Finance

La finance recouvre un domaine d’activité — celui du financement — qui consiste à fournir l’argent nécessaire à la réalisation d’une opération économique. Ce domaine concerne aussi bien les individus, les ménages que les entreprises publiques ou privées, mais aussi les États.

La recherche de financement obéit à deux types d’objectifs suivant le volume initial de capital :

  • à niveau de capital restreint, on cherche à obtenir des capitaux nécessaires et suffisants pour entreprendre, maintenir ou développer une activité ;
  • à niveau de capital avéré, l’objectif est de trouver les placements les plus pertinents en performance et en sécurité en fonction de la valeur temps de l’argent.

Le mot « finance » peut également désigner :

  • soit les techniques qui permettent de façon raisonnée d’obtenir et de placer des capitaux ;
  • soit les agents économiques ou les institutions qui recherchent des capitaux disponibles ou souhaitent en placer (soit une définition liminaire qui serait : acheter ou vendre de l’argent).

Pour se financer, un agent économique (une organisation privée ou publique, ou un particulier) peut procéder :

  • par autofinancement, c’est-à-dire en utilisant ses bénéfices antérieurs ou ses réserves financières disponibles ;
  • par financement direct en faisant appel au marché financier (émission d’actions ou d’obligations) ;
  • par financement indirect ou intermédié en ayant recours au crédit bancaire.
Schéma synoptique des pans de la finance.


Étymologie et Histoire

Le terme « finance » est dérivé du mot latin finis qui signifie « le terme ». En français du XIIIe siècle, le verbe finer veut d’abord dire « finir une transaction et donc payer ». Par la suite, le mot évolue pour désigner des « ressources financières » et à partir du XVIe siècle des « affaires d’argent »1.

Au XVe siècle apparaissent en France les « gens de finances », qui sont des fonctionnaires, recrutés par les princes, chargés de gérer l’argent issu des privilèges : plus tard, ces charges deviennent héréditaires. Ce n’est pas le cas en Angleterre ou en Italie, où les rôles (et contre-rôles) financiers vont échapper très tôt, d’une part à la morale ecclésiastique qui voit en l’argent et sa gestion un péché (lié à la vénalité, à l’avarice), d’autre part, aux emplois sous tutelle d’État. La France va donc prendre un retard considérable dans le commerce de l’argent et le développement des banques2. Le premier traité sur ces questions, celui de Nicole Oresme, date de 1355.

Cependant, se produit le développement des bourses de valeurs : cette éclosion a été accélérée par la croissance de places financières et commerciales en Europe avant le développement du commerce maritime international : des flux sensibles se mettent en place très tôt entre des places d’argent comme Venise et Gênes, mais aussi Anvers, Troyes et Londres, Brême et Augsbourg, etc.

Même si de nombreux livres lui sont consacrés entre le milieu du XVIIIe siècle3, et le début du XIXe siècle, au moment de l’éclosion de l’École classique, c’est seulement à partir de 1958 que la finance est devenue une sous-discipline de l’économie, en lui empruntant ses raisonnements formalisés et ses mécanismes d’optimisation. Auparavant, la gestion financière consistait essentiellement en un recueil de pratiques qui n’étaient pas nécessairement encadrées ou réglementées par des institutions légales.

La finance est largement devenue de nos jours un négoce d’instruments et de transfert des anticipations de revenus et de risques, dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d’institutions. Les risques peuvent être ainsi transférés à ceux disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d’un importateur est inverse de celui d’un exportateur, le risque de taux d’un prêteur est inverse de celui d’un emprunteur…), la diversification des risques, etc.


