sociales)
Ménages (y compris entrepreneurs individuels)ConsommerSalaires, allocations sociales, patrimoine
Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM)Produire des biens et des services marchands ou non marchandsCotisations des adhérents, dons ou prélèvements
« Reste du monde » (UE et pays tiers)L’échange avec d’autre agent économiqueImportations, exportation

Approche économiques théoriques

Approche macroéconomique

La macroéconomie peut revêtir plusieurs formes, l’agent économique pertinent peut être un agent représentatif (par exemple, le ménage moyen ou médian). Il peut aussi être l’agrégation des agents économiques (on parle ici de macroéconomie agrégée), afin de constituer un groupe homogène qui peut ensuite être étudié.

Les économistes choisissent les agents pertinents pour leur analyse selon la société historique qu’ils observent et leur conception du système économique2.

Les classiques

François Quesnay distingue3 3 agents économiques : les fermiers, les propriétaires fonciers et les artisans (qu’il appelle la « classe stérile »). Cette vision des fermiers comme seuls agents producteurs, et des artisans « stériles » est notamment critiquée par Adam Smith4.

Karl Marx propose une analyse de l’économie avec 3 agents économiques : 2 capitalistes : l’un produisant des biens intermédiaires et l’autre produisant des biens finaux, et un agent ouvrier[réf. nécessaire]. Ces agents sont effectivement représentatifs des classes sociales décrites par Marx, la bourgeoise et le prolétariat.

Pour l’école du circuit, les agents économiques sont proches de ceux retenus par la comptabilité nationale, et sont regroupés en pôles fonctionnels : les institutions financières (notamment les banques), les entreprises, les ménages et les administrations publiques. Il s’agit ici non pas de classe sociale ou professionnelle, mais de fonction économique. Ainsi, un individu peut-il à la fois être classé dans le pôle entreprise, institution financière et ménage[réf. nécessaire].

Approche microéconomique

En microéconomie, chaque agent possède des caractéristiques particulières qui permettent aux économistes de prévoir ses décisions. Plutôt qu’un simple agent représentatif de sa classe ou de son groupe d’appartenance, l’agent microéconomique décide en plusieurs choix possibles. Une hypothèse souvent retenue est celle de rationalité : l’agent est censé faire des choix optimaux en s’appuyant sur un calcul économique. On parle ici d’analyse coût-avantage.

Pour les néo-classiques, 2 types d’agents économiques sont à considérer : le consommateur et le producteur. Le consommateur offre son travail en échange d’un salaire, qu’il va consommer sur le marché des biens et services. Le producteur achète la force de travail et les capitaux nécessaire à la production, et l’écoule ensuite sur le marché des biens et services[réf. nécessaire]. Pour les néoclassiques, les agents sont rationnels2.

Débats

Agents représentatifs ou hétérogènes?

Les modèles économiques théoriques sont le plus souvent basés sur des hypothèses comportementales homogènes, afin de décrire les ensembles économiques de la manière la plus simple. Ainsi les ménages consomment, les entreprises produisent.

La théorie économique gagnant en complexité, les économistes affinent leur segmentation des agents économiques pour les différencier selon certains critères comme le revenu, le patrimoine ou l’âge.

Références

Notes

  1. « Insee – Définitions et méthodes – Nomenclature économique de synthèse / NES » [archive], sur insee.fr (consulté le 22 mai 2015)
  2. (en) Duncan K. Foley, « The strange history of the economic agent », New School Economic Review, no 1(1),‎ 2004, p. 82-94 (lire en ligne [archive])
  3. François Quesnay, ANALYSE de la formule arithmétique du tableau économique de la distribution des dépenses annuelles d’une Nation agricole, 1766 (lire en ligne [archive])
  4. (en) Adam Smith, The Wealth of Nations, 1776 (lire en ligne [archive]), p. IV.9.29

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