Parties prenantes à l’activité financière

Tous les agents économiques ont vocation pratiquement en permanence à recourir aux moyens offerts par la finance :

  • les particuliers pour leurs placements et leurs emprunts ;
  • les entreprises pour obtenir des capitaux et gérer leur trésorerie ;
  • l’État et les collectivités publiques pour assurer l’équilibre entre leurs dépenses et leurs recettes et financer leurs projets d’infrastructure ou d’équipement ;
  • les institutions financières elles-mêmes pour ajuster leurs ressources et leurs emplois. Elles interviennent pour leur besoin propre sur les marchés financiers ;
  • les intermédiaires financiers, dont la vocation est de faciliter le rapprochement entre l’offre et la demande de produits financiers.

Ces intermédiaires financiers se distinguent par la nature des services qu’ils rendent à leur clientèle et des produits qu’ils sont à même de négocier :

  • les conseillers financiers, conseils en patrimoines et gestionnaires de fortune ;
  • les banques qui recyclent les dépôts et l’épargne ;
  • les organismes de crédit aux particuliers ou aux entreprises ;
  • les marchés organisés (bourses) où s’échangent divers actifs financiers négociables ;
  • les caisses de retraites, fonds de placement, et institutions uniques ;
  • les compagnies d’assurances qui doivent préserver la valeur des réserves ou provisions venant en garantie des risques qu’elles assurent ;
  • les entreprises d’investissement, héritières des sociétés de bourse depuis la loi de modernisation financière de 2006.

Une classe particulière d’organismes financiers est constituée par les instances de régulations nationales et internationales ainsi que par les agences de notation. Les marchés financiers sont en effet marqués par des épisodes de croissance exubérante et de dépression sévère qui posent le problème toujours renouvelé de leur régulation.

Domaines d’activité de la finance

Selon Dembinski4, la finance est un sous-système économique qui remplit trois fonctions spécifiques :

  • tout d’abord, garantir la circulation des transactions financières ;
  • ensuite, réunir l’épargne et la mettre au service de projets d’investissement;
  • enfin, évaluer le risque, lui attribuer une valeur et faire en sorte qu’il soit rentable.

Types de finance

La finance se subdivise traditionnellement en plusieurs périmètres d’activité définis par la clientèle servie :

  • La finance publique recouvre le financement des actions et du budget de l’État, des collectivités publiques et des organismes sociaux.
  • La finance privée concerne la gestion de patrimoine et des revenus personnels, préparation de la retraite.
  • La finance d’entreprise accompagne la gestion financière des entreprises, en matière d’exploitation (trésorerie de court terme) ou d’investissement (moyen et long terme).

Rôle des marchés

La finance de marché désigne les mécanismes par lesquels il est possible de faire appel aux marchés pour se financer directement, opérer des placements, se couvrir, ou d’utiliser des instruments financiers complexes, comme les options. Les marchés financiers sont devenus depuis les années 1980 l’un des principaux circuits de financement de l’économie, en complément des banques. Aux États-Unis, le recours aux marchés est plus répandu qu’en Europe continentale. Ils comprennent :

Salle de marché du NYSE avant l’introduction des écrans et de la cotation électronique
  1. Les marchés d’actions, qui sont les plus connus du grand public, mais pas les plus actifs.

2. Les marchés de taux d’intérêt qui, par leurs cotations en continu, constituent de très loin le plus grand marché de la planète et se subdivisent en :

  • Marché monétaire pour le court terme
  • Marché obligataire pour le moyen-long terme.

3. Le Marché des changes ou Forex.

4. Il existe par ailleurs de nombreux marchés de matières premières et de produits de base (pétrole, blé, etc.) qui peuvent donner lieu à des interventions motivées par des ressorts financiers alors qu’en principe leurs transactions sont réputées contribuer à l’établissement des prix des produits dits « de base ».


Disciplines mobilisées dans le cadre de la finance

Plusieurs visions théoriques et outils d’optimisation existent qui sont destinés à faciliter les prises de décisions financières.

Au niveau de la microéconomie

  • Mathématiques financières : ensemble d’outils de calcul pour la modélisation et l’aide à la décision utilisés dans les différentes branches de la finance, notamment les calculs sur les taux d’intérêt et les instruments financiers.
  • Choix d’investissement : critères et méthodes pour sélectionner des investissements en fonction de leur rentabilité prévisionnelle ou de leur création de valeur.
  • Évaluation financière : estimation de la valeur des actifs, que ceux-ci soient financiers (actions, obligations, options, voir actif financier), ou des entreprises (voir évaluation d’entreprise) ou encore des biens immobiliers.
  • Politique financière : choix des financements des sociétés, dans le but d’optimiser leur Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC). La répartition entre le financement par Capitaux propres et par dettes, la politique de dividende sont des questions centrales de la politique financière.
  • Théorie moderne du portefeuille : optimisation de la répartition des actifs par diversification. Initialement développée pour les marchés financiers, cette discipline sert également au champ de la finance d’entreprise. Plus généralement, on parle de gestion du risque.
  • Finance comportementale : identification des facteurs psychologiques individuels et collectifs intervenant dans les décisions financières et leurs effets sur la formation des prix et sur les rendements financiers.


Au niveau de la macroéconomie

La Politique monétaire et Finance publique internationale servent des objectifs macroéconomiques. Par exemple, la politique monétaire est menée par les banques centrales, avec des interactions avec les organismes officiels internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque des règlements internationaux, BEI, BERD, etc.).


Enjeux et finalités de la finance


Rémunération de la finance

La finance est d’une certaine manière un service rendu. La question est ouverte – et largement débattue- quant à la rémunération de ce service.

Sur un plan « opérationnel », l’idée d’indemnité est censée rétribuer différents éléments :

  • l’aptitude à concilier les exigences des offreurs et des demandeurs de capitaux ;
  • l’aptitude à décider et opérer des placements ou capitaux afin d’en obtenir la valeur financière la plus grande, pour un niveau de risque approprié.

Dans une perspective plus large, il convient de trouver des outils d’optimisation des flux financiers capables de prendre en compte la complexité et la variété des situations : biais de la finance comportementale, prise en compte des intérêts divergents des parties prenantes, rationalité limitée…


Finance et mondialisation

Compte tenu de l’extension de la convertibilité des monnaies et de la mondialisation des échanges, la finance est désormais internationale. L’apparition de produits financiers internationaux complexes et d’opérateurs non régulés agissant à partir des paradis fiscaux a largement été associée au développement de la crise des marchés financiers qui paralyse actuellement l’économie mondiale, posant la question de la mise en œuvre de régulations mondiales renforcées.

Le système financier est international : il est présent dans chaque pays, avec des flux circulant de l’un à l’autre avec toutefois certaines restrictions locales.

Il rassemble un ensemble d’acteurs, reliés entre eux par un réseau de communication, formant une série de marchés financiers spécialisés visant chacun à équilibrer l’offre et la demande dans un actif financier particulier. Cet équilibre est obtenu par la confrontation des ordres entre les divers acteurs détenteurs de moyens monétaires ou financiers et notamment :

Au niveau des institutions financières le système comprend entre autres les banques supra-nationales (par exemple la Banque Centrale Européenne, la Banque des règlements internationaux), les Banques Centrales nationales, les banques commerciales, les sociétés financières, les caisses de retraites, la sécurité sociale et les caisses de prévoyance, les compagnies d’assurances, le Trésor public, les marchés financiers.

La superposition des différents marchés financiers (actions, taux d’intérêt, devises et matières premières) et son extension à tous les pays, forment ce qu’on appelle le système financier international.

Le système financier cherche à faciliter une bonne allocation des capitaux, favorable à l’essor économique. Ce rôle primordial explique la place importante de la finance dans les pays développés, avec une part de 5 % à 10 % du PIB (Produit intérieur brut).


Financiarisation et bien commun

Selon l’Observatoire de la Finance5, « la montée en puissance de pratiques, de techniques mais aussi de représentations et de valeurs inspirées par la finance se traduit par un processus de “financiarisation”.

  • Cette mutation a transformé l’économie et la société contemporaines en les organisant autour d’une nouvelle cohérence articulée sur l’efficacité financière et sur une vision du temps linéaire spécifique à la finance.
  • Cette cohérence s’approche avec la crise actuelle de son point de rupture, ce qui expliquerait l’atmosphère de “fin de règne” ressentie par certains » ».

Selon Denis Dupré, spécialiste des risques financiers et écologiques6, la démesure de notre système financier reflète une « Économie-Titanic »7 minée par la puissance exponentielle de l’économie nuisible. Les financiers, contrairement aux économistes parmi lesquels des opinions différentes s’expriment, forment un corps soudé d’« experts » souvent complices par leur silence et inaction8 sur la lutte contre les pratiques mafieuses, la

corruption et les paradis fiscaux9. La profession financière s’oppose aux réformes urgentes que sont notamment la mise au service des citoyens de la BCE10, 11, la séparation des banques, l’interdiction de la finance casino12, la réforme des marchés boursiers13. Gaël Giraud propose de considérer comme un bien commun la liquidité des actifs sur les marchés financiers et le crédit14.


Quelle place dans l’économie ?

Le débat sur la place de la finance dans l’économie se ranime chaque fois que surviennent des crises financières. En France, le débat a été relancé après la première vague de libéralisation des marchés :

  • Le Monde Affaires du 28 février 1987 titre ainsi : « L’industrie malade de la finance, une déclinaison du mythe » de l’économiste libéral Bertrand Jacquillat15.
  • Paul Dembiski, fondateur de l’Observatoire de la Finance, fait paraître un ouvrage intitulé Marchés financiers, une vocation trahie ?16.
  • 200 milliards de dollars par jour, du banquier Gérard Worms17, 18.

Le débat va s’amplifiant avec les polémiques soulevées par le krach boursier d’octobre 1987 et surtout par la crise des subprimes de 2007-2008. Le poids du secteur financier dans l’ensemble des activités économiques à l’échelle de la planète est tel qu’il serait potentiellement créateur de déséquilibres pouvant conduire à des crises graves :

  • Concernant le poids dans l’économie, l’économiste Thomas Philippon a calculé que le secteur financier représente 8 % du PIB en 2006, probablement au moins 2 % au-dessus de la taille qu’il devrait avoir pour exercer sa tâche normale de financement de l’économie19.
  • Concernant l’endettement non maîtrisé – sinon le sur-endettement – de certains agents économiques (ménages, collectivités locales, voire États réputés « souverains »…) dont la charge financière fixe n’est plus compatible lorsqu’elle est excessive avec des revenus sujets aux évolutions de la conjoncture.
  • Concernant les rémunérations, l’économiste Thomas Philippon (Université de New York et École d’économie de Paris) a calculé vers 2008 que les salaires de la finance sont 40 % au- dessus de « ce à quoi on pourrait s’attendre », soit l’écart le plus important depuis 192920.
  • Concernant l’emploi des diplômés, selon l’économiste Esther Duflo (MIT, École d’économie de Paris), 15 % des diplômés de Harvard de l’année 1990 travaillent dans la finance contre 5 % en 197521. Elle estime que « ce que la crise révèle de manière brutale (et coûteuse) est que toute cette intelligence n’est pas employée de manière particulièrement productive »22.

Selon l’Afic, les entreprises soutenues par le capital-investissement représentent 1,5 million de salariés en France en 200623.

Georges Pauget précise que le secteur financier représente « 1 million de collaborateurs en France »24, dont 40 % pour le seul secteur bancaire25. Fin 2011, les sociétés d’assurances avaient investi 925 milliards d’euros dans les entreprises, soit 54 % de leurs actifs26.

Outre l’immobilier, les Français auraient 3 600 milliards d’euros de placements financiers dans leur patrimoine en 2011, dont 39 % sur des comptes d’assurance-vie27.


Notes et références

  1. in Dictionnaire étymologique Larousse, 1971.
  2. Philippe Wolff, « Commerce et Marchands de Toulouse », in La France à la fin du XIVe siècle, renouveau et apogée, Paris, Actes publiés par le CNRS, 1994.
  3. En France, Turgot fut l’un des premiers à penser le concept.
  4. Dembinski, Paul H. et Morais, Natasha (Coord.), Sortir du dédale de la financiarisation : pour une finance au service du Bien Commun, Observatoire de la Finance, novembre 2001. (http://inf otek.fph.ch/d/f/1943/1943_FRE.pdf?public=ENG&t=.pdf)
  5. Fondation de droit suisse domiciliée à Genève où elle jouit d’un statut d’utilité publique ([1] (htt p://www.obsfin.ch)).
  6. « Travaux et recherches » (https://sites.google.com/site/financeresponsable/denis-dupre).
  7. Denis Dupré, « Une confiance arrogante, une visibilité réduite… La mondialisation c’est un peu le Titanic. Et le tiers monde, la troisième classe. L’économie Titanic a-t-elle assez de canots de sauvetage? » (http://www.liberation.fr/tribune/0101259852-une-confiance-arrogante-une-visibilit e-reduite-la-mondialisation-c-est-un-peu-le-titanic-et-le-tiers-monde-la-troisieme-classe-l-econo mie-titanic-a-t-elle-assez-de-canots-de-sauvetage), Libération, 13 octobre 1998.
  8. Denis Dupré, « Du sauvetage des banques au naufrage des États : silence des financiers et hypocrisie de l’Europe. » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/16/du-sauvetage-des-ba nques-au-naufrage-des-etats-silence-des-financiers-et-hypocrisie-de-l-europe_1733314_3232. html), Le Monde, 16 juillet 2012.
  9. Denis Dupré, « Le sauvetage des banques chypriotes a épargné les mafias, mais pas les contribuables » (https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/15/le-sauvetage-des-banque s-chypriotes-a-epargne-les-mafias-mais-pas-les-contribuables_3159888_3234.html), Le Monde, 15 avril 2013.
  10. Denis Dupré, « La création monétaire ne doit pas être un crime contre les peuples, 17 février 2012 » (https://www.letemps.ch/Page/Uuid/3a348854-58e7-11e1-b40a-d17757e84d1d/La_cr% C3%A9ation_mon%C3%A9taire_ne_doit_pas_%C3%AAtre_un_crime_contre_les_peuples#.U HVfIFEQbIU), sur letemps.ch.
  11. Denis Dupré, « Sauver l’Europe avec la BCE dans le cadre des traités existants » (http://www.c erag.org/IMG/jpg/Le_TEMPS_121003.jpg), Le Temps de Genève, 3 octobre 2012.
  1. Denis Dupré, Marc Chesney et Paul Jorion, « La finance Casino risque de détruire nos sociétés » (http://www.cerag.org/IMG/jpg/Le_temps_120926_Finance_Casino_16_.jpg), Le Temps de Genève, 26 septembre 2012.
  2. Marc Chesney, Denis Dupré et Olivier Taramasco, « Arrêtons la cotation en temps continu sur les marchés financiers » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/26/arretons-la-cotation-e n-temps-continu-sur-les-marches_1796084_3232.html), Le Monde.fr, 27 novembre 2012.
  3. Gaël Giraud, L’illusion financière, Ivry-sur-Seine, éditions de l’Atelier, 2012, 168 p. (ISBN 978-2-7082-4258-6).
  4. Bertrand Jacquillat Lettre d’Information de l’AFFI no 29, avril 1987
  5. Edit FIPH, fondation pour le progrès de l’homme
  6. in la revue Communications, 1989, numéro 50, pages 213-225]
  7. Gérard Worms (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_1989

_num_50_1_1764),

  1. Étude citée par Esther Duflo in Libération, 7 octobre 2008, p. 37
  2. Étude citée par l’économiste Esther Duflo (MIT, École d’économie de Paris), in Libération, 7 octobre 2008, p. 37
  3. In Libération, 7 octobre 2008, p. 37.
  4. In Libération, 7 octobre 2008, page 37
  5. [PDF] Étude du 28 novembre 2006 par l’AFIC et Ernst & Young : 4850 entreprises soutenues par le Capital Investissement emploient 1,5 million de salariés en France (http://www.afic.asso.fr/Im ages/Upload/DOCUMENTS/cp_poids_eco_281106.pdf)
  6. Allocutions du 23 janvier 2013 lors de la remise du deuxième livre blanc sur l’assurance dans les locaux de Finance Innovation
  7. Le secteur bancaire emploie environ 390 000 personnes (chiffres FBF 2008). (http://www.cbanq ue.com/pratique/finance/chiffres-france-europe.php)
  8. Fin 2011, les sommes investies dans les entreprises atteignaient 925 milliards d’euros et représentent ainsi 54 % des actifs des sociétés d’assurances (http://www.ffsa.fr/sites/jcms/p1_6 73777/assurance-les-resultats-de-lannee-2011?cc=fn_7345)
  9. « Les Français épargnent-ils trop ? » par Christian Chavagneux, in Alternatives économiques, septembre 2012, no 316, p.60.


Voir aussi

  Finance, sur Wikiversity Finance, sur Wikiquote   Sur les autres projets Wikimedia : finance, sur le Wiktionnaire   Articles connexes

Autorité de contrôle prudentiel et de résolution

Bourse des valeurs et marché financier Conseiller en investissements financiers Crise financière et risque financier

Dette et crédit Économie

Épargne et investissement Établissement de crédit Finance islamique

Finance Watch association internationale de vigilance

Fonds européen de stabilité financière

Gouvernance financière

Intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement Monnaie et banque


Liens externes

(fr)La Finance pour tous (https://www.lafinancepourtous.com/), site éducatif français soutenu par la banque de France, l’AMF et les principales banques françaises

(fr)AMF, Autorité des Marchés financiers (https://www.amf-france.org/fr), autorité de régulation des marchés financiers

(fr)Site de la Banque de France – Eurosystème (https://www.banque-france.fr/), autorité de régulation monétaire et des banques

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Financement

Le financement est l’opération qui consiste, pour celui qui finance, à consentir des ressources monétaires, pour celui qui est financé, à se procurer des ressources monétaires nécessaires à la réalisation d’un projet (« lever des fonds »).

Ainsi, d’une manière plus formelle, le financement est une opération qui met en relation les agents économiques à besoin de financement (lorsque leur épargne est inférieure à leurs dépenses d’investissements) et les agents économiques à capacité de financement (lorsque leur épargne est supérieure à leurs dépenses d’investissements).

Enjeux du financement

Le financement permet notamment:

  • pour les particuliers tel qu’il soit: achat ou construction immobilière de consommation et autres besoins privés d’investissement ou de consommation double;
  • pour les entreprises et professionnels: création ou achat d’entreprise, investissement productif ou commercial, besoins d’exploitation (financement du fonds de roulement);
  • pour les autres collectivités et institutions: dépenses de fonctionnement et d’investissement d’une collectivité publique, d’un organisme social, ou d’une association ou fondation privée à but non lucratif (culturel, humanitaire…);
  • pour la recherche, dans les domaines de la technologie ou des sciences sociales: le financement de la recherche peut se répartir entre les activités commerciales et non commerciales, les services de recherche et de développement d’une société fournissent normalement un financement commercial de la recherche, le financement est essentiel pour assurer la durabilité de certains projets.

Sources de financement

Les principales sources de financement sont :

  • les financements internes (par l’épargne accumulée)
  • les financements externes. on distingue alors le financement externe direct (ventes de titres sur les marchés de capitaux) et le financement externe intermédié (prêt auprès d’une banque)

Pour les entreprises, les financements classiques par autofinancement, fonds propres ou emprunts se sont complexifiés avec l’apparition de produits hybrides comme les obligations convertibles, la structuration complexe de la dette en dette senior, dette mezzanine, etc et l’apparition de la titrisation.

Intermédiaires et métiers du financement

Les principaux intermédiaires pour ces opérations, qui centralisent les offres et demandes de fonds, sont les banques et les bourses ainsi que, pour ce qui ne ressort pas exclusivement des marchés, les Etats, les collectivités locales, notamment à travers la gestion des impôts et les organismes sociaux par la collecte de cotisations sociales et la redistribution des richesses. Le financement peut être parfois assimilé au financement par la dette seule, par abus de syntaxe et du fait de traductions de l’anglais financing.

Certains financements peuvent être liés à des incitations politiques ou des prises de contrôle, en complément ou en conflit avec des stratégies économiques propres de l’entreprise ou de l’organisation concernée.

Secteur privé

Au niveau du système bancaire, il est bon de distinguer les institutions plus spécialisées dans les financements de haut de bilan (banques d’investissement notamment) et celles de bas de bilan (banques commerciales et autres institutions de crédit).

Au niveau du marché financier, la distinction est à faire, au niveau des fonds d’investissement, sur ceux spécialisés dans le capital non coté et ceux gérant un portefeuille de titres boursiers.

Au niveau du financement en prêt immobilier, certaines sociétés dites de courtage en crédit immobilier , dont les représentants sont appelés plus généralement des courtiers, permettent aux particuliers d’accéder à la propriété de biens, via des accords privilégiés avec le système bancaire.

Secteur public national et international

Selon les règles des marchés, à travers des établissements nationalisés, ou contrôlés par une collectivité locale, qui ne relèvent pas dans leurs statuts de l’économie de marché. Toutefois, dans les régimes totalitaires, l’État contrôle entièrement le financement de l’économie..

Les financements de sauvetage (FMI) ou de développement (Banque mondiale), apportés aux pays du tiers-monde par des organismes internationaux ou par les pays développés sont parfois accompagnés d’un ensemble de contraintes qu’on qualifie d’ajustement structurel lesquelles font l’objet de certaines controverses.

Activités annexes et dérivées

Les financements entraînent diverses activités annexes, par exemple celles liées aux paiements (transfert des sommes) ou à la couverture des risques financiers, ou encore, pour les placements non recouvrables en totalité, à la « gestion de la dette» (pays de tiers-monde par exemple).

Le financement de l’économie

Le financement des ménages

Les ménages, pris macro-économiquement dégagent une capacité de financement (de 3% du PIB français en 2017). Ainsi, ils disposent de divers moyens de financement.

leurs revenus

Les ménages financent leurs projets avec leurs différents revenus:

  • les revenus primaires dont les revenus du travail, les revenus mixtes (des indépendants) et les revenus du capital (dividendes par exemple)
  • les revenus de transfert, résultat des prestations sociales.
  • leur revenu disponible: revenu primaire+revenu de transfert-prélèvements obligatoires

Ce revenu disponible est soit consommés soit épargnés. C’est avec cette épargne fruit de leurs revenus que les ménages peuvent financer un investissement. On parle d’autofinancement.

le crédit

Les ménages, bien qu’ils dégagent une capacité de financement, peuvent financer un investissement par un crédit bancaire car l’autofinancement peut s’avérer très long (il faut accumuler les épargnes). Ainsi, en cas d’investissement, les ménages préfèrent parfois utiliser un crédit dont la rentabilité s’appuie sur le taux d’intérêt de ce crédit.

le financement des sociétés non-financières (entreprises)

Une entreprise ou société non financière dégage généralement un besoin de financement. Les entreprises disposent de différents moyens pour financer leurs projets.

l’autofinancement

Une entreprise peut financer un investissement grâce à un autofinancement. La capacité d’autofinancement d’une entreprise désigne l’argent qu’elle peut employer au financement de ses investissements. Elle est obtenue en retranchant à l’excèdent brut d’exploitation, l’impôt sur les sociétés, les dividendes des actionnaires et intérêts des prêteurs, les bénéfices conservés par l’entreprise et les amortissements.

Cependant, il est rares que les entreprises puissent financer leurs projets par simple auto-financement ou financement interne.

Financement sur les marchés de capitaux

Les entreprises peuvent financer leurs investissements grâce aux marchés des capitaux. C’est un financement externe.

Sur ces marchés, les entreprises vendent des titres aux agents à capacités de financement, en échange de capitaux. on distingue deux types de titres: les actions (titre de propriété sur une partie du capital de l’entreprise) et les obligations (titre de créance sur l’entreprise).

Le taux d’intérêt des obligations et les dividendes des actions sont la contrepartie des capitaux.

Pour faire rentrer les banques (financement intermédié) dans le système des marchés de capitaux, les économistes ont inventé un modèle simple : le marché des fonds prêtables. Les ventes d’obligations et les demandes de crédit constitue la demande de fonds prêtables. L’offre de fonds prêtables provient alors des agents à capacité de financement. Le prix qui se fixe sur ce marché est alors le taux d’intérêt des obligations et des crédits. Ce marché unique de capitaux est hypothétique.

financement des administrations publiques

le financement des administrations

Les administrations publiques désignent ici l’État, la sécurité sociale et les collectivités territoriales. Les administrations publiques financent leurs dépenses (prestations sociales, services collectifs, soins) par des recettes (prélèvements obligatoires). Depuis 1975, les administrations publiques dégagent un besoin de financement: leurs recettes sont inférieures à leurs dépenses. Cette différence appelée solde budgétaire est donc en déficit (négative).

Les administrations publiques utilisent donc l’emprunt via la vente d’obligation d’État sur les marchés de capitaux ce qui augmente alors la dette des administrations publiques.

politiques de relance budgétaire et leurs effets

Cette situation de financement peut entrainer des effets indésirables des politiques de relance budgétaires. Lorsqu’un État fait face à une crise économique, il peut soutenir la demande globale en augmentant ses dépenses (prestations sociales plus élevées car chômage par exemple) ou en diminuant ses recettes (suppression ISF, baisse TVA…). Cette politique a des effets positifs: le soutien à la demande va pouvoir relancer la croissance, la consommation et l’investissement donc baisser le chômage.

Cependant, cette politique, qui augmente alors les déficits, peu avoir des effets négatifs, ce qu’on appelle des effets d’éviction, lorsque les ménages et les entreprises épargnent au lieu de consommer, d’investir ou d’embaucher. On peut expliquer cela par plusieurs facteurs:

  • la hausse du déficit va faire augmenter la dette publique et donc la demande de capitaux. En simplifiant la situation par le mécanisme du marché des fonds prêtables, les lois du marché vont faire augmenter les taux d’intérêts du fait de la hausse de la demande des fonds prêtables et donc réduire l’investissement et la consommation
  • une anticipation (auto-réalisatrice ?) des agents : les ménages notamment anticipent une hausse future des prélèvements du fait de la politique menée, ils prennent alors des précautions financières en épargnant anticipant cette hausse et donc ne consomment pas plus
  • le commerce extérieur : la hausse de la demande globale profite aux entreprises étrangères et leurs importations. Cela ne permet donc pas le retour de la croissance et les embauches sur le territoire. De plus, les déséquilibres extérieurs s’aggravent.

Ainsi, les politiques de relance budgétaires sont sujettes à débats: les keynésiens les soutiennent et d’autres prônent une politique de rigueur pour réduire les dépenses publiques et les déficits.

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